PHÉNOMÈNES D'OSMOSE
La fixation d'une substance et son entrée dans le végétal peut être accidentelle et n'avoir aucune influence sur le développement ou la vie de cette même plante, ce qui semble anormal. C’est cependant le cas de la silice qui est accumulée en quantité très considérable dans les membranes cellulosiques de certaines graminées. Au point qu'avec des tiges de Bambous on peut polir de l'acier. Cependant, si on supprime complètement la silice de l'alimentation du Maïs, on voit la plante croître tout aussi vite et tout aussi normalement. Ce qui arrive pour la silice peut aussi être constaté pour la chaux, pour la potasse et quelques autres corps. La chaux sature dans nombre de cas l'acide oxalique dans des tissus spéciaux (Rumex, Eleoda, Erica, etc.).
C'est aussi la précipitation à l’état insoluble qui permet l'accumulation par osmose de substances comme l'iode dans les tissus des Fucus, alors que l’eau de mer qui baigne ces plantes en contient des proportions infimes.
Les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits peu-
vent aussi absorber de l’eau par le même mécanisme ; mais ces organes ne sont généralement pas disposés pour cette fonction, à part quelques exceptions, toutes les plantes aquatiques submergées et les végétaux croissant dans les lieux humides (Sphaignes).
Onutilise en pratique cette faculté absorbante des feuilles par les bassinages. Cette opération est extrémement utile lorsque l’évaporation est très active et que le système radiculaire est en mauvais état ou faiblement développé. On en fait l'application fréquente pendant la multiplication par bouturage, divisions ou éclats.
Rapports de l’eau avec le sol.
Après avoir vu comment la plante pouvait absorber l’eau nécessaire à sa vie, il convient d'étudier comment cette eau est mise à sa disposition dans les sols où nous la cultivons.
Naturellement, la terre peut recevoir de l’eau de pluie, des eaux d’infiltrations remontant à la surface sur certains points, et la condensation matinale de la vapeur d'eau, la rosée, fournit au sol une quantité d’eau qui, souvent, n’est pas négligeable.
Il tombe en France annuellement en moyenne 70 centimètres d’eau de pluie: 76 centimètres à Lille, 93 centimètres dans le bassin de la Seine, 66 centimètres à la Rochelle, 89 centimètres à Lyon, 47 centimètres à Marseille. Suivant la nature du sol, l’eau de pluie est absorbée en plus ou moins grande quantité. Sur les terres argileuses, rocheuses, argilo-calcaires, #3 0/0 environ de l’eau tombée pénètrent dans le sol, l’autre partie ruisselle. Sur les terres sableuses calcaires, dénudées et en général perméables, elle est intégralement absorbée. De nombreux chiffres ont montré que l’eau qui ruisselle à la surface d'une terre arable représente environ les 3/1 de l’eau tombée.
L'eau pluviale qui à ainsi filtré à travers le sol se réunit quand elle rencontre une couche imperméable, de l'argile ou du roc et constitue les nappes d'eau souterraines. Les couches imperméables ne suivent pas toujours le profil extérieur du terrain, à des endroits plus ou moins éloignés des points d'infiltration, les couches aquifères viennent affleurer. Il se produit à ces endroits des sources et souvent les
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marécages n'ont pas d'autre origine. Les plantes qui sont situées ainsi près du point d'affleurement de nappes souterraines peuvent bénéficier de cette eau. Les cultures de plantes bulbeuses des environs de Haarlem (Hollande) n'ont pas d'autres causes de succès.
La proportion d’eau contenue dans les terres est donc des plus variables. La quantité minimum contenue dépend de la constitution physique de la terre étudiée, étant donné que chacun des éléments possède vis-à-vis de l’eau un pouvoir absorbant et rétentif particulier et que pour tous les éléments, existe une limite de la quantité d'eau contenue à partir de laquelle l’évaporation spontanée est à peu près nulle.
Dans la petite culture, en horticulture, nous fournissons artificiellement l’eau au sol par les arrosages.
L'importance de la question des arrosages est telle qu'on peut la considérer comme primordiale pour les horticulteurs. Nous avons déjà pu montrer que la production végétale était proportionnelle à la quantité d’eau qui pouvait traverser les tissus des
plantes jusqu'à une limite maximum à ne pas dépasser cependant, sous peine de voir les rendements décroître. |
En opérant les arrosages, il faut se rappeler qu'ils “ont pour but de répondre aux besoins végétatifs
des plantes. Ainsi, ils seraient aussi absolument nuïsibles pendant la période de repos d’une p'ante bulbeuse qu'ils peuvent être utiles au moment de la croissance de cette même plante.
Au moment où ils sont utiles aux végétaux, ils doivent être adaptés à la nature du terrain où ils
SOLS, TERLES E' COMPCSTSe 3
sont appliqués. Il serait parfaitement inutile de donner une masse d'eau à une terre sableuse, perméable, qui la perdrait immédiatement, tandis que des arrosages fréquents et de moins d'importance seraient des plus avantageux. Il faut autant que possible que la température de l’eau soit à peu près la même que celle du milieu à arroser et éviter, ceci surtout dans les cultures en pots, ou en bacs, de gaspiller l’eau en la répandant avec violence sur le sol qu'elle dégrade et entraine. Dans les cultures en pleine terre de plantes isolées, il ne faut pas oublier que la surface absorbante des racines couvre une zone circulaire qui représente à peu près les 4/5 de celle qui est déterminée par la projection de la cime de l'arbre, par conséquent ne pas arroser au pied de l'arbre, mais dans une rigole circulaire un peu éloignée et concentrique au tronc.
On reconnait tout de suite un horticulteur habile à la manière dont il opère ses arrosages ; c'est une opération véritablement délicate dont l'expérience ne s’acquiert qu'avec une grande pratique et beaucoup de réflexion.
Les différents éléments constitutifs de la terre arable absorbent l’eau d'une manière absolument
négale.
Mais il est difficile à cet égard de même que pour la plupart des propriétés physiques du sol de donner des chiffres qui ne soient pas sujets à caution.
En effet il faut considérer et l’état physique, c'astà-dire la dimension, et cette question de la grosseur des particules joue, à notre avis, un rôle prépondérant, et aussi, la composition chimique du sable, du calcaire, de largile et de l’humus, composition qui évidemment influe sur leur rôle particulier.
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