‹ Solution de grands problèmesChapitre 53 sur 69 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

Harmonie du christianisme arec l'hisloire générale du monde de la nature, et avec toutes les sciences.

Entre tous les livres connus , la Bible est le seul qui nous fasse connaître l'origine des choses, la création du monde, la formation de l'homme, le berceau de la société et les diverses révolutions physiques, politiques et morales à travers lesquelles le genre humain est arrivé à l'époque où l'histoire profane sort des ombres de la fable. Cette partie de nos saints Livres se justifie assez par sa grande simplicité, par l'extrême sobriété des détails, par l'admirable enchaînement des faits, par le naturel même du merveilleux qui doit nécessairement y entrer ^

i Le meryeilieux est toujours naturel el raisoDcable quand

Les annales des anciens peuples, déduction fuite de ce qu'elles ont d'évidemment fabuleux , s'accordent avec la chronologie mosaïque. L'état intellectuel , politique et moral de la société au moment où elle paraît dans l'histoire^ prouve la jeunesse des peuples , et celle du monde est démontrée par l'aspect général du globe et par les nombreux chronomètres répandus à sa surface ^

il est nécessaire, c'est-à-dire , quand la nature des faits exige l'intervention d'un agent surhumain. C'est la judicieuse observation du législateur du Parnasse latin :

Nec Deus intersit , nisi digniis vindice nodiis

Inciderit.., C'est au contraire heurter la raison que d'attribuer à la nature ce qui surpasse évidemment ses forces : c'est là le merveilleux de la bêtise , répandu avec une incroyable profusion dans les théories modernes qui veulent expliquer naturellement la formation du monde et de ses habitants.

1 M. Cuvier en compte quatre principaux , les attérissements, les dunes, les tourbières, les éboulements. « Partout, « dit ce savant , la nature nous tient le même langage ; partout u elle nous dit que l'ordre actuel des choses ne remonte pas « très-haut ; et , ce qui est bien remarquable, partout l'homme « nous parle comme la nature, soit que nous consultions les « vraies traditions des peuples , soil que nous examinions leur

On ne peut plus parler des monuments astronomiques de TEgypte , connus sous le nom de zodiaques , sans rire des calculs de Dupuis et du niomphe de ses sots admirateurs ^ , « depuis « que , finissant par où naturellement l'on aurait « dû commencer, si la prévention n'avait pas « aveuglé les premiers observateurs, on s'est « donné la peine de copier et de restituer les c( inscriptions grecques gravées sur les monu- « ments, et surtout depuis que M. Champollion « est parvenu à déchilTrer celles qui sont expri- « mées en hiéroglyphes'" . »

« état mural et politique , et le dëveloppement inlclicctucl « (ju'ils avaient atteint au moment où commencent leurs mo- K numents authentiques. )j Discours sur les révolutions de la surface du globe , etc. , p. 1G4. — « Aucun des monuments <( antiques de l'histoire profane encore subsistants de nos « jours, et remontant à une époque certaine , ne contredit la « date assignée au déluge , selon le texte grec de la Bible des « Septante. » Champollion , Résumé complet de Chronoloyie , etc. no 60.

1 Dupuis , dans le Mémoire sur l'origine des constella^ tions , inséré dans le tome 111'' de sa si bète Origine des Cultes , fuit remonter les éludes asîrotiomiques chez les Kj;\ptiens a la modeste époque de quinze mille ans !

2 Cuvier, Discours, etc. p. 209.

— ^6S — Le terrible événement que Moïse raconte au VIF chapitre de la Genèse , événement si obstinément nié par les naturalistes de l'Encyclopédie , est désormais à l'abri de toute contestation. — — Les vallées de dénudation, les hlocs erratiques, les cavernes ossifères , et ce mammouth, qui a laissé , dans les couches diluviennes , des milliers de ses cadavres depuis V Espagne jusqu'aux rivages de la Sibérie^, ce mammouth dont les chairs encore saignantes nourrissent les chiens des pécheurs tougouses'* , voilà autant de témoins irrécusables produits par la géologie, et qui, disséminés sur tous les points du globe ^ attestent l'universalité de la catastrophe. D'un autre côté , la date que l'écrivain sacré lui assigne est confirmée par la marche des deltas, des dunes ^ des moraines,, des tourbières y etc. « S'il y a quelque « chose de constaté en géologie , dit le premier « naturaliste du siècle , c'est que la surface de

1 Cuvier, Discours, etc. p. 334.

2 Tout le monde a entendu parler du fameux éle'phant decouvert en 1799 à l'embouchure de la Lena par un chef longouse , et dont le squelette se voit encore au muse'e impérial de Sainl-Pe'tersbourg.

« notre globe a été victime d'une grande et « subite révolution dont la date ne peut remonter « beaucoup au delà de cinq ou six mille ans^ »

Un fait cependant , que le grand homme regardait comme avéré , je veux dire l'absence des fossiles humains ' , donnait encore prise aux ennemis de la Bible. Obligés de reconnaître l'existence du déluge , ils se hâtèrent de publier qu'il était antérieur à l'espèce humaine. Mais leurs savantes dissertations étaient encore humides , que de plusieurs points de la France et de la Belgique on nous annonçait la découverte de fossiles humains, et M. Cuvier donnait luimême à l'Académie des sciences communication d'un fait aussi important^. — H est vrai qu'il

1 Cuvier, Discours, etc. p. 282.

2 Cuvier, ibld. p. 131. — « Mais je n'en veux pas con- « dure, ajoutait le modeste savant, que l'homme n'existait « point du tout avant cette ëpoque. Il pouvait habiter quelques « conlre'es peu e'tendues, d'où il a repeuplé la terre après « ces éve'nements terribles ; peut-être aussi les lieux où il se •< tenait ont-ils élé entièrement abîme's et ses os ensevelis au - fond des mers actuelles, etc. » p. 138.

3 Se'ance du 11 janvier 1830. — Dép , dans la séance du

— '270 — reste encore quelque doute parmi les géologues sur le caractère diluvien de ces ossements ; mais tous conviennent que l'exploration des dépôts diluviens n'a point encore été faite sur uneéclielk' assez grande pour qu'on puisse en inférer l'inexistence des fossiles humains.

23 novembre précédent , on avait annoncé à l'Académie la découverte simultanée par MM. Chrystolies et Marcel do Serres , dans le département du Gard et aux environs de Montpellier , d'ossements humains offrant tous les caractères de fossiles. — M. Tournai a également découvert dans la grotte de Bize , près de Narbonne , des ossements humains , mêlés à des débris de poterie et à des os d'animaux maintenant perdus , et les matériaux qui les ont ensevelis sont regardés de tous les géologues comme appartenants au diluvium. Voyez Bulletin de la société géologique de France , 1830. — M. Schmerling a trouvé , dans les cavernes de Maëstrich , des tcles qui rappellent , selon lui , les formes africaines. Ces crânes sont mêlés à des restes de poterie , à des aiguilles en os, etc. Voyez Jehan, Nouveau Traité des sciences géologiques , élude Xe.

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