‹ SolitudeChapitre 11 sur 29 · REVERIE IX · texte numérisé non relu

REVERIE IX

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En ce temps-là , seul et maladif, j'occupais une petite cellule au milieu de Paris. D'ici je la retrouve encore. Un tapis bariolé couvrait le plancher ; un papier d'un bleu clair montait le long des parois jusqu'au plafond dont le centre portait les traces à demi eflacées d'une étoile d'or. Une table, un secrétaire, quelques chaises d'osier, un

f02 LE RAYON.

grand fauteuil et un canapé formaient mon ameublement. Je suis loin d'oublier les rideaux blancs de mon lit dont j'aimais à m'abriter le soir en me couchant. Qui le dirait?... C'était l'un de mes plus vifs plaisirs que de considérer, pendant quelques minutes, de cet étroit espace età travers cette tenture légère, des feux que je préparais et qui, s'enflammant soudain, jetaient un rapide éclat et s'éteignaient aussitôt. Image vraie du bonheur! Quelques tableaux ornaient ce réduit si paisible en apparence et pourtant si orageux. Ils étaient suspendus çà et là, sans ordre et au gré d'un caprice bizarre, plein de dédain pour les lois de la symétrie. Corinne au cap Mysène était placée à peu de distance du Serment du Jeu de Paume, etje me plaisaisà rapprocher ainsi Gérard et son vieux maître alors exilé. Venaieut ensuite les portraits de Lafayeltc, ce patriarche de la liberté; de Manuel, ce hardi tribun; de Foy, cet orateur au cœur héroïque, aux illuminations soudaines ; de Périer, ce puissant homme d'état, armé d'une couviction

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