ÉTAT NATUREL DE CROISSANCE DES PLANTES
qui fouette les cascades près desquelles on trouve ces plantes.
Si, dans nos cultures, nous essayions de reproduire ce mode naturel de croissance, nous n'obtiendrions aucun résultat; mais si, par contre, nous mettons à la disposition de ces Cypripedium un compost très perméable, léger, formé de racines de Polypodium et de Sphagnum frais haché, elles acquièrent une vigueur comparable à celle qu’elles
montrent dans leur station naturelle à condition de:
maintenir ce compost toujours humide.
Ainsi la différence entre la croissance naturelle et la culture artificielle réside dans le mode particulier d'absorption de l’eau. Dans la nature, surtout les parties aériennes des plantes en sont baignées et en absorbent ; dans les serres, où la température est artificiellement élevée, nous ne pouvons obtenir, malgré l’eau répandue, malgré les bassinages, une saturation de l’air, une humidité aussi constante avec une chaleur aussi élevée que dans le pays d'origine. C'est dans le compost poreux gorgé d’eau où peuvent facilement se développer de longues racines que l'absorption aura lieu. Les Cypripedium n’y trouveront pas, bien certainement, les mêmes éléments minéraux que dans la terre glaise, mais ces éléments, nous pourrions très facilement les leur fournir sous forme de solutions salines et en général l’eau d'arrosage donnée en abondance les apporte en quantité suffisante.
Il est vrai aussi que des végétaux placés dans un sol ayant des propriétés différentes de celles de la Re où ils sont habituellement cultivés peuvent, peu à peu modifier leurs racines ou autres organes d'absorption. Mais ces changements sont lents, la
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tendance à la modification s’accentue par hérédité ; après plusieurs générations, les plantes se sont tout à fait appropriées au nouveau milieu où elles sont appelées à vivre. Nous avons pu constater un exemple de ces phénomènes chez les Broméliacées du genre Vriesea. Ces plantes ont en général de longues et très fines racines brunes, quand on les cultive dans un milieu très poreux où elles peuvent trouver de l'acide phosphorique et de la potasse facilement et en grande quantité ; leurs racines sont beaucoup plus courtes, plus épaisses, blanches et presque molles.
Cependant, si les propriétés physiques des terres sont du plus haut intérêt au point de vue de la culture des plantes, il faut pourtant réagir contre l’emploi exclusif de terres comme le terreau de feuilles de Gand, qui sont utilisées pour tous les genres de plantes, sans recherche aucune de leurs besoins alimentaires de ces dernières et simplement parce que leurs propriétés physiques sont convenables pour la majorité des espèces cultivées.
En résumé, fournissons aux végétaux que nous cultivons des sols, adaptés pour le mieux à leurs besoins physiques, mais ne négligeons jamais non plus leur étude au point de vue des substances utiles aux plantes et les moyens de leur ajouter des éléments complémentaires sans modifier leur texture ni leurs propriétés physiques.
Pendant la période de multiplication des végétaux, le choix des matériaux de soutien ne doit être basé absolument que sur des considérations physiques. Il s’agit, en somme, de faire produire et croître rapidement en peu de temps des organes jeunes, soit qu'on veuille faire développer des bourgeons axillaires, des racines adventices, ou même