‹ Solidarité: Vue synthétique sur la doctrine deChapitre 30 sur 42 · SUITE DU GH. TI · texte numérisé non relu

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châle, ni bonnet de nouveau goût^ ainsi l'exige la morale douce et pure du divin Fénélon.

(( Il défendit toutes les marchandises des pays étran- )) gers, qui peuvent introduire le luxe et la mollesse. )> Qu'il se garde bien de prêcher cette morale aux fabricants de Paris et de Lyon, ainsi qu'à ceux d'Angleterre, tous gens fort jaloux de vendre leurs coquilles à l'étranger.

« Il régla de même la nourriture des citoyens!!! » £eci devient intéressant : le sieur Mentor va nous prescrire et limiter nos mets à perpétuité. Quelques-uns se plaignent déjà du carême, qui établit cette gêne pendant six semaines : ici la philosophie va plus loin ; elle veut régler la nourriture pendant tout le cours de l'année. Mais voyons ses statuts en cuisine.

(( Quelle honte, disait-il, que les hommes les plus ,)) élevés fassent consister leur grandeur dans les ra- )> goûts par lesquels ils amollissent leur âme et ruinent )) incessamment la santé de leur corps! Il faut donc , » ajoute Mentor, borner vos repas aux viandes apprê- )) tées sans aucun ragoût ^ c'est un art pour empoi- » sonner les hommes. » Tout doux, seigneur Mentor; on vous citera tels individus qui ne peuvent se nourrir que de ragoût, même à déjeuner. Voilà bien les moralistes : ils veulent non-seulement soumettre à leurs caprices tous les esprits, mais, qui pis est, tous les estomacs.

<i Le roi Idoménée (en vrai ami des saines doctrines) 0) retranche donc tous les ragoûts , et Mentor retranche )> ensuite la musique molle et efféminée qui corrompait » toute la jeunesse. Il borne la musique aux fêtes, dans » les temples , pour y chanter les louanges des dieux et y> des héros. » Voilà de saines doctrines musicales : défendons tous ces chants efféminés des Grétry, des Sacchini ; n'admettons que les musiques mâles , comme la Carmagnole et le Tragala , si nous voulons être au ton de la morale douce et pure.

» Il défendit trés-sévérement la magnificence des » maisons, et voulut que chaque maison un peu grande » eût un péristyle. » Y pensez-vous, seigneur Fénélon ? un péristyle est une magnificence trés-coûteuse. Yoilà bien les moralistes : coûte qui coûte, ils veulent que chacun se conforme à leurs goûts, et un philosophe qui aura bâti un péristyle, ordonnera à tout citoyen d'en bâtir autant. Celui-ci veut « que chaque maison )) ait de petites chambres pour les personnes libres. » Pourquoi dans un pays trés-chaud, comme Salente (état de Naples), ne pas permettre les grandes chambres salubres et bien aérées ? Mais notre moraliste aime les petites chambres-, il faudra que chacun se confine comme lui dans un réduit, tout en faisant Ténorme dépense d'un péristyle , qui suppose colonnes ou pilastres.

L'article d'où j'extrais ces sornettes ne s'étend

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