OBJECTIONS RELATIVES AU SACREMENT DE PENITENCE
Le Sacrement de Pénitence
Il y a parfois des âmes timorées qui ne pensent jamais au tribunal de la Pénitence sans éprouver des craintes et des appréhensions qui les jettent dans le trouble ; elles se posent mille questions et presque. jamais elle ne sont en paix tant pour la confession qu'elles se proposent de faire prochainement que pour celles qui sont déjà faites.
De plus, si nous rappelons à ces âmes que Jé sus nous invite, nous presse de le recevoir tous les ; jours dans la sainte communion, elles croient qu'elles doivent alors se confesser tous les jours, ou à peu près ; sans cela elles ne seraient pas tranquilles.
Pour que nous puiss'ons, dans l’un et l’autre cas, agir en toute sécurité de conscience, avec la paix douce et réconfortante que souhaite l’Apôtre, nous croyons utile de rappeler sommairement la doctrine relative au sacrement de Pénitence et de résoudre quelques points ‘pratiques qui embarrassent ordinairement ceux qui veulent s'approcher tous les jours du céleste banquet
La donnant ces notions sur le sacrement de Pénitence, nous voulons uniquement contribuer à éclairer les âmes sur leurs véritables obligations, et par là faciliter la fréquentation de la sainte Table, mais nous ne voulons nullement amener un changement dans l'habitude si bonne et si louable qui existe chez un grand nombre de personnes, de se confesser souvent et de £s'v prép: irer touiours avec beaucoup de soin, n’eus-
sent-elles que des fautes vénielles ou de légères i imper-
fections.
Nous espérons que ces pages bien comprises chasse-
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ront les scrupules qui pourraient naître dans nos consciences, en nous rappelant que si la confession fréquente apporte à l'âme de grands avai ‘ages, il n'y a cependant aucune obligation stricte de le f: ire : et conséquemment, si un confesseur juge bon de demander à un pénitent de diminuer la fréquence de ses confessions, tout en continuant ses exercices ordinaires de piété, celui-ci Pourra plus facilement accepter la direction qui lui sera donnée, sachant déjà distinguer par lui-même ce qui est de précepte et ce qui est de conseil,
Nous voudrions aussi, dès Maintenant, fixer l'attention de tous sur cette vérité consolante, à savoir que nous vivons sous la Loi nouvelle, qui est celle d’une grâce plus abondante et d’une plus grande miséricorde. Jésus, en effet, ayant voulu nous rendre plus facile l'œuvre de notre Sanctification, a fait annoncer À la terre la bonne nouvelle, par ce chant céleste : Gloire à Dieu dans le ciel et Paix sur la lerre aux hommes de bonne volonté. (Luc, II. 14.)
C'est-à-dire que celui qui a de la bonne volonté doit trouver et posséder cette Paix qui surpasse les sens et que l'enfant de Bethléem est venu apporter à tous ; c'est dire que personne ne doit trouver dans les moyens de sanctification mis à notre disposition par le Sauveur, et en particulier dans la confession de ses fautes, un sujet de torture et d'angoisse pour le cœur, mais la paix douce et remplie d'espérance.
De l'examen de Conscience en général
C'est un article de foi défini Par ie Quatrième concile de Latran et le concile de Trente que le pécheur, pour Obtenir son pardon, doit confesser /ous ses péchés 0/1, sans en excepter aucun. Il s'agit ici des péchés
mortels dont on se souvient après un examen convenable : ceux que l’on ne peut se rappeler après un semblable examen sont pardonnés en même temps que
les autres. Si néanmoins les péchés ainsi omis revenaient
à la mémoire, il faudrait, tout pardonnés qu'ils sont,
les accuser à une confession ultérieure.
Cet examen convenable est nécessaire. Cependant il faut bien comprendre qu'il ne s’agit pas ici d'une nécessité absolue mais relative, c'est-à-dire que cet examen est nécessaire pour ceux-là seuls qui en l'omettant, s'exposeraient à oublier des péchés mortels.
Pour les chrétiens donc, qui avec la grâce de Dieu, ne commettent jamais de péchés mortels, ou pour ceux qui en commettent rarement, et qui s'en confessent immédiatement ou peu de temps après être tombés, il ne peut pas y avoir danger de les oublier en confession. Partant, ces chrétiens sont, en foute rigueur théologique, dispensés d'examiner leur conscience, soit parce qu'ils ne commettent pas de fautes graves, soit parceque, s’il leur arrivait d’en commettre une, il leur serait impossible de l'oublier, ne fissent-ils pas le moindre examen.
Il en serait tout autrement de ceux qui commettent d'ordinaire un plus grand nombre de péchés mortels et se confessent plus rarement. En ne faisant pas d'examen, ils s’exposeraient à un danger réel d'omettre quelques-uns de ces péchés ; et, par conséquent, ils sont certainement tenus d'examiner leur conscience avant de se confesser.
De plus cet examen doit porter sur ce qui constitue la matière obligée de la confession, c'est-à-dire sur l'espèce des péchés, leur nombre et les circonstances qui en changent l'espèce, Il n’y à pas d'obligation de
s'examiner sur les circonstances qui ne font qu'accroître
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