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FERMENTATION AMMONIACALE

L'humus contient toujours, nous l'avons vu, une

FERMENTATION AMMONIACALE de

notable quantité d'azote qui se trouve associé à de l'hydrogène, de l'oxygène et du carbone. Ces combinaisons formaient primitivement des albuminoïdes dans les tissus végétaux. Les intéressantes et récentes recherches de M. A. Hébert, ont montré que ces matières albuminoïdes du sol y jouent le rôle d'amides. Elles peuvent en effet donner naissance à des sels ammoniacaux (carbonate et sulfhydrate dans quelques cas) par simple fixation d’eau. Une fraction assez importante de la matière azotée de la terre peut donc être ainsi transformée en composés ammoniacaux. Mais cette production est limitée par la présence même de sels ammoniacaux dans le sol et elle n'intervient donc que d’une façon assez faible dans la solubilisation des composés protéiques.

L'apport de chaux dans une terre assez riche en humus active considérablement la production spontanée d'ammoniaque. M. Boussingault, dans ses recherches sur les terres du Liebfrauenberg, trouva que :

10 gr. de chaux, ajoutés à 1 kilo de terre, donnaient en un mois Ogr.079 AzH3.

0 gr. —+ 0gr.0010

il s'opère dans ce cas sur l’humus azoté une action chimique semblable à celle que l’on observe en préparant le gaz ammoniac dans les laboratoires. Mais la production de l’ammoniaque est surtout due à la présence d’un ferment, le ferment ammoniacal qui, du reste, n’a pu être isolé jusqu à ce jour. Il ne semble pas devoir être identique au ferment trouvé par M. Ladureau dans un grand nombre de sols, et qui a la propriété de transformer l’urée en carbonate d’ammoniaque. On à pu démontrer l'existence

du ferment ammoniacal, en portant une terre à la température de 90°. Température suffisante pour arrêter l'action du ferment nitrique, mais pas assez forte pour détruire des organismes plus résistants. Une terre ainsi traitée donne, pendant une période de quatre mois, 0 gr. 008 d'ammoniaque. Par contre, la même terre, chauffée à 100° et soumise à l’expérience pendant le même laps de temps, ne produit pas trace d'ammoniaque. Il y à done un ferment ammoniacal spécial. L'étude de cette fermentation est difficile à cause de la rapidité de la transformation sous l'influence d’autres organismes de l’ammoniaque produite. Mais on est sûr aujourd'hui que c'est ce ferment ammoniacal qui commence le travail de la désorganisation des matières protéiques.

Dans les terres humides et riches en humus, les moisissures interviennent pour une part importante dans la formation de l'ammoniaque ; dans les terres arables, le « Bacillus mycoïdes » semble aussi agir en ce sens. Le plus souvent la fermentation ammoniacale est anaérobie.

Depuis longtemps on avait constaté la présence d'une quantité notable de nitrates dans les eaux de drainage des terres cultivées ; et on ne pouvait expliquer leur origine que par la théorie de l'oxydation de l’ammoniaque dans les corps poreux. Les belles découvertes de MM. Schlæsing et Müntz, en 1877, démontrèrent que la nitrification et par suite la présence de nitrates dans les eaux de drainage est due à un ferment. Ces savants prouvèrent que quand une térre est stérilisée ou soumise aux vapeurs de

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chloroforme, elle ne produit plus d'azote nitrique, mais ne purent isoler l'organisme nitrifiant. Plus heureux, un physiologiste russe, M. Vinogradsky, réussit à démontrer et à prouver-que la formation d'acide nitrique dans le sol était due au travail successif de deux ferments. Le premier, la nitromade ou monade nitreuse, transforme l’ammoniaque produite par le ferment ammoniacal en acide nitreux, et par conséquent produit des nitrites solubles. Ces nitrites, extrémement instables, sont oxydés dans la terre sous l'influence d’un autre ferment, le Micrococcus nitrificans, et transformés définitivement en nitrates. Il put séparer et cultiver ces organismes. Le premier, la « nitromonade », est un petit corps ovale, un peu fusiforme, cilié, et se mouvant avec agilité dans les liquides; le deuxième, se présente sous forme de bâtonnets anguleux et parfois de formes irrégulières. Ces organismes relient d'une manière inattendue le règne minéral au règne végétal ou animal. Ils sont susceptibles, pour former la substance même de leurs tissus, de prendre une partie du carbone des carbonates, et trouvent dans la combustion de l'hydrogène de l'ammoniaque l’énergie nécessaire à la réduction de l'acide carbonique. (Théorie de Læw.) L'hydrogène de l’ammoniaque (Az'OH) sert à réduire l'acide carbonique (C0?); on peut admettre que l'oxydation de l’ammoniaque en bioxyde d'azote (AzO?) n’est pas toujours complète et qu'on peut trou-

Ver :

2 AZH$ + 20? = 2Az0?H + 4H

Cet hydrogène sert ensuite à réduire l'acide carbonique :

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