ACIDE PHOSPHORIQUE
Ces résultats montrent que l'acide phosphorique contenu dans ces sols en est à peu près pour moitié engagé dans des combinaisons organiques assez facilement solubles. I semble donc rationnel dans les calculs de restitution de ne tenir compte que de l'acide phosphorique soluble dans l'acide acétique.
Cependant, comme les combinaisons organiques se modifient incessamment dans-la terre; l’état même de l'acide phosphorique est éminemment variable d’un jour ou d’une semaine à l’autre.
Nous avons vu que les plantes soustraient au sol une notable quantité d'acide phosphorique, quoique la déperdition de cet élément par les eaux de drainage semble être peu à craindre, étant donné que les propriétés absorbantes de la terre s’exercent sur lui au maximum. Il faut donc dans de nombreux cas restituer à la terre l'acide phosphorique qui lui est enlevé. Dans les terres humifères, où les matières organiques dominent, on peut utiliser avec avantage les phosphates minéraux (nodules broyées, sables phosphatés), des phosphates précipités ou même des scories de déphosphoration moulues. Il ne faudra jamais dans ces sols employer de superphosphates sous peine de s’exposer à de graves mécomptes, dus surtout à la présence de l'acide sulfurique libre.
Une grande quantité d'acide phosphorique incorporée dans la terre ne peut être nuisible à la végétation, quand cet acide est sous une forme non immédiatement soluble.
Pour donner une règle un peu générale sur la nécessité de la présence de l'acide phosphorique dans le sol, on peut considérer qu'une terre est assez bien pourvue en acide phosphorique, quand
elle en contient 1/1000 dont 1/100, au moins, soluble à froid dans l'acide acétique.