DOCUMENTS TURCS
NOTE ADRESSÉE PAR RIFAAT-PACHA AU PRII\CE DE lUENS- CHIKOFF, EN RÉPONSE A L'LLTniATUIM DE LA RUSSIE.
« La Porte est constamment animée du désir de fortifier les liens de paix et de bonne harmonie qui existent entre elle et la Russie, et le sultan n'a pas de plus grand désir que de fortifier les liens d'amitié et d'alliance qui l'attachent personnellement à l'empereur de Russie. Disposée qu'elle est à accueillir favorablement les demandes du prince Menscliikofi' qui ne mettent pas en péril sa dignité et son inlépendance, la Porti3 est prèie à accorder, après négociation complète à ce s-.ujet avec l'ambassadeur russe, l'érection à Jérusalem d'une église et d'un hospice russes, se réservant le privilège de d>'nner plus tard, s'il est nécessaire, une réponse déiinitive au pr nce Men-cliikoff sur les propo'it.ons contenues dans la note ann. xf'e.
» La Porte prie, en a ten unt, k prince de prêter son attention aux considér-c.t.ons suivantes : les priviléj:es relit'ieux accordés par les sultans à toutes les communautés chrétiennes sont et demeurent en pleins vigueur, et il n'est jamais entré dans l'esprit du sultan de les changer en la moindre des choses. La Russie, cependant, paraît avoir conçu des doutes à cet égard.
» La Porte s'empresse de lui donner toute assurance, en déclarant solennellement, en face du mondé entier, que les privilèges religieux des sujets ottomans c .retiens et particulièreinent de ceux appartenant à l'Eglise grecque seront à jamais scrupuleusement observés et garantis de toute injure. Quant à conclure avec la Russie un traité à ce sujet, la Pjrte ne pourrait jamais y consentir sans compromettre les principes londamentaux de son indépendance et de sa souverain té. Et quels que soient les liens d'amitié qui existent entre les deux gouverne.nents, cette amitié ne peut jamais' lui imposer un aussi grand sacrifice. Elle se trouve ainsi obligée à décliner la proposition qui lui a été faite par l'empereur de Russie de conclure avec lui une convention qui la lierait de cette manière.
» La Porte s'en remet à l'opinion publique du monde entier, qui ne pourrait jamais permettre une telle violation de son indépendance et de ses droits nationaux, et en appelle à la justice et à la loyauté de l'empereur lui-même. » Signé : rifaat-pacha. »
RÉPONSE DE RESCHID-PAGHA A LA LETTRE EN DATR DU 19-31 MAI DE M. LE COMTE DE NESSELRODE.