‹ Solutions des objections contre la communion fréquente et quotidienne [microforme]Chapitre 13 sur 27 · APPLIED IMAGE · texte numérisé non relu

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d'après l'interprétation de la S. C. des Rites. Cette permission est accordée à tous les monastères et instituts religieux, à toutes les maisons pieuses et à tous les séminaires, grands et petits, qui de droit général ou par autorisation légitime particulière, jouissent de la réserve, et les fidèles en assistant à ces messes satisfont au précepte.

Le 11 sept. 1907, Pie X accorde 300 jours d'indulgence à l'invocation suivante : ( or Jesu excharisticum, cordis sacerdotalis eXemplar, miserere nobis.

Enfin, qu'il suffise, ici, de mentionner les encourage ments accordés aux Congrès eucharistiques, qui tous ont pour but de répandre le culte de l'Eucharistie et la communion fréquente.

Evidemment, c'est le Pape qui insiste, et non pas nous qui ne faisons qu'obéir au Pape. Il veut que le décret du 20 déc. 1903 ne soit pas lettre morte et que l’on fasse pour la communion de chaque jour plus qu’il n'a été fait jusqu'ici. Les actes de son gouvernement convergent tous vers l'Eucharistie, pour nous rappeler qu'il fut un temps où tous les fidèles communiaient chaque jour, et qu'il faut, à tout prix, restaurer les saintes coutumes d'autrefois pour tout restaurer dans le Christ. De sorte que, aujourd’hui plus que jamais, il y aurait matière À péché grave pour un prédicateur, où un confesseur, s’il détournait généralement de la communion fréquente.

Actuellement, il s'agit donc de propager la communion fréquente et quotidienne et on pas seulement de l'accorder à ceux que la demandent ; et le décret n'évoque pas l'idée d’une propagande /ente et secrète, l appelle plutôt la pratique d’une méthode 2nlensive. Qui oserait maintenant dire qu'il n'y a pas lieu de tant

insister sur la diffusion et la pratique de la communion fréquente et quotidienne? {1}

Le respect humain m'empêche d'aller communier

fréquemment

Serait-il bien vrai que vous êtes victime d'une telle faiblesse de caractère et de convictions, si peu admissible chez celui qui à la foi !

Réfléchissez donc que ne pas aller communier pour éviter un sourire, une parole, où mêime un 7egurd, c'est avoir honte de votre destinée surnaturelle, c'est avoir honte de Jésus votre Dieu.

Craignez-vous que l'on dise que vous travaillez pour obtenir un succès dans un examen, une position lucrative, pour gagner honorablement votre vie et celle de votre famille? La foi nous enseigne que notre destinée, c'est le ciel, et vous auriez honte d'entendre dire ou de montrer aux autres que vous travaillez pour arriver à votre destinée, pour obtenir le ciel ? Autant voudrait rougir de votre nature et de votre existence, si vous rougissez de sa fin; autant voudrait pour l'oiseau rougir de voler.

Si vous ne voulez pas vous distinguer des méchants et supporter bravement leurs critiques, vous demeurerez confondu parmi eux pendant votre vie, et, Dieu

{1} Un rapporteur du congrès eucharistique de Jérusalem écrivait : Le salut du monde est dans l'Hoati On le chante partont, et presque partout, hélas ! On agit come si l'on n'y croyait pas. Tout effort poar régénérer le peuple restera sans effet qui n'aura point l'Eucharistie comme m yen et comm but.’

Il ne suffit pas, en effet, qu'il v ait des c nuniants isolés: il faut un courant vers la communion, une sociôt qui commun [1 faut une g ition de chrétiens qui vivent habituellement, et non pur intervalles, de la vie de leur baptéme, et en q suivant le vœu du Sauveur tte vie puiss roitre et ibonder, * Euwo voni at vitaim habount at abindantins | init Fans %

C’est por obtenir ce résultat que Pie X demande une prédication nérale, inteuse et suivie de l'Eucharisti pui ait pour but pratiu de mettre les {mes en contact direct avec Jésus-Christ: car la christiants on le relévement de

la société ne se fera que par la christianisation, Le relèvement d it vidus

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vous en préserve cependant, vous serez confondu parmi eux dans la mort, car Jésus a dit qu'au jour du jugement il rougirait de ceux qui auraient rougi de lui pendant la vie. (Luc IX-26).

Hélas, de quels maux incalculables, la faiblesse et la peur de bien faire sont cause.

Dans une maison d'éducation, il arrive parfois que l'on taquine et critique les maîtres et les professeurs, ne voulant jamais leur rendre justice en quoi ce soit, et le respect humain fäit trouver de bon ton toutes ces critiques et ces taquineries. Poussé par ce sentiment, et voulant paraître quelqu'un aux yeux des autres on Va jusqu'à pratiquer soi-même l’'arrogance et l'insubordination.

Quand quelqu'un lance une phrase à double :ens, ou débite un conte grivois, on ne trouve pas le moindre mot de désapprobation : quand un autre jette dans le discours une parole malsonnante, on en rit ; et afin de ne pas passer pour bigot ou scrupuleux, on approuve, on applaudit, on y ajoute du sien, on va même parfois Jusqu'à rivaliser en obscénité et l'on acquiert ainsi parmi les gens livrés aux bas plaisirs, la triste réputauon d'être un joyeux Compagnon, un garçon qui sait vivre et fait vivre les autres.

Cependant, au commencement, on était bon, on souffrait de toutes ces choses, on les désapprouvait dans le fond de son cœur, mais on n’a pas eu le courage de vaincre le respect humain, et quand on ne vaine pas, on est vaincu. Voilà comment on finit par être semblable aux méchants. =

L'esclave du respect humain, au milieu des autres, ressemble au pantin qui suit machinalement tous les mouvements qu'on [ui imprime au moyen d'un fil, Il suffit d’un sourire, d'une parole, pour imprimer telle

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ligne de conduite à celui qui est trop lâche pour avoir une volonté et une énergie, et se conduire par luimême, car ce qu'il redoute comme le plus grand mal, c'est une pointe d'ironie ou un sourire sarcastique.

De là résulte un laisser faire, une abstinence de vie chrétienne pratiquée ouvertement et qui constitue un danger réel pour la société et pour l'Eglise spécialement.

C'est ainsi que par respect humain, un jeune honime aura honte de prier avant et après les repas, de courber profondément le genou dans l'église, de prendre de l'eau bénite et de bien faire le signe de la croix, de montrer du respect et de la vénération pour les images des saints, les personnes et les choses consacrées à Dieu, de prendre une posture pieuse, convenable et modeste, dans la maison du Seigneur ou pendant la prière, de s'approcher souvent du tribunal de la Pénitence et de la sainte Table. Il craint la risée des autres.

Il affecte dans tous ses exercices religieux, un sans gêne et une froideur qui lui répugnent tout d'abord, mais qui, hélas! finissent infailliblement par entrer dans sa vie intime, et dont il ne pourra se défaire plus tard. Ce n’est pas de lui que l’on pourrait raconter le trait suivant. Un jour, à l'école de Saint- Cvr, les élèves, dont plusieurs avaient des idées assez avancées étaient rangés dans la cour, Un mauvais plaisant s'avisa de sortir des rangs et de s'écrier: ‘A qui ce chapelet que j'ai trouvé ce matin?” On s'attendait, d'une part, à une fusée de rires, et, de l'autre, à un

lâche silence. Un élève digne et simple, tend Joyeuse ment la main : f* À moi dit-il, c'est le chanelet de ma

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première communion, et je vous remercie de l'avoir retrouvé.” Il n’y eut ni rires ni sarcasmes. I] n'y eut

que l'expression plu: où moins avouée de l'admiration Pour un si rare courage. Celui qui avait réclamé le chapelet n'était pas victime du respect humain.

En présence d'un homme qui à grandi avec cette

peur, on se moque de l'Eglise, on la calomaoie, on 1? à l’outra

couvre de boue le sacerdoce, on tourne en ridicule les

e, On fait revivre contre elle mille préjugés, on

cérémonies sainte s, On travestit le Î [s, on forge des

mensonges, et 1l a pasun mor de défense À opposer, il garde le silence. [Il est désarmé : il fini par se mêler à la foule des misérables jusqu'à s'y confondre, à en épouser les sentiments et les idées ; bientôt :l attaquera à son tour et frappera sa propre mère,

Voilà où conduit le respect humain. De ceux qui étaient doués pour le bien et qui avaient des dispositions généreuses, il fait des poitrons qui ne tardent pas à jouer le rôle du scélérat.

Les vrais chrétiens, au contraire, méprisent la peur du respect humain, Berryer, interrogé par Thiers sur sa religion, lui répond avec une noble franchise : ‘Oui, je fais mes pâques, je les fais même deux fois ; une première fois à Paris, pour montrer à mes collègues du parlement que je ne rougis pas de ma foi, et une seconde fois à ma compagne d'Augervilie, pour l'édification de mes bons villageois.”

De grâce, soyez des hommes de volonté, ayant pour le bien et pour votre perfection une certaine indépendance qui sied bien à l’homme honorable, qui dénote, avec le respect de votre Personne, une conviction ferme et un caractère fortement trempé. Allez votre chemin, foulant aux pieds le respect humain et vous disant à

vous-même: Je vais cCOomMmmunter parceque jen ai besoin, parceque Jésus m'invite à le faire, parceque je veux aller au ciel.

Un jo peut-être, Dieu vous offrira une récompense pour le bi n que vous aurez fait sans vous en apercevoir. Pour vous en convaincre, réfléchissez bien sur le fait suis nt:

Accablé par le découragement, Ozanam était entré dans une église pour puiser au pied du tabernacle le courage qui manquait à sa jeunesse et que ne refuse jamais Celui qui a dit: Venez à moi vous tous qui travaillez et qui pliez sous le fardeau de la vie, et je vous soulagerai. Dans un coin reculé, parmi les bonnes femmes, un homme agenouillé priait dans un profond recueillement. Ozanam l'a reconnu. C'était Ampère, Ampère devenu l’illustre savant, le grand génie qui a découvert la théorie des actions électrodynamiques et qui a pris place à côté de Kepler et de Newton. À la vue de cet homme prosterné, Ozanam se prit à rougir de son découragement et la foi d'Ampère vint affermir son courage ébranlé.

Oh! si vous compreniez la force du bon exemple, quel bien vous pouvez faire inconsciemment à ceux qui vous observent, à votre insu, en étant tout simplement fidèle à nos obligations de chrétien et d'honnête homme car exempla trahunt. Relever le courage de son frère qui tombe, et cela par sa bonne conduite, n'est-ce pas une chose digne de votre ambition. Pour cela, il ne faut pas obéir au respect humain.

Est-il avantageux de s'abstenir quelquefois de la communion par respect ?

C'est le sentiment commun des doc teurs, et spéciale- Æ PE Re Pi ri ês Æ

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noinas, ei du plus insigne des moralistes saint Alphonse, qu'il est beaucoup mieux de communier chaque jour par amour,

que de s'abstenir quelquefois par respect, et cel: Dour les raisons suivantes :

1. Parce qu'en communiant ch ique jour par amour, on procure plus de gloire à Dieu g'ieu s'abstenant quelquefois par respect. ‘Car, dit saint Thomas, la gloire et la bonté de Dieu consistent surtout à se donner tout entier à ses créatures, selon leur capacité ; d'où il est man'feste qu'on lui rend une plus grande gloire en le receuuxr/ qu'en s'abs/enant.”

2. Parce que, comme l'a déclaré Pie X, la communion quotidienne est ardemment désirée par le cœur très aimant de Jésus, et qu'il est toujours préférable de réaliser les désirs divins que de ne pas y répondre.

3- Parce que vous SUPPosez, que, laissant quelquefois la sainte communion Par respecé, vous la faites ensuite avec plus de ferveur et de dévotion : Mais cela paraît inadmissible. En effet, qu'entendez-vous par plus de ferveur et de dévotion ? Est-ce, Peut-être, une plus grande Charité? Mais en communiant chaque jour Par &our, Vous aurez certainement une Plus grande charité que celui qui s'abstient quelquefois par respect, car ce divin Sacrement est précisément institué ‘non Seulement pour accroître la charité habituelle, mais encore pour exciter la charité actuelle ”. Entendez- VOUS par plus grande ferveur et dévotion, le sentiment de la charité elle-même ? En ce cas, je vous réponds qu’il vaut mieux avoir un degré de plus de charité sans en avoir le sentiment, que d'éprouver ce doux sentiment avec un deyré de moins de charité

4 Parce que, communiant dévolement tous les jours, tous Îles jours aussi S'auymente en vous la charité habituelle et actuelle. Alors il est impossible que ne croisse pas de même ce respect Aabr/uel et actuel, pour lequel vous voudriez vous Priver quelquefois de la

sainte communion. Car non seulement ‘la charité est la mère de toutes les vertus qu'elle produit ” et ‘* la forme ” qui les anime : elle est, de plus, ‘‘ leur fondement et la racine qui les soutient et les nourrit ”, et, des lors, il est impossible que cette vertu divine, croissant en nous, n'y fasse pas croître simultanément toutes les vertus, parmi lesquelles se trouve certainement celle du respect pour l'auguste Eucharistie. II en résulte donc qu'une âme qui reçoit chaque jour dévotement Jésus dans la COMMUNION, aura pour Lui plus de respect habituel et actuel que celle qui se tient éloignée par respec£ : telles étaient certainement sainte Gertrude, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse, sainte Jeanne de Chantal et d'autres saintes âmes qui ne se privaient pas de la communion quotidienne.

5. Parce que, chaque fois que vous communiez, vous faites assurément un peu de préparation avant de recevoir l'auguste Sacrement, et que, communiant tous les jours par amour, tous les jours ‘vous acquérez le mérite de cette Préparation, même st elle est très courte ‘” —c'est le mot de saint Thomas quantulacumque mérite que vous perdez quand, par respect, vous omettez la communion.

6. Parce que les jours où vous communiez par amour vous faites un acte de charité, et les jours où vous vous en abstenez vous faites un acte d'humilité Or, ne SAVEZ-VOUS pas, qu'un acte de charité, qui vous #1

directement à Dieu ”’, est bien plus méritoire et partant

beaucoup meilleur qu'un acte d'humilité, ‘ qui vous prépare seulement à cette divine union ? ” Est-ce que la charité n'est pas ‘la plus excellente de toutes les vertus ”, celle ‘‘ qui renferme la racine de tous nos mérites ? ?

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