‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 26 sur 51 · MOEURS ET COUTUMES · texte numérisé non relu

MOEURS ET COUTUMES

montre dans les unions régulières, c'est presque toujours en dehors- du droit qu'il agit dans toute son énergie, de sorte que Tamour, en civilisation, est une passion funeste, puisqu'il pousse si souvent au désordre, et n rarem^it dans le droit chemin.

En sera-t-îl toujours ainsi ? Faut-il voir dans ce puissant ressort, dans ce sublime présent de Dieu, la source certaine d'un désordre qu'aucune combinaison sociale ne permettrait d'éviter? N'estai pas plus religieux d'admettre, avec Fourier, que cette passion est pour un but doublement utile ^ de chercher comment, après avoir rempli sa tâche directe en assurant la conservation de l'espèce, l'amour peut encore exercer une salutaire influence sur le mouvement social , en passionnant les hommes pour le beau et pour le bon?

Cette influence directe de l'amour sur les faits sociaux s'est montrée déjà dans le moyen âge : à cette époque toute guerrière de la vie humaine, l'amour, qui avait reçu* un commencement d'organisation , poussait les<;bevaliers aux combats, aux tournois, aux grands coups de lance. Dans l'avenir, l'amour, s'il était compléteiûent organisé, ne pourrait- il agir d'une manière analogue, mais pour un autre but? Mais en faisant sentir à l'un des sexes le besoin de s'illustrer, de s'embellir, auiL yeux de l'autre, d'une auréole de savoir, d'honneur, de vertu?

MOEURS ET COUTUMES. i95

en aimant, ne pourra craindre les déceptions et la perfidie.

La franchise et l'absence du mal ne suffiraient pas pour qu'une corporation fût honorable et hojaorée ; il faut encore qu'elle produise le bien , qu'elle concoure positivement au bonheur général , et par ses actes, et par le charme qu'elle répandra dans les travaux.

Nous ne pourrions , sans sortir du cadre que nous nous sommes tracé, exposer ici le rôle particulier de chaque corporationamoureuse; mais, pour montrer que nous ne craignons pas de faire connaître toutes les idées du maître^ après avoir parlé du vestalat et de la corpora tien suivante qui a pour règle la constance, nous irons chercher, à l'autre extrémité de la série , une corporation dont le nom a effarouché tous Içs moralistes , la corporation qui usera le plus largement de la liberté en amour : les Bacchantes.

Il est des femmes courageuses et fortes qui aiment les travaux virils, qui se plaisent dans les rassemblements guerriers. Aux époques subversives, ces femmes ^ont des Bradamantes^ des Clorindes, des Jeannes d*ArCy et, sous des dehors moins poétiques, ces cantinières qui partagent si résolument la fortune de nos soldats. Ce type de femme, relevé par tout ce que l'éducation harmonienne ajoutera à sa grâce, à la noblesse de ses sentiments, est cequeFourieraççeBô\^Ba^^Kfi.\vV.^.

Page 1