‹ Solutions des objections contre la communion fréquente et quotidienne [microforme]Chapitre 7 sur 27 · MENU · texte numérisé non relu

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mille imperfections. Humiliez-vous, c'est célébrez chaque jour, car telle e

bien ; mais st la volonté de Dieu.” Appliquez-vous ces paroles et communie lour, car tel est le désir de Jé délices d'être avec les enfants des hommes.

z chaque SuS Qui a voulu fair: s

Pour communier sou nt, il faut être

Plus saint que je ne le suis .

Et je dis que pour être plus faut communier souvent.

Votre raison suppose que la communion est une récompense et non un moyen, ce qui est une erreur profonde. Considérez que les dispositions suffisantes Pour communier quelques fois sont aussi suffisantes

Pour communier tous les jours. Ceci ne souffre pas de

contradictions. Or ces dispositions suffisantes sont

l'état de grâce et la volonté sincère d'éviter le péché mortel.

Saint Thomas avait dit : ‘ Le seul péché mortel est un obstacle absolu à la sainte communion,” et Bourdaloue avait fait remarquer qu'il ne faut pas confondre ce qui est de précepte et ce qui est de conseil, car c'est cette confusion qui. embrouille notre piété et, depuis deux siècles, dépeuple nos églises. Le décret de 1905 a établi d'une manière définitive que la seule disposition de précepte pour communier dignement et utilement, c'est l'état de grâce accompagné du ferme propos d'éviter les fautes graves. C'est la sainteté dont nous avons parlé plus haut.

Que des dispositions plus parfaites, une sainteté plus 2rande soient désirables, qui oserait en douter ? Mais enfin ces dispositions meilleure

saint que vous n'êtes, il

s sont de convenance, de

conseil, et non de précepte rigoureux.

directeur des âmes, tout

Aussi, un bon en les recommandant vive-

ment, ne? les exige pas d'une manière absolue, de peur de priver les âmes du seul remède qui les préserve peut-être de chute s plus graves.

Si vous avez cet état de grâce et cette bonne volonté d'appartenir à Dieu, si vous avez cette sainteté suffisante, pourquoi ne pas aller communier pour l'affermir et J'augmenter : ? si vous ne l'avez pas, pourquoi ne pas l'acquérir par une bonne confession ? Ecoutez ce que ra ut aux fidèles de Constantinople leur grand arche-

'èque « .. >an- stagne : Ou bien vous êtes pes la grâce de Dieu, ou bien, vous n'y êtes pas. Si vous v êtes, pourques ne en recevoir la sainte communion quie est instituée pour vous y maintenir? Si vous êtes en état de péché, pourquoi ne pas aller vous purifier par une bonne confession et ne pas vous présenter ensuite à la Table sainte où vous recevrez la force de ne plus succomber ? ”’

‘* Prenez garde ”, dit saint Cvrille d'Alexandrie, c'est le diable qui, pour nuire à votre Âme et la priver du

‘ps du Christ, inspire ce genre de respect.”

D'ailleurs, le décret de 1905 a déplacé l'axe des questions agitées autour de la communion fréquente et quotidienne. Jadis, tout se réglait sur les dispositions requises, aujourd'hui, tout repose sur les désirs de Jésus et le besoin des âmes. Mettre en premier lieu le dr res et l'honneur envers l'Eucharistie, et pour cela

éloigner de la communion quotidienne, € rs s'appuyer sur des raisons qui ne sont que des prétextes infectés du virus janséniste.

Réfléchissez bien sur le trait suivant.

Le général Lamoricière, revenu à Dieu, s'entretenait un jour de la communion fréquente avec sa pieuse filie et le < uré de sa paroïsse.—TJe crois, dit-il, qu'il ne faut vas communier souvent.—Son curé répondit : Tous

Nous ne Sommes ras dignes de le faire ;: mais nous en

avons hesoin. La communion n'est pas la récompens : 15 la ve-ty, mai: le moyen de la pratiquer. Le général, Lres un instant c'e réflexion, dit au prêtre : Monsieur le curé, on m'avait donné mille mauvaises raisons contre la communion fréquente, vous ne m'en donnez qu'une bonne pour, elle me suffit. Puis, se tournant vers sa jeune fille : Communie tant que tu pourras, lui dit il. Lui-même l'accompagna ensuite souvent à la l'able sainte et, dans ses communions, il versait des larmes de joie, lui que les plus grands dangers n'avaient pu émouvoir sur les champs de bataille, Qu'il en soit unsi pour chacun de nous qui avons résisté À l'invitation de Jésus, appuyés sur de fausses raisons. Je commets tous les jours des péchés véniels

Vous commettez tous les jours des péchés véniels, le décret a prévu votre cas.

Il reconnait qu'il y a de grands avantages à être purifié des péchés véniels pour communier tous les jours où fréquemment. Cette pureté plus parfaite, en effet, ouvre l'Âme plus librement à la venue du Christ : elle dispose mieux A l'union avec lui par l'amour, attendu qu'elle atteste une conformité plus étroite de la volonté de l'homme avec celle de Dieu. Cependant le décret ne prescrit pas cette disposition comme nécessarre, il en indique le dégré pratiquement accessible À lx bonne volonté, et il enseigne rue c'est surtout de La communion quotidienne qu'il fut tendre la délivrance du péché véniel, pour autant ja on la peut obtenir ici-bas.

Que celui-là donc qui, sans exclure les intentions plus élevées du plaisir à procurer à Dieu et du saint amour à développer dans son cœur, se sentirait sur/ou/

poussé par sa misère à recourir À la communion, y vienne hardiment tous les Jours. (C'est, en effet, une intention très droite et très pieuse que d’honorer Jésus eucharistie comme le remède Par excellence, en lui apportant nos maux spirituels à guérir, Puisque Île Sauveur a dit : Prenez et mangez-en tous * L« r ceci est mon corps livré et mon sang répandu pour la rémission des péchés,

C'est pourquoi les saints Pères, loin d'enseigner à ne pas faire la communion quotidienne quand on pèche véniellement tous les jours, exhortaient, au contraire, les fidèles à communier tous les Jours, précisément Parce qu'ils commettaient des péchés véniels tous les jours. ‘‘ Parce que vous péchez chaque jour, disait saint Augustin, communiez donc chaque jour.” Et dans nn autre endroit : ‘* Portez l'innocence {l'état de grâce) à l'autel ; quant à vos péchés, bien que quotidiens, il suffit qu’ils ne soient pas mortels.”

D'après tout ceci, voyez, si ce n’est pas une crainte vaine que l'appréhension de mal faire en communiant dévotement, tous les jours, à cause des fautes vénielles dans lesquelles vous tombez tous les Jours. N'’avezvous pas plutôt à craindre de vous affaiblir par vos pecnés véniels quotidiens, et de voir votre continuelle infirmité cesser d'être légère pour devenir grave, si vous ne prenez pas le remède quotidien du corps du Seigneur ?

Je veux dire que, négligeant de communier souvent et tous les jours, vous risquez de tomber du péché véniel dans le mortel. Car non seulement la divine Eucharistie nous guérit de nos fautes légères

quotidiennes, mais elle a encore la vertu de nous préserver de la blessure du péché mortel comme le Î ?

démontre le Docteur angélique et comme nous l'e gve le concile de Trente.

Je vous supplie donc, de ne pécher jamais même véniellement et de ne PaS Causer, avec pleine advertance, la moindre douleur au cœur Si amoureux de

notre doux Sauveur. Mais Puisque votre misère ect

si grande, que malgré vos bons Propos ‘tous les jours

VOUS Cor nettez des péchés véniels ”, je vous dis ‘de

communier tous les jours.” Je vous le répète, non

seulement avec le grand évêque d'Hippone, mais avec tous les autres Pères de l'Eglise qui ont écrit sur: la

Sainte communion, En effet ‘‘ la sentence : Parce que Tous pêches chaque Jour, Communtesz donc chaque jour n'est pas particulière à saint Augustin ; en considérant bien, on verra facilement qu’elle exprime le sentiment unanime des Pères sur la question. Et c'est avec raison, car péchant toujours, toujours vous avez besoin du remède,

Ainsi donc, quant à ces fautes vénielles, inhérentes À la faiblesse humaine, le décret de 1905 déci .° Peuvent jamais être un obstacle à la réception fructueuse de l'Eucharistie, De plus, la foi nous enseigne expressément qu'un acte sincère d'amour de Dieu et de repentir suffit pour nous en Purifier complétement ; et pour nous faciliter cette Purification, l'Eglise, dans sa sollicitude maternelle, a établi, sous le nom de sacramentaux, des moyens très simples dont l'emploi purifie nos consciences : tels sont le signe de la croix avec de l’eau bénite, la récitation du Pater, du Confiteor à la messe, les prières publiques prescrites par l'Eglise, Ja manducation des äliments bénits par l'Eglise, les aumônes et bonnes œuvres prescrites par l'Eglise, les bénédictions du Pape, des évêques et prêtres.

nsei-

are qu’elles

Et puis encore une fois, rappelez-vous que le concile de Tren.: déclare que ‘‘ la sainte communion préserve du péché mortel et efface les péchés véniels.”

Entendez bien cette parole : ce n’est pas la confession mais la communion (dont vous avez peur), qui a été instituée pour enlever vos fautes journalières. Avec un acte d'amour de Dieu, la communion dévorera vos péchés véniels, comme le feu dévore la paille. Si votre cœur est à Dieu communiez donc hardiment et avec joie, malgré vos infirmités quotidiennes ; ne craignez pas de fatiguer Jésus.

Je conserve de l’affection Pour certains péchés véniels

Eh bien, l'exemption des péchés véniels délibérés— encore qu'elle soit très avantageuse et qu'on puisse sans trop d'illusion l’attendre des âmes de très bonne volonté: bien qu’il soit très bon aussi de la susciter et de la cultiver avec grand soin—cette exemption n'est pas nécessaire, même pour la communion quotidienne.

La troisième règle du décret est ainsi formulée : S'il est très avantageux que ceux qui font la communion fréquente et quotidienne soient exempts des péchés véniels, au moins pleinement délibérés et de l'affection 4 ces péchés, néanmoins il suffit qu'ils soient purs de fautes mortelles, avec la résolution de n'en point commettre © l'avenir.

‘* Or, cette résolution, si elle est sincère et soutenue par la communion quotidienne, dit le décret, ne peut Pas ne pas avoir pour résultat de débarrasser l'âme des chutes dans le péché véniel et des affections qui y retiennent l'âme,”

Autrefois, les adversaires de la Communion quotidienne prétendaient qu'on n'y pouvait être admis ?’que si l’on ne commettait plus de péchés véniels délib érés

€t que si l’on avait vaincu toute ättache, toute affection à ces péchés. Ils n'accordaient même que difficilement la communion fréquente à qui ne présentait ces deux conditions : de sorte qu'ils demandaient ce double résultat bien plus à l'effort de l’homme qu'à la grâce du sacrement, et qu'ils aggravaient singulièrement les conditions nécessaires pour le recevoir.

Aujourd'hui le décret déclare que le Péché véniel habituel, c'est-à-dire commis et non encore purifié n'est Jamais obstacie À la Communion même quotidienne, et qu'il est dans les propriétés de l’'Eucharistie d'en effacer les taches et d'en détruire les liens : mais à condition que, contre ces fautes qui sont fatalement de tous les jours, on se munisse tous les jours de ‘* l'antidote qui délivre des fautes quotidiennes ”, selon le mot déjà rappelé du concile de Trente.

La doctrine sur ces questions se résume donc ainsi : il y a de grands Avantages à être exempt du péché véniel délibéré et de l'affection 4 ce péché pour la communion quotidienne, mais il suffit de l'exemption du péché mortel ; la délivrance des péchés véniels quotidiens s'obtient par la communion quotidienne.

En communiant Souvent, je crains d'étonner et de Scandaliser les personnes qui me CoOnnaissent

Quelqu'un, en effet, Pourrait dire, si les

Sont pas très parfaites et

ment et même quotidie

breux seront pour les

les commun

arquera-t-on, qui

sait pas vaincre son ressenuer le prochain, elle montre

toujours de l'impatience, de l'ambition, de la vaine gloire, etc.

À celui qui parlerait ainsi il suffirait de répondre : c'est vous, semble-t-il, qui êtes un sujet de scandale pour les fidèles avec qui vous vivez, en enseignant qu la communion fréquente et quotidienne exige un dé

e cré de sainteté plus avancé.

Par là vous donnez à entendre que ceux qui commuaient sans avoir la perfection exigée Par vous aousent du sacrement. Cesse.. d'enseigner une pareille doctrine; enseignez plutôt avec les Pères de l'Eglise, le cencile de Trente, et Pie X, que la communion est défendue uniquement à ceux qui sont coupables de péché mortel, que la communion comporte les péchés véniels, que même elle les efface où elle les trouve, et il ne sera plus question de scandale.

Si je me mettais à enseigner qu'il est défendu de faire STaS non-seulement le vendredi, mais même le mercredi, ceuX qui ajouteraient foi à mes Paroles, ne pourraient voir, sans en être scandalisés, des chrétiens faire gras le mercredi. Ici il est clair que le scandale viendrait uniquement de mon enseignement erroné : l'application est facile À faire au cas précédent.

Non, qui vit a le droit et le devoir de conserver sa vie, et la Communion est toujours du même prix ; elle n'augmente pas de valeur Pour être donnée plus souvent. Il faut pour la communion de demain la même disposition que pour celle d'aujourd'hui, mais pas plus. Pourquoi la communion de Pâques ou celle de chaque mois devrait-elle se donner au rabais et les communions plus fréquentes coûter plus cher ?

Chacune d'a!

UE deles contient le même Christ à quiil a plu de se faire l'aliment nécessaire de tous ses membres

et de n'exiger, Pour se donner qu'ils soient vivants de l'état d Personne n’a le droit d’inte de l’économie Sacramentelle tions du Christ, et il Y aurait raire à vouloir se Montrer plus difficile que lui. N'abandonnez dons Pas la communion quotidienne par la vaine crainte de scandaliser ceux qui connaissent vos imperfections et les péchés véniels que vous commettez chaque jour. Craignez plutôt de ue pas donner le bon exemple, si on ne vous voit PAS, vous qu'on sait misérable et infirme, recourir, autant que possible, Journellement à Celui qui est la Source de la miséricorde ; si on ne vous voit pas recevoir, le contre-poison de vos péché l'Eucharistie. Car ‘« de l’âme et du spirituelles. ” D'ailleurs qui sont ceux qui lisés? Parlez-vous ici de ç

à eux, autre chose sinon e grâce,

rvenir dans la constitution Pour modifier les instituquelque chose de témé-

tous Îles jours, S Quotidiens contenu dans ce divin sacrément est le salut Corps et le remède de toutes les maladies Pourraient être scandaes demi-chrétiens, de cette foule de gens qui ne comprennent rien aux choses de Dieu, tout en observant quelques Pratiques de religion ? Vous Savez bien qu'il ne faut faire Laissez-les dire ; leur bl

S'agit-il au contraire, que jamais vous ne ne les étonnerez jam

aucun cas de leurs critiques.

âme est Presque un éloge.

de personnes Pieuses ? Soyez sûr les SCandaäliserez, que même vous ais, Si Vous vivez en véritable chrétien, sincèrement désireux de vous Sauver. Cependant, S'il y avait évidemment chez VOUS une négligence notable à réprimer votre Mauvais Caractère, À conformer votre vie de chaque jour 4 vos pratiques relioi

FÉsgicuses; si c'étaient toujours jes mêmes impatiences, le

les mêmes gourmandises e ètre, enfin le même détail

s mêmes médisances, t soins douillets Pour le bien- . Ü Fe a Innombrable de défauts qui

sont plus que des imperfections et qui ne peuvent échapper aux regards d’une conscience quelque peu soucieuse de sa sanctification, je vous dirais, non pas d'abandonner vos communions, /ozn de Là, mais de vous armer de plus d'énergie, pour mener une vie plus sainte et plus digne de Notre-Seigneur Jésus €hrist.

[I y a, je le sais, même parmi les bons chrétiens, des personnes peu éclairées et qu’un rien scandalise. Tout en prenant garde de les blesser, il ne faut pas trop se préoccuper de leurs dires. Vous aurez beau faire, vous ne pourrez Jamais contenter tout le monde. Cherchez à plaire à Notre-Seigneur ; ayez toujours une intention droite, recueillez avec humilité les jugements divers que les gens de bien portent sur votre conduite, et tirez-en, s'il y a lieu, du profit pour vous amender. Dans vos doutes, adressez-vous en toute simplicité à un prêtre éclairé dans les voies de Dieu, à un directeur

“expérimenté qui vous conduise se/on l'esprit de l'Eglise et référez-vous à son avis.

Il faut s'accoutumer, disait Fénélon, à voir des fidèles qui commettent des péchés véniels, malgré leur désir sincère de n’en commettre aucun et qui, néanmoins, communient avec fruit tous les jours. Il ne faut pas tellement se choquer des imperfections que Dieu leur laisse pour les humilier, qu'on ne fasse aucune attention aux fautes plus grosstières et plus dangereuses dont le remède quotidi.: Les Préserve. Pourquoi se scandaliser quand on voit que des bons laïques, pour mieux vaincre leurs imperfections et pour mieux surmonter les tentations du siècle corrompu, veulent se nourrir de Jésus-Christ ?

Veillez donc ävec soin sur vous-même, méfiez-vous du scrupule autant que du relâchement. Chaque jour,

allez communier, renouvelez vos bons propos et 9ccupez-vous le moins possible du qu'en-dira-t-on,

A quoi bon cCommunier souvent ? J'en Connais qui le font etn'en :eviennent pas meilleurs

D'abord, en admettant la vérité de ces critiques, il ne s’en suit nullement que la communion soit inutile pour ces personnes.

Savez-vous si, en S'éloignant de la sainte Table, elles ne deviendraient pas dix fois pires ? Savez-vous si la communion ne les a pas empêchées, à certaines heures, de vous nuire et ne les à pas décidées à vous Pardonner, à vous défendre, à vous servir peut-être à votre insu ? Savez-vous si elle ne les 4 Pas retenues sur la pente du vice ou leurs passions les auraient entrainées, et n’a pas épargné au monde bien des scandales et bien des malheurs ? Ceux qui communient Souvent, sans pourtant devenir plus vertueux perdraient ce qu'ils ont de vertu s'ils communiaient plus rarement.

Une personne S'exprimait un jour, dans un langage Populaire, mais de manière à bien faire saisir la doctrine sur ce sujet. Quelqu'un lui ayant reproché de communier tous les matins et de se laisser emporter, assez souvent, par des mouvements de colère, elle répondit tout simplement: si je n’allais pas communier ainsi tous les matins, je tuerais, Elle avait raison ; voilà, dans bien des cas, l'effet de l'Eucharistie. Gardons-nous de jugernos frères ; laissons ce soin à Dieu.

Ne serait-ce PAS, peut-être, un vilain sentiment de Jalousie ou d'amour-propre blessé qui vous rend ainsi sévère envers ceux dont la dévotion 4 l'Eucharistie condamne votre indifférence envérs ce sacrement ? Et Pour quelques taches qui vous cffusquent en eux, ne les chargez-vous pas injustement ? ‘Si je voulais les

dé =

justifier, s'écriait Bridaine, je vous dirais que pour quelques défauts que vous apercevez en eux et que vous exagérez, ils ont mille vertus que vous ne remarquez Pas Ou que vous vous efforcez avec malice de diminuer. Car, il faut l'avouer, les gens du monde commettent généralement cette horrible injustice : une imperfection, d'après eux, est un crime dans les personnes qui font usage des sacrements : mille vertus sont des riens ou des apparences trompeuses. Je vous dirais ce que Jésus-Christ disait aux hypocrites : ‘ Vous voyez une paille dans l'œil de votre prochain et vous lui reprochez de légères faiblesses, et vous ne voyez pas la poutre dans votre œil, vous ne vous rendez pas compte de vos crimes énormes et de votre monstrueux libertinage.” (Sermon XXV.)

Je n'ose sius communier Souvent, car je tombe toujours dans les mêmes fautes

Et croyez-vous que vous serez meilleur quand vous communierez moins.

Si vous avez des défaillances, tout en prenant votre nourriture ordinaire, que sera-ce lorsque vous ne mangerez plus, ou presque plus? Au lieu d'être faible, vous mourrez de faim. S'éloigner du pain des forts, c'est centupler sa faiblesse et les chutes graves suivent alors presque nécessairement.

Comme saint Ambroise comprenait mieux la vie quand 11 disait : ‘ Je pèche tous les jours, j'ai donc besoin du remède tous les jours.” Et encore : # Ce pain de chaque Jour, nous le prenons comme le remède de l'infirmité de chaque jour.”

C'est ce que fit comprendre un jour la sainte Vierge À Sainte Françoise Romaine, troublée du peu de progrès qu'elle remarquait en elle à la suite de ses communions.

rs

‘Ma fille, lui dit-elle avec tendresse,

les fautes que tu commets ne doivent pas

t'éloigner de la sainte Table ; elles doivent au contraire t'y porter divantage, Puisque dans le très saint ‘acrement de l'autel, tu trouves le remède à toutes tes misères.’

La communion, mêine quotidienne, préserve des péchés graves, mais ne rend Pas 2mpeccable. Tant que nous sommes en ce monde, nous péchons, et les meilleurs d'enire nous ne Sont, à vrai dire, que Îles moins mauvais, Soyons patients avec nous-mêmes et SUPportons-nous, puisque Jésus nous supporte,

Ainsi ont fait les Saints, ainsi faisaient les premiers chrétiens, Ils Communiaient tous les Jours, comme l'affirme catégoriquement le décret de 1905, qui témoigne du règne de la Communion quotidienne non seulement dans l'église de Jérusalem, mais dans Les sècles suivants, st des grands fruits de perfection et de sainteté qui en provenaient, au témoignage des saints Pères et des écrivains ecclésiastiques.

Cependant ces Premiers chrétiens n'étaient pas tous des saints. Les écrits des apôtres et les documents qui nous restent des temps primitifs de l'Eglise nous Prouvent surabondamment le contraire,

Il n’est pas une seule de ses Epitres où saint P reproche à un grand nombre d'entre eu leur inconstance, leur ingratitude, leur intempérance. Saint Cyprien se plaint avec amertume des faiblesses, des défaillances des chrétiens de Carthage. Saint Augustin et d’autres e taient les mêmes misères. Donc, n'étaient pas tous des saints,

Niainsé #4

— Tu CUL LUUS IES jours.

aul ne x leurs divisions, leurs négligences,

ncore constales premiers chrétiens

La communion quotidienne ne

les rendait pas impecleur épargnait

Cables, mais elle les Sanctifiait fortement,

beaucoup de fautes graves, en faisait parvenir un grand nombre à des vertus incomparables et donnait, à plus de dix millions, la force du martyre.

Il en sera de même de nous. Sans nous rendre parfaits, la sainte communion diminuera peu à peu nos défauts et nous fera croître insensiblement en piété et en sagesse.

Ne vous étonnez pas si cette transformation ne se fait pas en un jour. Combien d'années ne faut-il pas pour qu'un enfant devienne un homme? Le voit-on grandir ? I grandit chaque jour cependant ; c'est un travail caché, mais très réel, auquel contribue chacun de ses repas.

Ne vous étonnez pas non plus si vous retombez dans les mêmes fautes. La piété et la communion, en perfectionnant notre nature, ne la détruisent pas ; sous l'action sanctifiante de Jésus-Christ, chacun de nous conserve sa personnalité et le germe de ses défauts dominants. C'est ce germe, ce côté faible que le démon cherche à exploiter sans cesse ; et « est de là que procèdent ces rechutes, hélas ! trop frégnentes, qui fatiguent et humilient les chrétiens, mais qui ne doivent jamais les abattre.

Si vous pouvez vous rendre ce témoignage que vous n'aimez pas le péché grave et que vous voulez servir Jésus-Christ avec fidélité, ne vous troublez pas de vos fautes journalières ; la communion vous en purifiera, comme l'enseigne le concile de Trente et le décret du 20 déc. 1905.

Quand un mur penche on y met des étais, sinon pour le redresser, au moins pour l'empêcher de tomber. Si vous ne communiez pas, vous corrigerez-vous? (1)

[1] On va répétant souvent après sainte Madeleine de Pazzi “ qu'une seule communion suffirait à nous sanctifier,' si nous y apportions une grande

Al

le Le

Se,

Quand on communie souvent, cela ne fait plus d'effet

Nous contestons que ce soit le cas ordinaire. Un que plus leurs complus elles sont froides et

grand nombre d'âmes constatent munions sont rares, Il est vrai que 1 des choses mais |

sèches.

‘accoutumance nous dégoute de bien a grâce est plus forte que l'accoutumance, et quand Dieu voit nos efforts sérieux, il peut, S'il le juge utile à notre âme, nous faire trouver, dans l'aliment divin, ce goût varié et mis dans la manne du désert delectamentum in se habentem.

D'ailleurs il ne peut être question, ici, que de l’effet Sur l'imagination et sur le:

s nerfs, c'est-à-dire, de la dévotion sensible, et, en admettant qu'un accroissement de ferveur sensible suit les longues

ristiques, l'avantage qui en

délicieux qu'il avait Panem de cælo omne

abstinences euchadécoule ne compenserait

ferveur. Que faut-il penser do cette assertion ? Rieu n'est plus exact si l'on veut dire qu'elle met à notre disposition le tr sor de toutes les grâces, lea sources du Sauveur, pour Y puiser suivant Ja mesure de n08 besoins et de notre Confiance. Il serait encore vrai de dire, neregardant que la puissance de Celui qui daigne descendre dans notre cœur, que Notre-Seigneur peut sanctifier une âme dans une seule visite sacramentelle, comme il peut guérir les malades et ressusciter les morts Par un seul attouchement de sa main divine. Mais la résurrection d'un mort est un miracle fort rare, La sanctification de tous les hommes par une seule communion fervente en serait un autre, Or Dieu ne procède pas à coups de miracle, pas plus dans le domaine spirituel que dans la nature Si donc on entend qu'une seule communion suffit pour nous élever à la plus haute sainteté, ou même Pour nous assurer une sorte d'indéfectibilité dans la voie qui y mène, il faut le nier, du moins dans la conduite ordinaire de la Providence. qui veut que notre âme grandisse comme notre Corps par des accroissements successifs, De même, en effet. qu'un seul repas ne suflit pas à donner à notre corps son plein développement, de méme il faut bien des repas eucharistiques pour que notre âme arrive à Ja perfection et à la “ainteté où Dieu l'appelle.

Soutenir le contraire, c'est admettre gratuitement une e £énérale du progrès sourd et lent de toute vie, du péché originel, de nos fautes antérieures et

xception à la loi

c'est oublier les conséquences

de nos habitudes, c'est aller à 2e This: :

l'encontre de l'expérience des grande s: rviteurs de ü €i des saints, à coininencer par l’apôtre saint Pierre

qui abandonnèrent Jéeus peu de ter nement bonne. Toujours. la sainteté ou simplement bonnes, s'est accrue €

et ses compagnons, privilégiée du Maitre,

nps après une Cemmunion qui était certai- : commencée par des communions ferventes ans des communions successive 8.

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