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r.io traite comme son Fils bien-aimé, charmern ses peines , et il s'écriera avec l'apôtre des Indes : « Encore plus, Seigneur, encore plus! »
De là ce calme, cette sérénité, cette allégresse des martyrs au milieu des supplices, que les persécuteurs étonnés n'expliquaient que par la magie, et qui porta souvent les bourreaux à jeter leur hache pour voler au baptême. — De là, dans tous les saints , ce goût , cette passion des souffrances qui leur faisait dire : « Ou mourir , ou souffrir. »
Quel charme indicible ne trouve pas le chrétien , qui se nourrit des pensées de la foi , dans la perspective de celte éternité de gloire et de plaisirs dont il n'est séparé que par le trajet si court de la vie ! L'incertitude du moment de la mort , qui empoisonne la vie du mondain , le soutient , le console , et c'est avec joie qu'il voit tomber pièce à pièce la prison de boue qui retient son âme sur la terre d'exil. — L'ambitieux guerrier qui décou\Te à travers la fumée des combats les murs de la capitale où il ceindra demain le diadème , au milieu d'une population ivre de joie , se plaintil de ses fatigues , sent-il même couler le sang de ses plaies ? — L'amant qui va recevoir au pied
— 2S3 — des autels les serments d'une personne éperclument aimée , s'aperçoit-il des incommodités du chemin, des intempéries de Tair? Eh, comment le soldat du Christ se plaindrait-il des traverses de la vie , lui qui est toujours à la veille d'être couronné roi du ciel et de l'univers ! lui que les chastes étreintes de l'infinie beauté vont plonger d'un moment à l'autre dans une éternelle extase !
Disons donc avec Montesquieu : « Chose ad- « mirable ! la Religion qui ne semble avoir d'autre « objet que la félicité de l'autre vie , fait encore « notre bonheur dans celle-ci. »
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