‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 115 sur 173 · BE · texte numérisé non relu

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t : Etat

rendu les praticiens défiants à juste titre de produits dont les effets étaient négatifs sur leurs terres.

À ce point de vue, d’une manière très générale, il semble que quand la terre contient plus de 5 0/00 d'azote total, les fumures azotées organiques sont peu utiles, les chaulages et marnages inutiles s'il y a plus de 12 à 15 0/00 de chaux et de même pour les phosphates si la quantité contenue dépasse # 0/00. Au sujet des engrais potassiques, l'expérience seule peut trancher la question.

Dans une terre de jardin, avant de donner comme

engrais complémentaire, du sulfate d'ammoniaque,

du sulfate de fer, du chlorure de potassium et des superphosphates, même de la kaïnite et des sels de Stassfurth, il faut s'assurer qu'elle renferme au moins 1 à 2 0/0 de carbonate de chaux, sinon ces produits peuvent être dangereux et ne doivent pas être employés.

Dans tous les cas, il faut considérer sa terre de jar-

din, ordinairement riche en matières organiques; comme une véritable nitrière et il faut la faire nitri-

fier, soit en la marnant, si elle ne contient pas de chaux et en y ajoutant dans ce cas de la bonne terre arable, y faire des labours multiples et profonds, multiplier les arrosements et les façons culturales, Une terre de jardin doit être constamment remuée, acrée, drainée avec grand soin et si on peut recueillir

Jes eaux de drainage comme nous l'avons déjà expli-

qué et les faire servir à l’arrosage, on réalisera un progrès et une économie dont on ne se doute pas actuellement. |

Il est évident que l’on ne peut modifier le sous: sol de son jardin; l'idéal serait de ne planter dans un jardin fruitier que les arbres susceptibles de

vivre sur le sol du domaine, mais on est obligé souvent par une foule de considérations à planter des espèces d'arbres inaptes à y croître, les résultats en sont toujours désastreux. Combien voit-on de poiriers malingres ou tortueux et de pêchers misérables pour cette simple raison. Pour lutter contre ces idées fausses, il ne semble pas pratique de conseiller de fournir à chaque arbre sa terre préférée. Nous aimons mieux l'ingénieux procédé de notre éminent maître, M. Ch. Baltet, qui habilement, a tourné la difficulté. Il s’agit de faire prospérer un Poirier en terrain et sous-sol calcaire. Il prend un Cratægus oxyacantha susceptible de bien venir dans ces terrains; mais comme cette plante ne pourrait pas directement nourrir une greffe de poirier, il se sert comme intermédiaire entre le sujet et le greffon d’un autre Cratægus qui reçoit lui une greffe.

Il obtient de cette façon détournée des Poiriers donnant des produits dans des sols où leur plantation normale donne des résultats désastreux. Cette méthode ingénieuse sera étendue certainement à d'autres genres et espèces.

En un mot, à moins que le sous-sol soit imperméable ou rocheux, si le terrain n’est pas exclusivement argileux ou calcaire ou silico-calcaire, on peut dans le plus grand nombre des cas arriver à améliorer énormément sa terre de jardin et la rendre apte à fournir de bons et nombreux produits végétaux, c'est une question de raisonnement et souvent aussi de temps.

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