‹ SolidaritéChapitre 25 sur 28 · SUITE DO CH. VI · texte numérisé non relu

SUITE DO CH. VI

y) pieds lés raisins , fera couler du penchant desi monn tagnes, des ruisseaux de vin plus doux que le Nectar -, » et les creux vallons retentiront des concerts des » bergers. »

Nul doute que les bergers et les paysans ne chantent miracle, quand ils verront les ruisseaux changés en vin aussi bon que du Nectar. La joie sera la même qu'aux noces de Gana. Mais il faudra bien leur permettre (le boire de cet excellent vin , puisqu'on les punit par des taxes et amendes, s'ils en négligent la culture.

Un célèbre fabuliste blâme les médecins Tant Pis et Tant Mieux j d'ouvrir deux avis contradictmres dont le malade, est victime. Ces médecins ont du moins l'excuse de la dualité d'individus. Ici le moraliste étant seul ne devrait avoir qu'une opinion, et il en a non pas deux, mais trois bien distinctes : en effet,

i"*. Il veut d'abord faire arracher les vignes, source des plus grands maux*, n'en laisser que pour les sacrifices religieux, contre l'avis des prêtres mêmes, qui ne sont pas fâchés de voir du vin sur table.

2°. Âpres avoir condamné l'usage du vin, il excite le Roi à donner l'exemple déboire chaque jour, à l'ordinaire, du vin agréable et fort : c'est vouloir que le Roi invite à l'immoralité , puisque le vin et les ragoûts sont la source des plus grands maux.

5^. Oubliant ses diatribes contre le vin, il finit par changer les ruisseaux en vin délicieux comme du Nectar,

dont les paysans ne manqueront pas de se gorger au point de tomber morts-ivres et se livrer dans l'ivrognerie à tous les déportements.

Toutes ces contradictions sont applaudies moyennant le passe -port de morale douce et pure. Un écrivain sensé et non philosophe aurait adopté une seule opinion, un parti raisonnable, comme de permeUre qu'on bût modérément du vin, chose assez nécessaire au cultivateur, sous un climat brOl^nt comme cel^ui de Naples.

Fénélon, dans un autre chant de son livre, fait Vé^ loge des doiux présents de Bacchu0 pour charmer ^i soucis des hommes : pourquoi voulc^ren priver le cultivateur qui en a besoin , non pour se charmer , mais pour prévenir des maladies et réparer ses forces épuisées par les feux de ja ^camcule? Uo pauvre moissonneur brûlé pendant une journée par le soleil de Naples, aurait besoin d'un peu de vin pour se soutenir : il n'en aura point/, cela ne convient pas à la morale : il faut que les moissonneurs deviennent philosophes, qu'ils s'exposent à une bonne fièvre , plutôt que de se restaurer par un verre de vin! risumteneatis.

Le Télémàque est vanté comme oracle de saines doctrines de l'éducation philosophique : je n'y vois, ainsi que dans tous les livres de morale, qu'un tissu de fadaises faites pour fausser l'esprit des jeunes gens , les xx)n(iuire à la perdition s'ils suivent seulement le quart

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