‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 31 sur 51 · SECONDE PARTIE. CH. VII · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. CH. VII

rhumanîté. Mais en harmonie, la mort pourra sans danger inspirer moins d'effroi. Aussi, quand par la culture el Tassainissement de toutes, les parties de la terre, par l'emploi équilibré de toutes ses facultés, rhomme aura triomphé de tant de maladies qu'il s'est données par la mauvaise gestion du globe et par l'emploi inharmenique de son individu, presque tous parviendront à un âge avancé , presque tous s'éteindront de la mort naturelle, sans secousse et sans douleur (i). La mort aura d'ailleurs perdu toute son horreur morale, -quand tous auront bien compris qu'elle n'est qu'tme transition, qu'elle ne nous sépare que pour un

(i) Cette promesse que« sauf Taccident^ l'homme ne connaîtra pas la maladie dans la Tie harmDnieDnei fait toujours aourire les incrédules. Quoi de plus facile à admettre cependant? Q|uand Thomme, pour ta première fois, a paru sur la terre, pense-t-on que Dieu l'avait gratifié déjà de pbtbisies, de rhumatismes, de'scrofules, de fièyres, de pestes, etc.? Si ces maladies ont frappé l'homme, c'est qu'il se les est données , d'abord par ses excès ou son inaction , c'està-dire, en n'employant pas toutes ses facultés régulièrement et ayec équilibre ; puis par la manyaise gestion du globe, dont les parties mal élaborées donnent naissance aux miasmes pestilentids , aux flèyres, etc. En harmonie, Tiyant sans inquiétude, sans douleur morale, dans les conditions les plus favorables à son organisme, l'homme verra petit à petit les maladies disparaître arec les causes qui les ont engendrées. Les animaux jouissent déjà des avantages que nous promettons à l'homme; les animaux sauvages, sur lesquels rigiKmince de l'homme ne peut agir penûciensement, sont-ils donc exposés aux infirmités, aux maladies? Ne sent-on pas que Dieu eût agi avec déraison en accordant, par exemple, au chien le privilège de conserver toute sa vie des dents magnifiques, et en refusant le même avantage à l'homme, au Roi de la terre, qui ne doit rien avoir à envier aux êtres inférienrs , aux «D\tQ»a\'t

COSMOGOmE. 2fô

instant de ceux qui nous sont chers ^ que Jes défunts continuent à nous suiyre de leurs vœux, à s'intéresser à nos actes ^ qu'ils seront là pour nous recevoir quand la mort nous aura frappés à notre tour : quand tous seront certains que le bonheur nous attend dans l'autre vie, plus complet, plus raffiné encore que dans la vie présente (la vie présente en harmonie, où le bonheur se trouvera).

Du reste, cette transition , la mort, était absolument nécessaire pour qu'il y eût mouvement et vie. Si un homme était arrêté , pend^^nt plusieurs siècles, à un même point de son développement, de sa carrière, il serait bientôt saturé et dégoûté de tous les plaisirs auxquels il serait apte dans soaétat actuel. En toutes choses il faut de la variété : variété dans les travaux et dans les jouissances , variété et alternat dins les existences.

Toutes les lois naturelles ont leur raison d'être, leur justification, cpie l'on peut découvrir de même, quand on cherche avec confiance. Ainsi, nous avons dit qu'il y avait oubli dans la vie présente. G*est que cette vie , la vie inférieure, serait fade, si la comparaison y était possible entre ses plaisirs et les plaisirs de la vie supérieure. Dans la vie supérieure ce danger n'existe plus. Aussi là , on a le souvenir, sans lequel la continuité de l'existence n'étant.pas sentie , Timmortalité ne serait, pour ainsi dire , qu'un mol.

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