‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 56 sur 173 · CO? + 4H — CH20 + H · texte numérisé non relu

CO? + 4H — CH20 + H

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Il se forme ainsi un hydrate de carbone qui assure un aliment au ferment.

Il s'est élevé une discussion entre MM. Müntz et Warrington au sujet de l'oxydation de l'acide nitreux. M. Müntz pensait que cette oxydation pouvait se faire directement sous l'influence de l'air, et M. Warrington émettait l'opinion contraire aujourd'hui admise, depuis que M. Vinogradsky a montré que cette oxydation était due à un ferment.

C'est ainsi que prennent naissance Îles nitrates de la terre arable, quand l'acide nitrique formé par l’action des ferments trouve à proximité une base salifiable (chaux, soude, potasse). Avant d'entrer plus avant dans l'étude de la nitrification, c'est-à-dire la solubilisation de l'azote des matières organiques, il convient de voir comment les plantes peuvent absorber l'azote nécessaire à leur vie. L’azote forme la plus grande partie de l'air; à l’état gazeux, il ne peut être absorbé par les plantes que dans des conditions bien particulières. Les Légumineuses sont capables d’absorber l'azote atmosphérique par l'intermédiaire de bactéries qui vivent dans des nodosités que l’on rencontre sur leurs racines. On à pu aussi démontrer que certains végétaux cryptogamiques (Mousses) absorbent directement l'azote de l'air, et des découvertes ultérieures montreront probablement que l'absorption d'azote libre est plus fréquente que nous ne le supposons actuellement. Le sol lui-même, d'après M. Berthelot, peut s'enrichir en azote, sous l'influence de ferments fixateurs spéciaux.

L'azote peut aussi être pris par les plantes sous la forme d’ammoniaque ; l'air en contient, en effet, une certaine quantité qui provient de la diffusion de l’ammôniaque contenue en solution dans les eaux de

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la mer. La majeure partie de cette ammoniaque se retrouve dans les eaux de pluie, etune quantité plus faible est transformée en nitrates sous l'influence des effluves électriques. Les études de M. Müntz, montrent que l'ammoniaque de l'air peut être directement prise par les plantes, mais l'apport d'azote ainsi fourni aux végétaux est tellement faible, qu’en pratique on peut le considérer comme peu important. En effet, un million de mètres cubes d’air ne contiennent qu'une quinzaine de grammes d’'ammoniaque. Les eaux pluviales en fournissent aux plantes environ 7 kilos par hectare et par année, ce qui est faible. Dans le sol, cette ammoniaque est

rapidement nutrifiée.

L'azote se présente encore aux plantes sous forme de composés organiques azotés solubles ou de nitrates. On peut dire que, sauf pour les Légumineuses et quelques Cryptogames, l'azote est absorbé à l’état soluble, surtout sous forme de nitrates, un peu aussi

directement par les organes foliacés à l’état d’am-

moniaque et nous croyons qu’une certaine quantité entre dans les plantes à l’état de combinaison organique azotée soluble.

Nous étudierons maintenant la production de nitrates dans la terre arable. Pour que la nitrification soit rapide 1l faut qu'un certain nombre de conditions favorables soient remplies. Les ferments nitreux et nitriques sont aérobies, n'opèrent qu’en présence de l'oxygène ; il faut donc que la circulation de l’eau et par conséquent de l'air soient possibles

dans le sol ; il leur faut aussi une notable quantité d’eau. On constate qu’au-dessous de 3 à 5 0/0 d’eau

dans le sol la nitrification devientimpossible et qu’elle est rapide au contraire quand la terre est régulière-

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ment arrosée. Les horticulteurs qui n'ignorent pas les bénéfices très grands des arrosages multipliés, rendent souvent la nitrification possible dans certaines terres trop riches en humus en les arrosant avec des eaux calcaires. L’intensité de la nitrification varie naturellement avec la quantité d’humus contenue dans le sol. Une trop grande accumulation de matières organiques retarde ou entrave la nitrification. M. Boussingault, puis M. Bréal ont constaté que les sols vierges des forêts ne contenaient point de nitrates. Cependant, nous avons constaté que par kilogramme de terre et par Jour la terre de bruyère de Maurepas remuée produisait 0 gr. 000199 d'azote nitrique et le terreau de feuilles

de la même provenance 0 gr. 000810, ce qui fait conclure à une nitrification relativement active dans ces sols. Cette question de la nitrification dans les terres, considérées, mais souvent à tort, comme acides, ne peut pas être mise en doute, quelles que soient les idées que la lecture des ouvrages spéciaux puisse faire naître. [suffit d'exécuter les expériences et dosages d'azote nitrique pour être convaincu.

Les recherches de M. Warrington ont montré qu'un excès de base soluble (chaux, magnésie ou potasse) était plus nuisible qu’utile pour activer la nitrification.

On peut remarquer en effet que, quand on chaule une terre, la production d'azote nitrique décroît pour atteindre ensuite une production de beaucoup supérieure à la production initiale.

La température à une action importante sur la

nitrification. Les recherches de MM. Schlæsing et Müntz ont montré que la formation d'acide nitrique, qui est à peu près nulle au-dessous de 5°, est maxi-

mum à 37° On ne peut constater ces phénomènes que dans des terres riches en humus.

On cherche toujours dans les cultures forcées et pour nourrir rapidement les plantes délicates à leur donner une chaleur de fond assez considérable. L’ac-

tivité de la nitrification à ces températures de 25 à

30° explique en partie les heureux résultats obtenus.

Les nombreuses expériences de M. Dehérain ont montré que l'émiettement et la pulvérisation du sol ont une influence très grande sur l'activité de la nitrification. En horticulture les terres où l’on cultive sont fréquemment remuées. Les mélanges sont brassés énergiquement et ces conditions de culture sont favorables au plus haut point à la dissémination et à la vitalité du ferment nitrique.

Il faut aussi que le sol contienne une quantité d'eau suffisante pour que les nitrates quise forment incessamment soient rapidement solubilisés et entrainés dans les eaux de drainage ou au moins dans les couches profondes du sol; sans cela ils pourraient être parfois soumis à l'influence des ferments dénitrifiants qui sont soit le Bacterium denitrificans, soit le Bacillus mycoïdes opérant à l'abri du contact de l'air et dissocient les nitrates en mettant une une partie de l'azote en liberté. Nous avons déjà eu l’occasion de parler de la dénitrification butyrique. Cette action dénitrifiante peut avoir l'influence la plus funeste au point de vue de l'alimentation des plantes.

Il faut que la terre soit légèrement alcaline pour que la nitrification y soit active et régulière.

Nitrification dans les terreaux de feuilles et les terres de bruyères.

Les terres de bruyère et les terreaux de feuilles devenant en place, de plus en plus acides, nitrifient de moins en moins facilement ; puis, après une période d’une durée variable, la nitrification y cesse absolument par manque de bases principalement, et aussi par suite du changement de nature physique de la terre. On peut avec grand avantage, pour ces terres spéciales, employer le carbonate de potasse qui, ajouté à ces sols en doses très faibles, sature l'acidité du milieu ou du moins, solubilisant les composés azotés, les rend plus rapidement attaquables par les organismes nitrificateurs et leur fournit en même temps une base (la potasse) pour saturer l'acide nitrique produit.

Dans le cas particulier de la floriculture des serres, l'emploi du carbonate de potasse deviendra de plus en plus fréquent et sera rapidement apprécié des praticiens. Il leur permettra de prolonger dans les mêmes récipients des cultures d’une durée de beaucoup supérieure à celles que l’on peut faire actuellement sans addition de matières minérales, et permettra ainsi de mieux utiliser les sols très coûteux que nous employons. Le nitrate de potasse qui se forme dans ce cas est très bien absorbé par les plantes et depuis quelque temps, on estime que la solution humique alcaline peut aussi intervenir utilement dans la nutrition végétale. En pratique nous avons déjà obtenu à ce sujet des résultats des plus encourageants.

Nous avions déjà conseillé l'emploi du carbonate

NITRIFCATION DANS LES TERRES HUMIFÈRE

de potasse en 1892, et en 1893 nous montrions combien l'addition de ce produit dans un terreau de feuilles active la nitrification. En effet

100 gr. de terreau de feuilles avec 5 gr. carbonate de potasse donnèrent : azote nitrique 0 gr. 014.

100 gr. de terreau de feuilles sans carbonate donnent : 0 gr. 0119.

et ceci après vingt jours d'expériences.

Nous avons eu en 1894 le plaisir de voir ces recherches confirmées par MM. Dumont et Crochetelle, qui avaient repris la même question dans les mêmes terres et qui obtinrent des résultats qui vinrent en tous points confirmer les nôtres.

On peut conclure de cette suite d’études que les terres de bruyère et les terreaux de feuilles nitrifient sans addition de corps quelconques pendant un certain temps; puis, que la quantité d'azote nitrique formé diminue de plus en plus. Si à ce moment on y ajoute du carbonate de potasse en dose convenable, la nitrification reprend avec intensité. La dose la plus favorable pour la terre de bruyère a été obtenue en ajoutant 4,5 0/0 de carbonate à la terre de bruyère et seulement 1,5 pour le terreau de feuilles.

Nous aurons du reste l'occasion de reprendre cette question si importante de la nitrification dans les terres humifères en nous occupant dans la deuxième partie de cet ouvrage spécialement des sols dont nous venons de parler.

Assimilation de l’humus par les plantes.

Cette idée de l'assimilation de l’humus par les

1 Journal de la Société Nationale d’'horticullure de France. | 6.

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plantes est actuellement une des questions les plus controversées et des plus délicates de l’'agronomie.

Elle n'a pu encore être prouvée d'une manière parfaitement nette et présente un intérêt considérable pour les horticulteurs qui élèvent toutes leurs plantes dans des milieux riches en matières organiques en voie de décomposition.

On a pu voir, dans les premiers chapitres, que les plantes fixaient dans leurs tissus le carbone de l’air en décomposant dans leurs cellules l’acide carbonique sous l'influence de la chlorophylle.

Mais les plantes sans chlorophylle comme les Orobranches, les Cryptogames prennent le carbone à leurs soutiens, sans qu'on puisse actuellement bien expliquer cette soustraction. On peut parfaitement nourrir des moisissures en leur donnant comme aliment un hydrate de carbone, une dissolution de sucre par exemple. Sous certaines formes solubles, les composés du carbone peuvent donc être introduits dans les plantes. D'un autre côté, tous les cultivateurs ont depuis longtemps attribué à l’humus une grande influence au point de vue du développement rapide et parfait des végétaux. En outre, de nombreuses recherches agronomiques ont montré qu'en cultivant deux plantes identiques placées dans des conditions de milieu absolument semblables ;

dans des sols présentant à l'analyse une compo-

sition chimique rigoureusement similaire, mais dont

l’un contient un certain nombre de composés combinés à des matières organiques (à de l'humus en un mot) et l’autre sol privé de matières organiques, on pouvait constater que la plante ayant cru dans la première terre était en tous points supérieure à celle

. Qui avait poussé dans la deuxième.

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