‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 34 sur 51 · SECONDE PARTIE. CH. VU · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. CH. VU

Car Dieu ne veut pas régner sur des esclaves pâles et tremblants 5 mais sur des hommes heureux et libres, reconnaissants et fiers de la haute mission qa'il leur a confiée.

Aux époques subversives , lorsque l'intérêt privé est en opposition avec l'intérêt général , se sacrifier pour les autres est un acte de haute vertu. Mais souffrir pour souffrir est une absurdité, souffrir pour se rendre agréable à Dieu est une insulte à sa bonté.

Si, dans le passé, la crainte de l'enfer a pu détourner du mal les hommes faiblement trempés , la solidarité telle que l'a conçue Fourier, la solidarité qu'il explique, qu'il fait toucher du doigt, ne remplit-elle pas ie même but, plus noblement, en s'adressant à des sentiments plus élevés duco^ur humain? Pouvant choisir entre ces deux moyens d'intéresser l'homme à la pratique du bien , Dieu a-t-ii dû balancer ?

4''. L'immortalité bi-composée s'accorde d'ailleurs avec tous nos désirs. Chaque vieillard demanderait à recommencer la vie, avec l'expérience qu'il a acquise; et ce souhait est pleinement satisfait, puisque tous re* commenceront la vie, puisque tous profiteront de Tex-» périence du passé , la jeunesse ne pouvant s'égarer en harmonie.

Descendons dans notre cœur *, ne sentons-nous pas

que nous abandonnerions avec regret cette terre que la

science peut rendre sibeUe? ^^ s^noT\v■\vom^^^\v^^sc'

reux de savoir que nous sommes liés à son sort, liés au sort de tous les hommes , que noua devons souffrir avec nos frères , mais que, eomme eux, nous sommes appelés à tous les biens ?

N'est-ce pas dans ces conditions mêmes que nous au-rions demandé la vie, tandis que nous Taurions refusée avec la plus petite chance pour une éternelle damnation ? Puisque Dieu n'a pas consulté Thomme en le créant , n'a-t-il pas dû lui faire une destinée qu'il aurait acceptée ? Sans cela la vie ne serait pas un bienfait , et Dieu ne pourrait nous inspirer qu'un sentiment , l'épouvante !

A l'aide de cette découverte, tout s'explique avec simplicité-, les lois de la création n'ont plus rien d'ar^ bitraire ou de fâcheux. Les preuves morales sont donc toutes en sa faveur.

Mais, sur cette importante question. Dieu nous devait des preuves de plus d'un genre. Il s'en trouve plusieurs dans l'analogie universelle dont nous parlerons tout à l'heure -, il y en a une pour les sens dans le magnétisme animal dont nous allons nous occuper.

On a appelé magnétisme anmal cette influence qu'un homme peut exercer sur un autre homme par l'action de sa volonté. Le magnétisme produit souvent un sommeil plus ou moins profond , sommeil qui se distingue quelquefois du sommeil orà\ïW\t^ ^^\ \^%>^^\NSss»fec»Mb

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les plus extraordinaires. Le sommeil, dans ce cas, a reçu le nom de somnambulisme.

Le somnambule jouit de Texercice de ses facultés sensitives sans le secours de ses organes habituels. Il voit à travers les corps opaques, et quelquefois à grande distance -, il saisit des pensées qui n'ont été exprimées ni par le signe, ni par le son ; il perçoit des saveurs qui n'existent que par la volonté du magnétiseur -, il peut être rendu insensible aux coups, aux blessures*, enfin, ses facultés intellectuelles semblent ne plus dépendre de celles qu'il possédait à l'état de veille, et il se trouve doué tout à coup de la connaissance de choses dont il ne s'était jamais occupé.

Cet état singulier se présente avec une grande variété dans les phénomènes, mais il est toujours parfaitement inexplicable avec les connaissances scolastiques actuelles de l'humanité. La conception deFourier peut seule en rendre raison facilement.

Lemagnétisme aurait pour premier effet de suspendre les fonctions sensitives du corps pondérable ; son second effet serait de tirer, très-imparfaitement ^ le corps aromal de son engourdissement , en rendant à l'Âme la faculté de l'employer. L'âme se servirait du corps aromal dans le somnambulisme *, elle verrait, elle entendrait, elle goûterait, elle aurait conscience d'ellemême y par ITntermédiaire de ses organes aromaux, organes dont la perfection exçV^ue çfc op^ X^'s» ^^w^

mènes magnétiques ont de merveilleux. La vision pourrait s'opérer à travers les corps opaques que les arômes traversent si facilement. L'âme retrouverait, en en cherchant la trace sur son corps aromal, avec le souvenir des vies précédentes, des idées et des connaissances qu'elle n'a plus , quand elle ne peut user que du corps mondain.

Un fait a été constaté par tous ceux qui se sont occupés de magnétisme. Dans le somnambulisme on a la mémoire de ce qu'on a vu dans la vie ordinaire et dans les somnambulismes précédents *, au réveil on ne sait rien de ce qui s'est fait pendant le sommeil magnétique.

Ce souvenir, dans un cas , cet oubli dans l'autre, sont absolument semblables à ce qui se passe dans les deux vies : vie aromale avec double mémoire , vie mondaine dépourvue de souvenirs. L'explication est la même : dans le somnambulisme , le corps pondérable endormi ne reçoit pas d'impressions de l'extérieur, et quand l'âme en reprend possession , elle ne peut y lire ce qui n'y est pas gravé.

Il est un état, décrit par les magnétiseurs sons le nom à'exiase, que la conception de Fourier expliquerait en-* core avec facilité. Après être revenu à lui-même, après être sorti de la crise pendant lac^vielte, l^ 'hna %^\S!ÎçJ«î\. avoir abandonné son corçs , Y extatique \^^^t^^ ^'^ "^

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voyagé dans Tespace, qu'il a rencontré des yivants avec lesquels il n'a pu entrer en relation, mais qu'il a pu communiquer avec les morts, qui, du reste, ne lui inspiraient aucun effroi.

Ce voyage de l'extatique ne peut être qu'un voyage du corps aromal , au moyen duquel on ne peut communiquer avec les mondains , quoique l'on puisse les voir, mais qui permet d'entrer en rapport avec les ultra-mondains, (hi conçoit d'ailleurs que l'aspect de la vie supérieure inspire à l'extatique un vif désir d'y rester, désir qu'il manifeste toujours en se plaignant d'avoir été ramené à la vie présente.

Ceux qui nient les phénomènes du magnétisme ani-mat seraient fort embarrassés pour expliquer les phénomènes analogues et non moins extraordinaires du sonuiambulisme naturel, phénomènes trop bien constatés pour qu'il soit permis de les révoquer en doute.

Le somnambulisme est un état de transition entre les deux vies , état dans lequel l'âme emploie simultanément, mais imparfaitement, les deux corps dont, dans les cas ordinaires, elle doit se servir alternativement. Cette transition n'est peut-être pas la seule que nous puissions observer. On voit des hommes qui jouissent de facultés vraiment aromates dans un certain cercle ^ par exemple, pour découvrir des sources cachées. Doit-on rattacher à la même explication la facilité avec laquelle certains enfants çatVi^uiiewV. ^ \^so\i^\^, ^\i

quelques minutes, des problèmes d'arithmétique qui auraient coûté des journées aux plus habiles calculateurs? Ces das de transition ne sont et ne peuvent être que dé très-rares exceptions.

Le magnétisme, qui sera en harmonie d'une double utilité, ne peut se développer dans la société présente où les expériences isolées sont seules possibles, où une défiance si naturelle, quand tous ont intérêt à tromper, est opposée même au magnétiseur de bonne foi. Le magnétisme n'est pas du ressort de la civilisation, et il faut Ten féliciter, car il conduirait aux abus les plus graves dans cette société où le bonheur de Tun dépend si souvent du malheur de l'autre.

La phrénologie encore est une science que Tharmonie seule saura établir et utiliser. Si cependant, malgré leur inutilité dans le moment, les principes de ces deux sciences ont été découverts en même temps que ceux de la science sociale, et quand les progrés de rindustrie assurent à Thomme une si haute dominaticm sur la matière ; c'est que les temps sont venus, c'est que l'humanité est préparée, c'est que la voie du bonheur est ouverte, c'est que l'homme n'a plus qu'à vouloir pour entrer dans )a terre promise.

Ce que nous avons dit ne montre pas encore avec assez de netteté le lien qui unit le Créateur aux. cii:^<<isr lures. Entre l'homme el l>v^^ \\ ^ VtQVx^^\«w^\s5^^ ^

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