DE LA RAISOII ST DE LA 80IENCB
puisque e'est Dieu qui lui a dooné k coMcienoe dont émane ce jugement.
S'iU deyaiont se défier ainsi de leur raison» pourquoi ks hommes auraient-ils rejeté ie fétichisme, l'tdolAtrie, le paganisme, etc. S'ils ont ayancé dans la coBAHÎssance de Dieu, n'est-ce pas parce qu'ils ont appelé à leur sens moral des grossières notions dont ils avaient hérité. N'est-ce pas parce qu'ils ont compris que ks divinités offertes à leurs adori^iions qe méri?* taient pas leur encens,
Ainsi lorsque l'intelligence a su voir , la raison ( la conscience dans Tordre moral), sait ioufours distinguer le vrai du faux , et lorsqu'elle n'a pas vu, la raisoq -nous apprend très-positivement que nous ne savons pas.
Lors même qu'elle sert seulement à nous faire ror connaître notre ignorance, la raison nous rend déjà un immense service ; car si nous avions la bonne foi d'avouer nos doutes, qous cesserions de nous quereller sur des choses également fausses, et, cherchant de concert la vérité, qui a pour caractère de produire l'accord, nous ne tarderions pas à la découvrir.
Nous disons que les hommes sont diyisés parce que leurs idées sont également fausses *, cependant nous ^vons que chaque opinion peut exprimer une face de )a vérité, car la vérité a plusieurs aspects, ))ien qu'elle soit une.
Mais la vérité considérée sous une seule face n'est pas la vérité, c'est encore Terreur.
Ainsi deux astronomes ayant entrevu chacun une partie de la vérité sur l'attraction matérielle, Tun dira que cette attraction agit en raison inverse des carrés des distances , l'autre soutiendra qu'elle agit en raison directe des masses.
Et quoique possédant l'un et l'autre une face de la vérité , ils mentiront tous les deux ^ car l'attraction n'agit pas en raison directe des masses , elle n'agit pas en raison inverse des carrés des distances , elle agit en même temps en raison directe des masses et inverse des carrés des distances.
Voilà toute la vérité, il n'y a pas d'autre vérité. Les astronomes, avec leurs erreurs composées de demivérités, eussent été éternellement en désunion ; ils s'accorderont immédiatement dés qu'ils auront reconnu le vrai dans son entier.
Pour nous, comme on le voit, la vérité est absolue.
N'est-ce pas en effet une étrange conception que celle d'une vérité changeant avec le temps et les lieux, d'une vérité d'aujourd'hui qui sera mensonge demain ?
L'erreur a mille formes -, elle peut varier, reculer ou avancer de plus en plus vers le vrai ; mais la vérité est immuable,