‹ Solidarité: Vue synthétique sur la doctrine deChapitre 5 sur 42 · DE LÀ RAISON ET DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

DE LÀ RAISON ET DE LA SCIENCE

Une vérité découyerte est un point irrévocablement û%é dans le champ des connaissances humaines. Ce point peut donner de nouvelles bases d'où Ton partira, comme des lignes d'un réseau trigonométrique, pour déterminer de nouveaux points, découvrir de nouvelles vérités.

Le progrés consiste donc à approcher des vérités tant qu'elles ne sont pas découvertes, à découvrir ces vérités , à marcher des vérités trouvées aux vérités encore inconnues. Il se montre encore dans la manière plus ou moins heureuse avec laquelle on applique les vérités théoriques aux relations humaines, à Torganisaiion des sociétés, aux travaux des arts, de l'industrie, etc. Tout autre progrés n'est qu'une illusion.

Nous avons dit qu'il ne pouvait y avoir qu'une certitude , celle qui ne permettait pas de douter. Nous donnerons quelque développement à celte pensée.

La certitude ainsi définie peut être nommée certitude directe. Pour y parvenir, il faut avoir vu soimême avec les yeux du corps ou avec les yeux de l'esprit.

L'Humanité doit élever toutes ses connaissances à la certitude directe ; mais aucun de ses membres n'est appelé à s'occuper individuellement de toutes choses et ne peut parvenir à ce degré de certitude sur tous les points.

24 rUBflÈRE PAETIB. Cl. L.

Cependant., sans faire une étude spéciale de certaines branches des sciences, on peut s'y intéresser jrius ou moins , connaître les résultats obtenus , et les admettre sans avoir cherché à ?oir par soi-même , mais parée que d'autres ont vu et que Ton a confiance en eux.

Cette conviction d'une chose sur laquelle la raison n'a été consultée qu'indirectement , est une certitude indirecte : die repose sur autrui , tandis que la certitœte directe a sa source ea nous-mêmes.

Aussi la certitude indirecte chancellerait si la chose aimoncée par les uns était démentie par d'autres. Mais la certitude directe, inébranlablement assise sur le propre témoignage de notre esprit ou de nos sens, résisterait aux dénégations de l'univers entier.

Nous n'avons pas à nous occuper de la certitude indirecte, qui vient de la foi, indépendamment du raisonnement. Pour qu'elle naisse , il faut seulement être cru, lorsqu'on afDrme avoir vu, et sans chercher à faire yoir aux autres.

Après avoir lu ce qui précède, plusieurs penseront que, pour démontrer que la raison est infaillible, nous nous sommes contentés de l'affirmer. Résumons -nous pour mettre en saillie notre argumentation :

Oui, nous avons affirmé que b raison est infaillible. Regardons cette affirmation comme une hypothèse.

Les hommes ont suspecté la raison parce qu'ils ont

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