‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 6 sur 173 · BUT DE L'HORTICULTURE L · texte numérisé non relu

BUT DE L'HORTICULTURE L

à des machines organisées en vue de la production de corps spéciaux utilisables industriellement ou au point de vue alimentaire. Il cherche alors à leur faire produire un poids maximum de cette matière, ne s'’occupant pas s’il obtient ce résultat au détriment du développement futur de certains autres organes de ce végétal.

Dans ce cas, après avoir étudié la croissance naturelle de la plante, il cherche artificiellement à activer sa nutrition; puis, peu à peu, à modifier son mode de végétation par une sélection continue au moyen de laquelle il cherche à obtenir l’amplification de l'organe riche en substance utilisable.

Cette exploitation raisonnée de la plante est en somme toujours la mise en valeur des réserves qu'entasse la plante dans ses organes, réserves destinées à la propagation de l'espèce.

Quelquefois, l'horticulteur n’a même pas intérêt à produire une matière industriellement utilisable ; son but est de faire développer d'une façon anormale

soit les feuilles, soit les fleurs ou même les fruits, pour donner à la plante une valeur ornementale plus grande. Avec cet objectif, il a encore recours à la sélection ; mais alors l'étude de l'influence de l'alimentation devient d'une grande utilité.

Voici donc la conclusion à tirer de ces divisions:

Pour cultiver une plante quelconque de la manière la plus favorable, il faut d’abord, se bien rendre : compte de son mode naturel de croissance en n'oubliant aucun facteur important de la végétation: composition du sol, régime des eaux et climatérique - et influence de la lumière. Une fois ces points … importants élucidés, on peut élever la plante en lui fournissant artificiellement tout ce que la nature

lui assure naturellement. Puis il convient de voir si ce végétal est parfait au point de vue pratique ; c'est-à-dire si on a intérêt à le modifier en vue de l'obtention de certains produits utiles, ou pour amplifier un de ses organes.

Au cas où la plante répond naturellement au desideratum cherché, l'horticulteur n’a qu'à imiter la nature de la manière la plus servile. Dans les deux autres cas, il convient de procéder à des études et à des recherches destinées à assurer à la plante un rendement maximum.

Les premiers jardiniers n'ont évidemment pas raisonné ainsi. [ls cultivaient leurs plantes en se livrant un peu au hasard, puis arrivaient à savoir après un certain nombre d'années d'expériences culturales, souvent fort onéreuses, quels étaient les meilleurs procédés de multiplication de cette plante, les sols qui lui convenaient le mieux (à peu près exclusivement au point de vue physique), ainsi que le degré de chaleur et d'humidité les plus favorables à son développement.

Ces connaissances si lentes à acquérir et si variables sous les divers climats se diffusaient peu à peu; mais on peut difficilement imaginer quelque chose de moins scientifique. On a toujours en effet, une tendance à généraliser les idées de culture el tel procédé qui entre les mains d’un praticien habile donnait d’'heureux résultats devenait dans un autre cas d’une application difficile. Et, cependant, c’est ainsi que peu à peu l'horticulture avançait. Les faits d'observation s’ajoutant les uns aux autres finirent par former une base d'informations qui permit de donner des règles suffisantes pour la culture générale de tels et tels genres de plantes.

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