SECONDE PARTIS. CH. 'YJ
Les Bacchantes seront partie essentielle de toutes les armées industrielles, où , tout en partageant les travaux de l'autre sexe, elles se réserveront les détails qui ne conviennent qu'au leur. C'est un noble caradëre que celui de la Bacchante ! N'est-on pas ému en pensant à ces faibles femmes, qui , sur le jchamp de bataille , oublieuses du danger, prodiguent des soins à tous ceux qui souffrent , portent secours à tous ceux qui tombent. Généreuses, dévouées, intrépides, comme elles aiment leurs frères d'armes ! comme elles sont ai^ mées d'eux ! Quelquefois Tétoile des braves a décoré leur poitrine, et vous-mêmes, moralistes, vous eus^ siez applaudi avec toute l'armée , et sans demander aur paravant si ,' daçs la vie des camps, la çantinière n'a jamais été femme , si toujours elle a repoussé l'amour qu'elle inspirait.
Puisque , dans les armées industrielles , le rôle de la Bacctiante est évidemment utile , Dieu a dû donner à un certain nombre de femmes un caractère qui leur permît de le remplir. La femme timide^ et réservée aura sa place au foyer de la phalange, mais elle serait malheureuse et déplacée dans if tumulte des camps, dans le mouvement des armées. Là, c'est la Bacchante qui convient : Dieu l'a créée pour ce rôle, qu'elle remplira dignement. Pour des fonctions aussi opposées , il fallait des caractères opposés. Pourquoi repousser l'un , quand \.o\\^ deux sont
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dans la nature, quand tous deux sont indispensables à l'humanité (i) ?
Par quelle étrange aberration la civilisation, hideuse de souillures, la grande prostituée, crt&-t-elle à Timmoralité, en nous écoutant? Il faut choisir entre cet avenir où les sexes ne s^appartiendront qu'entraînés par le coeur^ conformément à la loi divine, et le présent où la voliMitéde.Dieu. est perpétueUement et scandaleusement outragée , où cette passion si légitime dans son essence, Tamour, ne peut se satisfaire qu'en attaquant Tordre 9 qu'en violant la règle établie* Sommesnous immoraux, parce que nous préférons la loyauté, la vérité , l'utilité dans les relations amoureuses , aux turpitudes qu'elles présentent en civilisation ? parce jque les Bacchantes et les Bayadères (3) nous paraissent honorables , autant que la prostitution nous révolte ?
(>) Du reste elles {les Bacchantes) seront ennemies de la yénalité.
Une Bacchante qui serait conyaincue de la moindre faute en ce
genre serait honteusement destituée et flétrie parlesobriquetM'AHiE
DU coMMEacE; elle perdrait tous ses droits à l'ayancement qui peut la
conduire, conune nos militaires, jusqu'au grade de maréchale, et
plus loin encore.
( Réforme indusiriette , art: de Fourier. )
(t) Les Bayadères et les Bayaders seront des artistes qui parcourront les phalanges et les armées, et concourront puissamment à répandre le charme, à embellir les fêtes, à passionner pour le beau. Jfinon de Lenclos eût été une Bayadère. ?)inon ne savait ni tromper, ni se yendre, et ses anciens amants étaient à jamais ses amis. Ninon attirait à elle par son esprit, sa grâce, sa bonté, les hommes les plus distingués de son siècle; el ()\ioV\\]L<& \^ \^>\^«6\ \k'«Nfc\^.'>gisfiK^*
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Soyez francs, moralistes, à la pensée de ces mœurs nouvelles, de ces amours reliés à Tindustrie, loyaux, naïfs, naturels, bien au-dessus de toute vue intéressée, sentez- vous vous monter au cœur ce dégoût que Vous éprouviez lorsque nous vous parlions de la corruption de Tenfance et des autres plaies de nos sociétés ? Comprenéï-vous enfin que la vertu n'est pas une chose mystique, arbitraire ? que la vertu devant se mesurer par ses effets, par son concours aii bonheur de Tespëce, Tinconstance devient vertu dans une corporation où la constance serait moins utile à l'humanité? N'admettez-vous pas avec nous que l'amour est une passion fort innocente, et qu'il faut élargir le cercle où il peut agir librement, à mesure que le danger de la liberté recule par le progrès de la société.
La religion même n'a rien à dire : elle ne prescrit pas le mariage exclusif d'une manière absolue; elle le veut, elle a raison de le vouloir en civilisation \ mais
songé à des rapports plus intimes^ tons troayaient auprès «Telle uo délassement à lenrs fatigues , un encouragement à leurs trayaux. Ninon cependant était dans une position fausse que n'accepterait pas la Bayadère de rayenir, elle yiolait la règle établie dans la société où elle yiyaif.
Ninon était une infâme, diront certains moralistes théoricieuff^ui auraient brigué les premiers l'ayantage d'être admis dans le cercle si distingué où cette femme présidait. Heureuse rbumanité« quand elle ne connaîtra plus d'autre infamie que celle des Nînons I Si Ninon était infâme , de par la justice et la logique, ces grands hommes da graad siècle, qui s'honoraient de son amitié , étaient infâmes au même degré.
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elle modifie la loi avec la forme des sociétés , ce qui le prouve, c'est qu'au temps du patriarcat, elle permettait aux plus saints personnages la polygamie et le concubinage.
Mais la pudeur n'est donc qu'un vain mot ! Que deyiendra-trelle dans ce pêle-mêle, dans ce désordre, dans cette promiscuité ?
La pudeur !.... (0 Les civilisés sont tellement habitués à voir singer toutes les vertus, dans leurs sociétés corrompues , qu'ils ont fini {^ar douter qu'elles soient réellement et naturellement au cœur de l'homme.
Vous croyez donc que la pudeur n*est qu'hypocrisie, qu'elle vient seulement de la crainte du blâme, et des chfttimopts temporels ou éternels. Car, si vous admettez que la pudeur est vraie, indépendante de toute loi , de toute convention, pourquoi disparaîtrait-elle d'un milieu organisé pour le libre développement de tout ce qui est en nous (a) ?
Et dans ce milieu il n'y aura ni pêle-mêle , ni
(() Dieu n'a-t-il pas établi que les sexes iron^ Tan à l'antre attirés par l'amour ?... N'est-ce pas par la passion seule que la pudeur de la femme est'sauyée?.... Et si, en civilisation, il y a nécessité de se préoccuper, pour les rapports des sexes, de considérations étran£[ères aux attraits du cœur, n'est-ce pas un malbeur, une profonation, une violation de la loi de Dieu?
(•) Un Turc» bon'moniliste, q«i ne saurait rien de la civilisatioa^ afOrmenit, sans aucun doute , que \% \c»ia:ûA , i\^S^ ^^as^^S^stisi^s^