LL A
dis pas huit Jours, mais seulement trois, saine mancer,
je Vous promets un appétit plus qu'ordinaire Prenez lhabituds d'espacer vos repas de trois en trois jours. Sera-ce le régime Je plus propre à provoquer l'appétit 2 Peut-être, mais au bout de pe
u de temps celui-ci mêu sera COMmpromis,
et à coup sûr ce ne sera pas le régime le plus apte à favoriser ]a vigueur du tempérament et la santé générale. Concluez de même munions,
pour vos com-
Que diriez-vous si Je vous conseillais d'omettre prières du matin et du Soir,
reprendre ensuite
vos votre chapelet, pour les avec plus de ferveur 2 X driez que le remède n'est pas
dans la correction, et vous
ous répondans l'omission, mais auriez raison.
Vos comconvaincus,
munions, sorez-en
doivent être jugées de mème.
Quand vous communiez pour être plus fort dans les
tentations, plus chaste, plus courageux dans les combats assuré que vous retirerez un Srand fruit de vos communions, et que, plus elles seront fréquentes, plus elles vous feront de l'effet.
D'ailleurs seriez-vous
et son Eglise? I
porté À Ja prière, plus de chaque jour, soyez
plus délicat que Notre-Seigneur A crainte qui vous che pas de vous inviter Qui à raison 2
arrête ne les empèà communier tous les jours.
Mais voyons de plus encore ce que vaut cette crainte, Elle part d'une Supposition fausse, À savoir que l'häbitude empèche les fruits d'un acte bon en lui-même, Bien au
contraire, l'habitude est un facteur de progrès
et de succès, car tout force conslante est de sa nature accélératrice, Est-ce que l'habitude ne développe pas l'habileté 2
La communion est une force constante, car les effets NU pas de nos seuls efforts :
qu'elle produit ne dépende
eo
il n'en est pas de la communion comme d'une simple prière, d’un acte de mortification ou de charité, elle agit par son efficacité Propre et intrinsèque.
La communion, dit le b. curé d’Ars, fait À l'âme comme un coup de soufflet à un feu qui commence à s'éteindre.
Comprenez bien, je vous prie, que par la communion vous recevez la vie de votre Âme et que toute vie qui puise en dehors d'elle un aliment convenable À Sa nature, Progresse, non par de brusques poussées, mais par des accroissements lents et insensibles. Cette loi se vérifie d'autant plus de la vie Surnaturelle que les opérations de celle-ci échappent à notre observation directe.
Ne confondez pas les progrès sensibles et les progrès réels. ‘Vous n'avez Pas entendu en vous la fermen-
tation du sang divin, ni remarqué l’élongation de votre taille divine : le pain eucharistique a fait son œuvre, comme le pain ordinaire, sans que vous vous en
LE
aperceviez.
Pressé de retourner vers des jeunes gens qui l'attendaient pour se confesser et communier, Lacordaire disait à un ami qui voulait le retenir : Laissez-moi, Vous ne Savez pas ce qu'est une communion dans la vie d'un homme. Allez, jeunes communiants, vous ne saurez qu'au ciel ce que vous devez à la communion fréquente.
Je crains de me familiariser avec les choses saintes
Je demande ici toute votre attention. Cette crainte peut être bonne comme elle peut ne pas l'être,
Si par familiarité vous entendez négligence et routine, VOUS ävez raison, La routine est à la bonne habitude ce que l'abus est à l'usage. [1 faut user, non pas
abuser des bonnes choses, mais il ne faut pas que la crainte de l’abus vienne empêcher l'usage. Autrement On ne pourrait plus rien faire, car, hélas, on peut abuser de tout.
Cependant, le fréquent usage de la communion n’est jamais, par lui-même, la cause de cette routine. La cause en est uniquement une défaillance de notre volonté, et cette défaillance, nous pouvons toujours l'éviter avec quelques efforts. Réveillons notre foi, pensons à l'avance à ce que nous allons faire, préparonsnous-Y par des prières, des intentions droites et pures, des désirs ardents, surtout par une vie régulière et l’'accomplissement des devoirs d'état, et alors le fréquent usage de la communion, loin d’engendrer la routine, sera le moyen le plus efficace de la chasser.
Si par familiarité, vous entendez une intimité douce et confiante avec Dieu, une union habituelle, un abandon facile et total de vous-même, loin de la craindre, il faut la rechercher. Elle est le fond même et le but du christianisme, Notre-Seigneur a voulu se familiariser avec l'humanité, en prenant ici-bas une famille de parents et une famille d'amis et c'est pour nous introduire plus intimement dans cette famille d'amis qu'il a institué son sacrement d'amour. Jam non dicam vos Servos.….. Vos autem dixit amicos. Joan XV, 15.
Le bonheur du ciel n’est pas autre chose qu’une grande familiarité avec Dieu, portée à un degré qui dépasse toute conception humaine, car la vision béatifique nous unira à lui d’une manière prodigieusement intime, en nous faisant pénétrer les secrets les plus profonds de son essence.
Cette familiarité n'exclut pas le respect, elle l'augmente, car en nous rapprochant davantage de Dieu, elle nous montre de plus près et nous fait mieux com-
prendre sa wrandeur. Qui à respecté plus profondément Notre-Seiwneur que les saints ? Ne l'ont-ils pas tous aimé, cependant, avec Ja plus intime et familicre tendresse ? Et sans monter si haut, quels sont, parmi les chrétiens que nous connaissons, les hommes qui respectent le plus sérieus:ment Dieu et Sa loi et ses Sacrements, sinon ceux dont la Pratique relivieuse est la plus assidue 2 Ce respect pour Notre-Seisneur, que doit créer en nous la fréquente communion, n'est pas une crainte servile ; c'est un respect filial, attendri par l'amour, et aui nous permet l'abandon, Les appellations les plus aimantes et les plus caressantes, le cœur-àcœur le plus confiant, le recours le plus fréquent à sa bonté même pour les choses en apparence les moins importantes.
[ faut distinguer le respect des choses saintes et le sentiment de ce respect, Ce Seatitnent peut diminuer par l'usage, mais ceia ne doit pas nécessairement nous inquiéter. Quand un prêtre célèbre sa première messe, bien souvent il à pour le saint sacrifice un sentiment de vénération qu'il n éprouve pas après plusieurs années de célébration quotidienne. Est-ce une raison de croire qu'il a moins de respect qu'autrefois pour l'auguste sacrifice? Nous ne le CrOYOnS pas ; il s’agit ici d’un défaut de dévotion sensible et non de dévotion substantielle qui seule est requise. Concluez de même Pour la communion quotidienne.
En tout £tat de cause, c'est certainement une illusion très regrettaible de se dire : ‘* En communiant plus rarement, Je communierai mieux.” Saint François de Sales a dit excellemment : «: On ne fait bien que ce que
l’on fait souvent, et les meilleurs ouvriers sont ceux qui
pratiquent le plus.”—La fréquente communion” dit Cornelius a Lapie
CR
est la meilleure Préparation à la
communion, Une geo est une action de grâce d'une autre Communon ; et la communion d'aujourd'hui est la meilleure Préparation À f: LcCoMmmunion de demain. Il en est de la com: munion comme de la prière ; plus on Prie, mieux on sait Prier, plus on aime À prier.”
SI vous avez cette > volonté et ces dispositions généreuses que Notre-Seisnear est en droit d'attendre de vous, plus vos communIons seront tréquentes et plus elles s: eront fruc tueuses, alors même que vous ne ressentiriez aucune émotion sensible, car cette émotion n'est pas le but du sacrement, n1 la mesure des grâces que l'on y reçoit et des mérites que l'on y acquiert.
ST äu contraire vous ne voulez pas faire d'efforts, Vous ne communierez pas mieux au bout d'un mois qu'au bout de huit jours, ni au bout d'un an qu'au bout d'un mois. C'est une règle générale que plus on communie rarement et plus on y apporte de froideur et de négligence,
Ces paroles du vén. P. de la Colombière servent admirablement de conclusion : ‘Je dis que nulle indisposition, à la réserve du péché mortel, ne peut empêcher l'effet du sacrement, qui est de sanctifier l'âme, de lui donner de la force pour faire le bien et Pour résister au mal : Je dis que, comme à chaque fois qu'on communie on réÇOit une augmentation de mérite et de grâce habituelle, il faut nécessairement qu'une communion nous dispose à profiter d'une autre communion, et que, par conséquent, plus on fait de communions, plus on est disposé à profiter de celles qui doivent encore suivre.’
Allons, l'enfant devra-t-il s'abstenir d'embrasser sa
mère de peur de le faire par habitude ou de devenir trop familier
PS
Je ne puis consacrer à la Préparation et à l’action de graces un temps convenable
Pour être tranquille sur ce point, il vous suffit de bien comprendre le décret : * On veillera à ce qu'une préparation soigneuse précède le sainte communion et à ce qu’une action de grâces convenable la suive ; mais en {enant compte des facultés, de La condition el des obligations de chacun.”
Nous savons que la grâce est certainement produite, par la vertu propre du sacrement, dans. toute âme qui communie en état de grâce et avec une intention pieuse, mais comme l’éclosion de cette grâce sera plus ou moins abondante selon les dispositions actuelles plus ou moins parfaites, l'Eglise demande des dispositions meilleures, en indiquant toutefois qu'elles ne sont point obligatoires, même pour la communion quotidienne, si ce n'est dans la mesure nécessaire À faire l'intention droite et pieuse, mais proposées seulement et conseillées en vue des profits spirituels qu'elles procureront. (1)
De sorte que nous pouvons poser en principe que la Préparation et l’action de grâces doivent être un secours et non un obstacle à la communion quotidienne.
C'est pour prévenir les fausses interprétations de l'esprit janséniste qu'il est dit: .... en tenant compte des facultés, de la condition et des obligations de chacun.
Avec cette règle de sagesse en même temps que de bonté, une servante qui doit être entrée de bonne
[1] Remarquons ici que de vaines craintes peuvent faire croire au pénitent que son intention est entachée de vues trop humaines, lorsque réellement, 11 n’en est pas ainsi. Deux choses sont à noter : 10 La connaissance distincte de tous les motifs qui constituent l'intention droite ne peut être exigée de rigueur chez le grand nombre des fidèles : souvent la perception confuse de quelquesuns des motifs suffira. 20 Une intention peut être subetantiellement pure et e dant être méiée à queique chose d'humain, car une intention légèrement ‘glée ne vicie l'acte que lorsqu'elle est primaire.
déré
heure fe matin ne sera pas obligée À une aussi longue Préparation qu'une dame maîtresse de son temps ; une personne ignorante ne sera Pas tenue de faire, avant et après la communion, autant de méditation qu'une Personne cultivée qui peut s'aider de lectures instructi- VEsS; on comprendra qu'une femme qui à ur mari À servir avant son départ pour le travail, ou une mère qui doit préparer ses enfants pour la classe matinale, réduisent leur Préparation ou leur actions de grâces Pour satisfaire à leurs devoirs domestiques ; on admettra que de pieuses ouvrières obligées d'être de bon matin à l'atelier et qui ont avancé leur léver pour aller communier, réduisent au strict minimum les instants qu'elles y Peuvent consacrer.
On n'exigera pas non plus le même recueillement profond et prolongé des enfants et des grandes personnes, des gens du monde et des religieuses. Mettant chaque chose À sa place légitime, se “ouvenant que le fruit essentiel de la communion l'emporte de beaucoup en importance sur les fruits secondaires, et que l’état de grâce avec une bonne intention suffit à le procurer ; se souvenant que ces fruits secondaires sont d’ailleurs toujours produits dans une certaine mesure toutes les fois que le fruit essentiel est produit, quand on ne pourra pas obtenir le mieux, On se contentera du bien, et quiconque sera en état de grâce et voudra communier avec une intention droite, fera la communion quotidienne, dussent sa préparation et son action de grâce se borner À l’audition de la sainte messe, s'il ne peut faire plus.
Quelle est Ja préparation et l'action de grâces que Pourront faire les personnes pieuses et qui sera suff-
? Je réponds que dans bien des cas, il Suffira de vivre chrétiennement, c'est-à-dire de prier avec soin, de
sant
Penser souvent 4 Notre-Séigneur et Jui intérieurement unt, veiller sur d'éviter les fautes
demeurer SON caractère afin même légères si c'est possible, s'appliquer courageusement à remplir d'état pour Plaire à Dieu et s'exercer la douceur. La Vraie préparation
tous ses devoirs à l'humilité et à à la sainte communion, c'est la manière dont on vit; de même que la véritable action de grâces est la manière dont on passe la journée apres avoir reçu le doux Sauveur. Qui vous empêche d'agir ainsi él Pourquoi craindre de vous approcher de Ja sainte Table ?
"Quand vous aurez eu peu de temps, dit saint Alphonse, POUr vous préparer
Pärcequ'une bonne œuvre où un devoir d'état
Ne VOUS aura pas laissé de loisir, ne vous abstenez pas pour
cela de Communiet Avez soin seulement d'éviter
toute Conversation inutile et toute OCCUpation non urgente.”
Sainte Marie-Madeleine de Pazzi était un jour occupée à faire le pain lorsqu'elle entendit Sonner pour la communion ; ravie aussitÔt en eXtase, elle alla communier avec ja Pate dans ses mains.
à ses Sœurs : « Offrez à Dieu pour
Elle disait souvent Préparation toutes faire ; faites-les avec 'u Seigneur, et allez communier, ”” ‘ucoup de temps 4 nous, donnonsen beaucoup à !: COMMUNON ; mais si PEU, comme il arrive
les actions que vous avez À l'intention de plaire :
Si nous avons be
nous en avons ‘ouvent, contentons-nous du nécessaire, et Suppléons par la ferveur de notre piété à ce qui peut Manquer aux loisirs de notre préparation. Souvent, une action de grâce faite en marchant, en rentrant au logis, sera très devant Dieu. (1)
agréable et très méritoire
ût 1887, pendant les 35 dernières üit au moins tous les huit Jours, et ce
[1] Le général de Souis, mort le 15 a0 “nnées de sa vie Communi la même pen-
Vonlez-vous une régle Praliqne 2 Tonus ceux qui peuven assister, Le ma on à la sainte MESSE, doivent Le larre,
CE lous Ceux qui assis/ent à l4 saïn/e messe doivent recevoir la saïn'e COMMON, comme cela se faisar dans Les Premiers siècles de l'Eglise. Aucune äbstention ne peut être fondée en droit et en raison.
Je ne me sens pas de ferveur en Communiant, je suis tout distrait et Sans dévotion
Vous êtes distrait et Sans dévotion ? Ecoutez: lorsque Saint Pierre connut, par la pêche miraculeuse, la sainteté et la majesté de celui qui était entré dans sa barque, il se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : ‘* Eloiwnez-vous de moi, Seiyneur, car Je suis un Pauvre pécheur,” et le bon Maitre Jui répondit : Ne crains Pas. (Luc V).
Ne craiynez PäS non plus ; votre cœur n'est-il pas à Dieu, et ne voulez-vous pas le bier servir ? [Il ne vous demande pas autre chose, vos distractions doivent vous humilier, mais non vous décourager ; Je plus souvent, SOYez-en sûr, elles ne sont Pas volontaires et ne vous privent pas du fruit de vos COMmmMmunions. Bonne volonté, bonne communion,
Ces tristesses, ces dégouts, cette Privation de toute consolation sensible, ces Importunes distractions, les saints en ont souffert comme vous. Saint Vince:t de Paul resta deux ans dans une telle aridité spirituelle,
dant les glorieuses CiMpagnes de sa vie militaire Pendant 14 gnerre d'Italie, il était capitaine et ;1 & PIVAIT: * Dans nos lECORNAISSANCeS. en travers nt deg bourgades on des villages toit-i-conup m US apercevous ui F—1e Maitre estla : à terre —Nous des udous de ch Val. nous entrons duns leglis nous prions in pretre de nons donner Ja si Né communion, C'ogt fait Nous pegar tons anSsitot Ji temps n'eut iris 16H) Nous fai DS notre à Ion de g) ices à Cheval et en courant Cela net ipecha pas de m ET. a Solferino ta Croix de la Légion d'honn uret de devenir gi Déral Qui oseruit croire qu'il eût Mmeéuxtait de s'abstenir de Communier, parcequ'il ne POnvait prier longue-
ment dans l'église, JL S devoirs d'état EMpechent rarement de celui qui le veut faire,
communier
qu'il ne pouvait plus même formuler un acte de foi ; et comme le démon profitait de cet état d'angoisses pour le troubler nar de rudes tentations, le pauvre saint plaça sur son cœur le credo qu'il avait écrit À cet effet et cousu dans sa soutane, et convint une fois pour toutes avec Notre-Seiyneur que, lorsqu'il toucherait de la main cette formule, ce serait l’équivalant des actes de piété qu'il ne Pour ait plus produire. Inébranlable dans sa foi, il continua tous ces exercices Spirituels, célébrant la messe tous les jours. Ces communions étaient-elles bonnes, je vous le demande ?
Fénelon passa les dernières années de sa vie dans des peines Presque Semblables, et il écrivait À son pieux ami, le duc de Beauviliers : “ Je suis dans une sécheresse profonde et dans une paix très amère.”
Méditons cette parole de l’Imitation (l. 3, c. 16) :
‘ Que ma consolation, Seigneur, soit d'être volontiers privé de toute consolation humaine. Et si la vôtre me Manque, alors que votre volonté et cette juste épreuve me tiennent lieu de suprême consolation.”
Et cette autre du vén. Jean d'Avila: < Un dént soit Dieu ! dansles contrariétés, vaut plus que mille actions de grâces dans ce qui réussit À notre gré.”
Ces épreuves sont Ia voie ordinaire par laquelle Notre-Seigneur purifie tous ses vrais serviteurs. C’est précisément pour ces Âmes désolées que, selon l'avis de sainte Thérèse, il n'ya pas de meilleur remède que la fréquente communion,
N.-Seigneur dit un jour à sainte Mechtilde : ‘ Quand vous devez Communier, souhaitez tout l’amou- que Jamais cœur ait eu Pour moi ; J'agréerai votre amour, non tel qu'il sera réellement en VOUS, mais tel que vous l'aurez désiré,
D'ailleurs, le Saint-Sacrement opère dans l'Âme sans
qu'on s’en aperçoive, comme le remarque saint Justinien ; et Saint-Bonaventure dit aussi : ‘* Quand même vous vous Sentiriez tiède et sans dévotion, 1 ne faut cependant pas vous éloigner de la saiate Table, car plus vous êtes malade, plus vous avez besoin du médecin.” Un saint prêtre, supérieur de séminäire, disait un jour : ‘* J'ai moins peur de la néglirence dans la communion, que de la négligence 4e La communion ; la maladie vaut mieux que la mort.”
L'Eucharistie est le foyer de l'amour de Dieu ; plus vous sentez en vous de froideur, plus vous devez vous tenir près du divin foyer.
Puis, cette sécheresse qui vous inquiète, ne seraitelle pas un peu de votre faute ? Quel soin avez-vous d'éviter les fautes vénielles ? Prenez-vous garde à ne Pas contrister en vous le Saint-Esprit ? Ordinairement les infidélités de ce genre ont Pour conséquence immédiate, je dirai même Pour punition, une sorte de tristesse intérieure, d'abandon apparent, de privation de toute douceur spirituelle.
Vos peines ne viendraient-elles Pas encore d’un rétrécissement de cœur, et d'une piété /r0p Personnelle. Dans vos communions et en général dans vos prières, pensez plus aux autres qu'à vous-même, la charité Vous portera bonheur. Votre cœur S'élargira lorsque vous vous préoccuperez davantage du salut de vos Parents, de vos frères, de la conversion des mauvais, des intérêts de la foi, des âmes en sruftrance dans le Purgatoire. Vous trouverez, en Priant pour les autres, des sentiments et une attention que vous n'avez pas lorsque vous ne pensez qu'à vous-même.
Remarquez enfin que ces dégoûts sont aussi souvent une tentation. Le diable, ne pouvant vous attaquer de front, se venge en vous harcelant en vous
agen mer pie,
nee Soyez plus fin que lui ; 1 veut vous décou-
rager et vous impatienter, tenez ferme, le temps des
olilions viendra bientôt.
Je connais beaucoup de personnes pie'ses qui ne communient que rarement
Et moi. dit Mer de Ségur, je n'en connais pas beaucoup. En revanche, je ne connais guzëre de personnes qui communient souvent et qui ne soient réellement pieuses, dans toute l’acception du mot.
[Il importe ici de ne pas confondre les personnes pieuses avec les personnes simplement régulières. Régularité n'est pas piété. Pour être régulier, 1! suffit d'observer à la lettre les lois de Dieu et de l'Eglise, d'aller à 11 messe tous les dimanches, de communier aux grandes fètes, de respecter la religion et de vivre honnétement. -
Pour être peux, il faut davantage. Le don de piété a été défini: une disposition habituelle que l'Esprit- Saint infuse dans nos âmes pour exciter en nous une affection filiale envers Dieu. La piété est ordinairement accompagnée de la dévotion qui consiste dans une disposition telle que l'on fait avec zèle et promptitude tout ce qui à rapport au service de Dieu.
Ceci veut dire que pour être Se il faut ne pas s'en tenir aux simples préceptes, mais s'efforcer de mettre en pratique les conseils re le renoncement à soi-même, le recueillement intérieur, le zèle des âmes et tout ce bel ensemble de verius qui constitue la santé chrétienne. Le chrétien pieux agit plus par amour que par devoir et pre end la précieuse habitude d'envisager Île service de Dieu, non comme un joug assuiettissant, mais comme un dévouement tendre et filial. *
Ce
Connaissez-vous vraiment beaucoup de personnes animées de cette vraie piété qui s'approchent rarement de la divine Eucharistie? Ce serait la première fois qu'on verrait des effets sans cause, puisque l'Eglise nous présente a sainte communion comme l'acte essentiel de la piété. L'expérience le montre : il est aussi impossible d'être pieux sans communier souvent que d'avoir une santé vigoureuse et florissante sans une bonne alimentation.
Combien y en a-t-il qui assistant à la messe le dimanche et ne se faisant remarquer par rien d’extraor-
dinaire, se recu it comme d'excellents catholiques, mais ne se font pas scrupuls de passer des semaines et des mots dans l'était de péché. Inconséquence qui eut
parue 1aonstrueuse aux chrétiens des premiers âges, dont l'idéal constant —les travaux les plus autorisés nous l'apprennent —était la sainteté, c'est-à-dire l'exemption de péclé grave, et cette sainteté était assurée par la manducation de l'Eucharistie.
Je ne sens pas le besoin d’une communion si fréquente
Ce besoin existe-t-il? Voilà la vrais question, Notre- Seigneur et son Eglise en ont jugé ainsi, il n’y a qu'une chose à faire : écouter la parole du Pape qui parle au nom de Jésus.
De toutes parts un cri s'élève, on demande des hommes. Mais je vous le demande, ou trouver des hommes en dehors des communiants ? Des hommes d'argent, des ambitieux, des hommes de plaisir, il n'v en a que trop ; mais les dévoués, les sauveurs, est-il possible d'eu trouver en dehors des communiants ?
Ils ét: aient deg hommes ces communiante quotidiens
des premiers âges qui se levaient de la Table eucharistique, impétueux comme des lions, ardents comme la
ner mbenat ges arranger ne
DRE. Ver 0 0 “Mn
flamme, zgnum spirantes, pour parler le langage de l'époque. Sans le corps du Christ, ils ne se croyaient pas le courage d'affronter les supplices, et, sur le point de devenir des confesseurs de la foi et des martyrs, ils s'empressaient d'être une fois de plus des communiants.
Ces premiers chrétiens n'étaient qu’une poignée dans le monde païen, mais ils se dispersèrent portant en eux la fierté d'une conviction inébranlable et la force de la chair de Jésus-Christ ; de la sorte ils furent dans le vaste empire romain, le levain qui fit fermenter toute la pate.
Les chrétiens de nos jours sont en grand nombre, cependant le flot de l’impiété monte et le monde retourne au paganisme.
Les dangers sont tels, aujourd'hui, que si les enfants de l'Eglise ne s'appuient pas uniquement et fortement sur le Christ vivant dar: les siens, ils s'en iront dans le monde avec une foi vac, ainte et une volonté affaiblie, et au lieu d’être le sel de la terre ils deviendront victimes de la contagion. Si les enfants de l'Eglise n'ont pas une foi vive et éclairée, s'il n'ont pas une Pratique de la vie chrétienne à un degré intense, choses que l'Eucharistie seule peut donner, ils seront des soidats qui ne combattront pas, et par leur inaction, (1) ils serviront la cause des ennemis de l'Eglise et finiront par être englobés dans l'erreur.
I fut un temps où l'on pouvait rester honnête presque sans caractère; la vertu était alors, pour ainsi dire, dans l'air, la corruption se cachait honteusement, le
{i} Nous ne « raigholis pus d'affirmer, disait tout récemment ie cardina? Coulie, que l'état actuel de notre société tient, au fonc. et en dernière analyse, 4 ce fut unique que les catholiques de France ont, depuis plus de deux siècles, abandonné la * fréquention intense * de la communion eucharistique,
MANDFMENT SUR LA COM, FRÉQ.
——— De) ——
vice au lieu de s'étaler, fuyait le jour, | s'achetait pas, ou, du moins, on prix tout haut, et surtout, suffisait de réussir ou de s'enrichii Mais à l'heure actuelle,
a Conscience ne n'osait pas en dire le on n'’estimait pas qu'il
pour être honoré.
il est diflicile, pour ne pas dire impossible de rester honnête sans un caractère formé et une volonté énergique. Malheur aux hommes sans caractère, aux hommes qui n'auront pas contracté dès leur jeunesse l'habitude des vouloirs généreux, ils ne pourront CONServéer, cœur.
I y a dans le monde ceux qui veulent et ceux qui ne
savent pas vouloir ; les premiers sont les hommes ou les maîtres, les seconds sont les enfants ou les esclaves.’ On peut dire, en d'autres termes, qu'il y à dans le monde, Îles Communiants ou les maîtres et les noncommMuniants ou les esclaves. I vous donnera du maîtres.
duns ii iourinente, l'honnêteté du
a communion fréquente caractere (1) et vous établira les
Il faut le dire sans crainte, le mende à besoin plus que Jamais de force et de Iumiére.
loi mystérieuse (
sence
Il semble que par une qui s'expliquerait peut-être par l'abde la communion fréquente), le progrès des sciences ait pour contrepoids et en quelque sorte pour
[1] Le caractère est l'ém rgie sourde service de Ïa vérité. de l'idéal :
seins, de plus inébranlable encore dans la fidélité à soi-méme, à ses convictions, à ses amitiés, à ses vertus: une force intime qui jaillit de la person: ne et inspire à tous cette certitude que nous appelons la sécurité, On peut avoir de l'esprit, de la scienve, méme du genie oi ne pas avoir de caractère
Il ne faut pas confondre le capantare ivee la v n'exige qu'une certaine ardeur devant le péril, un dans un élan, et plutôt un lux roique oubli de calme du devoir.
Le plus valeureux capitaine pout n'être qu'une Victoire, et ses glorieuses cicatrices ne portée.
et constante de Ja volonté mise au Je né sais quoi d'inébranlable dans les des-
UTAVOUTC, Cette derfitré mépris de la mort conçu la raison qu'une appri clation
femme le lendemain d'une couvrir qu'un caractère débile et sans
rançon humiliante, la décadence des mœurs. Plus l'humanité domine la miutière par la connaissance qu'elle en a, et plus elle s'asservit à la matière par l'usage qu'elle en fait. Le sensualisme envahit notre vie, et les tempéraments anémiés au moral comme au physique, n'ont plus la force de résister au mal. Comme le Sauveur l'avait prédit en parlant des derniers temps, l'iniquité abonde, et la charité de beaucoup s'est refroidie.
[y a ict un point de vue général : il faut considérer les besoins de l'Eglise et les dangers qui menacent les chrétiens, et c'est à ce point de vue que se placent Léon NITT et Pie X, quand ils proclament la sécessré Pressanie de retourner à la pratique des premiers sivcles.
‘Le désir insatiable des plaisirs, dit Léon XII, brûle aujourd'hui tous les hommes, en proie, dès les premiers Jours de leur jeunesse, à une sorte de contagion maladive. Mais la divine Eucharistie nous apporte pour ce mal affreux un excellent remède.” (Encv. Jiræ car tlatis).
En 1892, s'adressant à un pélerinage Léon XIII disait encore : ‘Chaque époque troublée a été sauvée par une dévotion spéciale. Notre époque, la plus persécutée de toutes peut être, ne sera sauvée que par la dévotion des dévotions, la dévotion à l'Eucharistie, Jréjuemment, quotidiennement reçue. Prêchez qu'il faut revenir à la pratique des premiers siècles.”
M faut que la pratique de la communion quotidienne, dit Pie X, s'accroisse et se répande partout, de nos
jours surtout, où la religion et la foi catholique sont
e + js Li attaquecs de toute Pari, Où amour de lieu el ia pièté
laissent grandement À désirer.” Et il fait cette réflexion significative : c'est moins la rage de ses
ennemis que la faiblesse des chrétiens qui l'Eglise.
Quel est à ses yeux, le grand remè chrétien communie fréquemment et même tous les Jours.
Nous sommes ici victimes, à notre insu, d’un naturalisme ambiant et nous ne croyons pas assez que la communion rendra plus actives toutes les énergies Surnaturelles apportées à nos Âmes par les sacrements;
nous ne croyons pas assez que cette activité de nos énergies surnaturelles, nous devon intense.
menace
de ? Que le peuple
s l'avoir à un degré
Les causes saintes ne se gagnent la saintete, et pour descendre champs de bataille de l'heure présente et y faire triompher la cause de l'Evangile, ni l'élan, ni l'habileté, ni la vie simplement honnête ne suffisent ; il faut le concours divin, et c'est l’Encharistie qui vous le donnera.
Décuplez votre valeur surnaturelle, dit le père Coubé, et vous centuplerez votre valeur humaine. Si la vie chrétienne circulait plus abondante, nous verrions plus de tempérance et plus de chasteté, plus de justice et de charité chez le riche, plus de résignation et plus de bien-être chez le pauvre, plus de support mutuel dans la famiile, plus de dévouement partout.
Le point de vue personnel doit disparaître devant l'ordonnance des chefs et Personne ne put dire avec raison : pour moi, je puis m'en passer ; ce serait ignorer le danger qui le menace.
La même nourriture ne suffit Pas pour tout genre de travail et d'occupation. Etre simplement bien ne suffit PaS pour entreprendre un long voyäge et supporter de rudes fatigues : il faut être très bien, fort et vigoureux,
que par es armes de avec avantage sur les
autrement, on risque de succomber en route, Aujourd'hui, le chef de 1
a chrétienté proclame que le
ne mr men
merrmrqpeue-meee
voyage est rude et périlleux, que la fatigue doit être grande, à tel point qu'il n'y a que les forts, les intrépides, les communiants qui pourront arriver au terme de leur voyage.
Des communiants, ne cesse de crier Pie X, répondez à l'appel ému de votre père, et l’Eucharistie qui, aux jours de la persécution, était l’école de l’héroïsme, sera dans votre vie ordinaire, l'école de la virilité dont vous avez besoin.
Placez en présence de deux âmes, l’une communiant fréquemment et l'autre ne le faisant que rarement, placez le même précepte, le même conseil, la même vertu, la même œuvre ; là où Ja seconde hésitera, la première n’hésitera pas ; là où la seconde marchera en trébuchant, l'autre volera ; là où la seconde échouera, la première s'avancera À pleines voiles et touchera le port. Voilà la puissance de l'Eucharistie, puissance
qu'elle doit À Ja grâce intérieure et cachée qu'elle répand en nous, et qui est requise dans le siècle où nous vivons.
Tenez, vous qui êtes jeune, méditez bien cette vérité et vous n'oserez plus dire que vous n'avez pas besoin de la communion fréquente et quotidienne. On peut ètre réprouvé quand on est infidèle à sa vocation, quand on commet volontairement le péché mortel, mais aussi on peut être réprouvé quand on ne fait pas tout le bien que Dieu attend de nous. La parabole du talent enfoui est trop oubliée de nos Jours.
Vous ne savez Pas où Dieu veut vous conduire, et si vous n'avez pas acquis la vertu et l'énergie pour entrer dans la voie où il voudrait vous voir marcher plus tard, vous serez laissé sur le bord du chemin et un autre sera appelé à votre place.
La vocation et La fidélité à la vocation sont deux vrâces
Qui se demandent et se m Jervente. Il y a des et malheureux si vous comptiez sur une € faire votre salut. Sans la communion fréquente, Pouvez-vous mener la vie pure qui vous méritera de connaître et de suivre votre Vocation ? [1 y a tei jeune homme qui aujourd'hui n'est pas dans sa vocation Parcequ'il n’a pas communié assez fréquemment, Réfléchissez bien sur ce point.
érilent par une vie Pure et exceptions, vous seriez imprudent
Xception pour
Garcia Moreno fut assassiné par ordre de la francmaçonnerie, et tomba martyr du Cœur il avait consacré son pays ; il fut fr vendredi du mois, quelques minutes nion.
de Jésus à qui appé un premier après la commu-
Si vous voulez être puissant comme cominuniez comme lui, c'est-à-dire souvent. Cet homme est le modèle de tous les catholiques, spécialement de ceux qui entrent dans la vie publique.
Tout vient À point dans l'Eglise de Dieu, disait dernièrement la ‘ Semaine Religieuse” de Montréal, et ce n'est pas sans des raisons profondes que nous VOYONS Se ranimer dans son sein, à la voix du Pontife suprême, la communion quotidienne des premiers âges. Avec le souffle de liberté qui passe sur le monde, la foi du chrétien manque, à peu près partout, de cette salutaire protection que lui assurait jadis la loi civile. Elle à donc besoin d'un autre appui pour se soutenir ; cet appui sera la communion, le mystère de la foi, mysterium fider....
L4 "No seulement ia foi du chrétien n'est plus protégée, mais elle est attaquée de toutes manières, de sorte que
la crainte ne suffit plus au croyant des temps modernes.
IT lui faut l'amour ; il le trouvera, cet amour, dans la
lui pour le bien,
Ni
fréquente participation du sacrement de l’amour.”’ {1 q
OBJECTIONS DIVERSES Si je communiais souvent, cela déplairai à ma famille
Est-ce pour votre famille que vous communiez ou bien pour vous-même ? Si votre famille trouvait mauvais que vous mangeassiez chaque jour, cesseriez vous pour cela de manger ?
Dans une mesure, on est obligé, même en ce qui touche le service de Dien, de déférer aux exigences des siens ; mais il y a une limite à cette déférence. Les Sacrements, plus que toute autre chose, échappent à la juridiction de la famille,
La sainte communion est la source de toute grâce, de toute douceur et de bonté. Si vous communiez souvent et bien, vous deviendrez promptement meilleur ; votre famille sera aussi la première à s'en apercevoir, et comme elle sera aussi la première à en profiter, elle se gardera bien d'y mettre obstacle. Soyez prudent ef ferme.
Si malgré vos précautions et vos égards, votre famille trouve encore à redire à votre piété, marchez en paix, sans faire semblant de vous en apercevoir. Les préjugés tomberont bientôt, ou du moins on s'habituera à vous voir communier, comme on s'habitue à tant de choses
[1] A l'encontre de la nôcessité de la communion fréquente et quotidienne pour le maintien de la foi et des mœurs, quelqu'un pourrait remarquer que le peuple canadien s'est conservé profondement religieux sans connaître cette pratiquue dont il est questiou aujourd'hui, En réponse à cette remarque, nous pourrions dire: 10 la communion n'est pus le seul moyen institué par Dieu pour communiquer ses grâces ; 20 la communion étant le plus sûr moyen pour la communication des grâces, etles dangers étant plus grands aujourd'huèque par le passé, le Pape considère que ce moyen est devenu nêcrssaire, comme il r'été dit au cours de la rénonse à l'objection, Léon XIII. Pariant de i’Eucharistie, a dit: ‘ Il s'agit, en effet, d'une dévotion plus utile que toute autre * au peuple chrétien, soit pour arracher les générations présentes au souci des biens périssables, soit pour ranimer et entretenir d'une façon constante les eutiments chrétiens.” Ency. “ Mirac Caritatis,
qui déplaisent. Qui sait si Notre-Seigneur ne récom- Penséra pas votre constance en attirant à son amour ceux-là mêmes qui cherchent aujourd'hui À vous en éloigner ?
Ecoutez bien ceci : Un riche négociant était profondément hostile à toute pratique de piété. Devenu veuf, il mit ses deux filles dans un excellent pensiunnat, où elles reçurent une forte éducation chrétienne, Dès que sa lille ainée eut atteint l'âge de 16 ans, il la rappela chez lui pour conduire sa maison. Cette jeune personne, aussi ferme que pieuse, n'interrompit aucune de ses habitudes chrétiennes ; mais elle fut obligée de se cacher avec soin pour ne pas irriter son père. Celui-ci la surprit cependant un matin revenant de la messe avec Sa femme de chambre et n'ayant pas encore déjeuné. Se doutant de quelque chose, il lui demanda si elle avait communié.—QOui, mon père, répondit sans hésiter la jeune fille, et j'ai prié beaucoup pour vous. Et communies-tu souvent ? ajouta le père avec aigreur. — Oui, mon père, J'ai ce bonheur souvent et très souvent. C'est là que je puise la force de remplir tous mes devoirs, et, en particulier, d'être pour vous ce que je dois être. Le père se tut un instant et baissa la tête. Lorsqu'il la releva, ses yeux étaient pleins de larmes, et en embrassant sa fille, non moins émue que lui, il lui dit à demi-voix : ‘ Mon enfant, que je suis heureux d'avoir une fille comme toi.
Depuis ce jour, tout fut changé dans les idées et la vie de ce négociant. Qui avait opéré ce changement ?
Que de familles reviendraient À Dieu, sielles avaient dans ieur sein une âme aussi énergique dans la pratique de l'amour de Jésus-Christ et dans la fidélité à la communion fréquente.
Cette communion quotidienne est une doctrine nouvelle
I faut ici distinguer.
Comme: question de discipline, c'est une doctrine un Peu nouvelle Si l'on considère les derniers siècles imnrégnés de jansénisme. Mais si l’on remonte aux premiers siècles de l'Eglise, nous trouvons que comme discipline, il n’y a rien de nouveau.
Comme question #e doctrine, l'Eglise n'a Jamais varié d'un iota sur la nécessité de la communion fréquente et quotidienne. Voyons un peu.
Le soir même de la Pentecôte, les Apotres célèbrent la messe au cénacle et ce grand jour se termine par la communion de tous les fidèles, des disciples et des nouveaux baptisés.
L'Eglise grandit ; ses enfants se multivlient : Ja communion est leur nourriture quotidienne. Le livre des Actes l'indique clairement : * Les premiers chrétiens, y est-il dit, vivaient dans la paix, l'union, la charité la plus ardente, sOupirant après le martyre, et pour S'Y préparer, persévéraient dans la fraction du pain: Perseverantes in Communicatione fractionts Pants (Act. II. 42).
Les Pêres sont unanimes à voir dans ces mots la Communion qdotidienne ou au moins très fréquente, et ils enseignent tous qu'elle fut généralement en usage dès le rer siècle du christianisme,
Les Actes parlent encore de la communion quotidienne quand ils disent : ‘ Ceux qui croyaient, Vivaient tous unis et ils allaient assidûment tous les jours en union d'esprit au temple, rompant le pain, tantôt dans une maison, tantôt dans une autre.” :
Saint Paul en parle comme d’une habitude reçue et pratiquée journellement, et, hélas ! la misère humaine,
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qui Se familiarise si facilement avec les choses qu'elle répète chaque jour, avait introduit dans la célébration
” eucharistique des abus qui nécessitaient les dures
3 reprimandes de l'Apôtre aux Corinthiens, comme nous Î
; l'avons vu précédemment.
: Cette coutume était même devenue une sorte de loi,
: et saint Anaclet, troisième successeur de saint Pierre
À sur le siège de Rome, ordonne que tous ceux qui assis- |
: teot à la messe y communient, menaçant ceux qui ne le voudraient pas faire de les exclure de l'assemblée sainte,
t car, dit-il, tel est l’ordre que nous avons reçu des |
É Apôtres et que garde l'Eglise romaine : Sse entm et
ÆApostoli statuerunt et sancta Romana tenet Ecclesia.”
| Cette décrétale fait Partie des Constitutions Apostoliques, qui toutes, d'après l'avis des théologiens les L plus autorisés, remontent au moins au deuxiè
me siècle de l'Eglise.
Le Canon X des Constitutions apostoliques dit aussi: ‘Tous les fidèles qui entrent dans l'assemblée, y entendent la lecture de l’Ecriture et ne restent pas pour recevoir la communion, troublent l'Eglise et doivent ètre excommuniés.
Le concile d'Antioche porte
eXCommunication contre quiconque entré dans
l’église pour écouter la lecture des saintes Ecritures ne s'associera pas à la prière | Commune et s’abstiendra de recevoir l'Eucharistie. Et ces décrets deviennent loi de l'Eglise ; ils sont acclamés au concile œcuménique de Chalcédoine en 451, comme règles sacrées et divines ; ils se lisent dans les plus anciennes collections latines et sont loués par plusieurs Papes.
Et, dit saint Basile, quand une fois le prêtre a accompli le sacrifice et administré la communion, chacun reçoit sa provision de pain eucharistique ; z7 /a
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consomme en Se Communtiant ons Les ours ; il doit se représenter qu'il la reçoit du prêtre qui la lui a confiée. (1)
Cette coutume de la communion quotidienne fit éclore dans l'église du IVe siècle ces fleurs admirables de pureté et de virginité qui embaumèrent les déserts de la Thébaïde (2) € ommunto frequens et quotidiana, semen
[1] Qu'ils étaient beaux ces premiers chrétiens, recevant la s uünte commu nion tous les jours, à la sainte messe, et de peur d'en être privés dans les temps de persécution, emportant l'hostie consacrée dans leurs demeures et se commu niant eux-mêmes, En: es jours de foi et de ferveur on regardait et on pleurait comme un malheur d'éôtre privé dela nourriture ‘Ste, fut-ce un seul jour Aussi comme ils s'aimaient ces premiers chrétiens, ils n'avaien tous qu'un cœur et qu'une âme,
La communion n'était Pas alors distribnée comme aujourd'hui. Les hommes recevaient la sainte hostie dans leur main droite appuyée et croisée sur la main gauche, puis la portaient respectueusement à leur bouche, Les femmes la recevaient surun linge blanc, appelé d'uimicale, sur lequel elles la prenaient avec les lèvres; on retrouve cette cvutume en France au VIe siècle, Cette manière de communier explique pourquoi 'ertullien défend aux chrétiens de faire des statues et des idoles avec des mains qui touchent le corps du Christ,
En recevant l'hostie, les fidèles répondaient ‘ Amen”, faisant ainsi un acte de foi aux paroles du prêtre,‘ Corpus Christi.”
[2] Veut-on connaitre quels résultats à produits dans les âmes, la communion fréquente des premiers siècles ? El] a produit 1: développement de la virginité, de la charité et de la vie religieuse, Dans les déserts 1e l'Egypte et de la Thébaïde, sur les bords du Nill, dens ces profondeurs où l'antiquité avaic caché des horreurs, elle a conduit des troupes de vierges qui vivaient comme des anges dans des corps mortels, et qui, sous ce ciel de feu, dans ce climat énervant, déployaient la plus divine cnergie au service du plus pur amour de Dieu.
Le nombre de ces vierges était prodigieux. Surla montagne de Nitrie, à 20 milles d'Alexandrie, s'élevaient 500 monastères renfermant ou moins 50 0 religieux. Plus loin. à une demi journée de marche, dans l'intéricur du désert, à Cella, on en trouvait encore 2000, Ailleurs, saint Sérapion en avait 10,000 Sous son gouvernement, et saint Macaire en avait presque autant. Saint Pacôme mourant en avait laissé 7000 dans ges solitudes de Tabenne. et à la réunion annuelle de sa Congrégation générale, les monastères qui suivaient sa régle en avaient envoyé jusqu'à 50,000. Les villes elles-mêmes en étaient inondées. A Ancyre, il y avait 10,000 vierges, et en 356, un voyageur trouva dans la seule ville d'Oxyrinque 20,000 vierges consacrées à Dieu. Saint Athanase dit que, de son temps. les monastères fo maient à eux seuls comme une vaste cité. Saint Isidore était supérieur d'un cloitre qui comptait 1000 reli- &ieux et son successeur saint Apollinaire vit ce nombre s'élever à 5,000,
Parmi ces habitants des déserts, les uns étaient prètres mais la plupart étaient laïques. Il y avait les cénobites, qui se réunissaient pour mener la vie commune, mais suivant quelesliens qui unissaient les membres de la communanté étaient plus où moins roggerrs He ci prenait ie nom de couvent, de laure ou de désert,
Dans le couvent les religieux vivaient sous le même toit et participaient aux mêmes exercices. Souvent plusieurs couvents étaient rapprochés les uns des
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virginum. Cette parole à toujours été et sera toujours raie ; elle est semblable À cette autre : Sanguis marty- 1nm, Semen Chitstianorum.
Le danger passé, la paix rétablie dans l'Eglise, nous Voyons qu'à partir du IVe siècle, la ferveur tend À diminuer ; cependant, la communion hebdomadaire demeure obligatoire jusqu'au IXe siècle que l'on à appelé le szècle de fer.
Charlemagne qui aimait à appuyer de son autorité royale les lois et les conseils de l'Eglise, recommandait la communion dominicale à tous les sujets de son vaste empire. ‘Que tous les fidèles, lisons-nous dans ses Capitulaires, communient les dimanches et les fêtes principales, à l'exception de ceux à qui il sera enjoint de s’en abstenir.
En 836, un concile d'Aix-la-Chapelie déplore l'omission de la communion hebdomadaire comme une
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autres G® facon à former une vraie cité monastique, un immense ascétère, sous la conduite d'un abbé. Telle l'ile des Palmes à Tabenne, où saint Pacome et ses successeurs réu'iirent environ 1500 moines,
La laure tenait le milieu entre le couvent et le désert. (C'était un groupement de cellules séparées, do petits erimitages enfouis sons la verdure, mais renfermés dans ta même enceinte. La laure fut la forme d# monastère la plus répandue en Palestine: on on trouvait dans les vallées d'Engaddi, du Cédron, du Jourdain, en Samarie et en Galilée.
Le désert était. en réalité, une agglomération monastique formée daus un désert ou une montagne, où quelque ilot Sauvage ; les solitaires Y vivaient dans des cabanes isolés les uns des autres, quelquefois à d'assez grandes distances, mais toujours sous l'autorité d'un ancien Les prinoipaux déserts étaient ceux de Nitrie, de Scétis, de Diolens, la mont igne de saint Antoine.
Outre les cénobites, il Y avait les érmites où anachorètes natures plus autonomes et plus sauvages, qui se séquestraient plus complèuement du commerce des hommes, et vivaient comr'etement seuls. Une caverne, une carrière abandonnée de porphyre, un site escarpé de montagne. un oasis à l'entrée du désert leur servaient ‘de retraite. Un palmier leur Frait son o:nbre et ses dattes, un ruisseau son eau vive, parfois un vieux Sphinx leur donnait abri entre ses pattes de granit à moitié ensablées, et jour et nuit leur âme montait librement vers le ciel à travers les grands egnanas
U'éiait ie temps des Athanase. dés Antoine, lacôme, des Macaire, des Jér “me,
des Paul, des ’'ilarion. des des Epiphane, des Epbreim, des Grégoir, . des Hilaire de Poitiers, des Ambroise, des Chrysostpme. des Paulin de Nole, Ces ux où l'on communiait très souvent.
de Nazianze, des Basile, des Grégoire de Nysse Martin de Tours, des siècles étaient ce
funeste habitude qu'il fallait extirper au plus tôt. Au XIe siècle, Léon IX, dans une bulle 44 Aor s'exprime ainsi: ‘« Que là ce nmunion
ne soit facilement refusée à aucun chrétien, et que |
e refus ne soit Jamais, de la part du prêtre, l'effet de l’impatience ou de larbitraire.”
Au XIIe siècle, saint Thomas, établit Ja thèse de la Communion quotidienne Pour tout le monde.
Au XVIe siècle, le concile de Trente le désir de l'Eglise que tous ceux messe y communient
déclare que c'est qui assistent À la ; Cet le catéchisme du concile de Trente publié par les soins du Pape saint Pie V, déclare aussi que les curés sont oblig [s en conscience À exhorter leurs ouailles à Ja communion fréquente et même quotidienne, l'âme ayant besoin, comme le corps, de son alimentation journalière.
En 1541, saint Ignace, le grand restaurateur de la communion fréquente au XVIe siècle, écrivait aux habitants d'Azpeitia : [1 fut un temps ou tous les fidèles, SANS eXCeption, qui avaient l'âge requis, communiaient chaque jour. :.. Il nous faut donc à tout Prix, restaurer les saintes coutumes des chrétiens d'autrefois. Les intérêts de la divine majesté, nos plus grands intérêts Personnels nous y obligent, ” I! Va prèchant partout la communion fréquente, et il enjoint à ses compagnons et à ses enfants de l'y aider. Une véritable croisade eucharistique s'organise en faveur de la communion, et elle porte partout des fruits merveilleux.
Bientôt les fidèles ne se contentent plus de la communion hebdomadaire, ils la réclament pendant la semaine et les disciples d'Ignace sont heureux de suivre ce mouvement, (1)
mn ———————
[1] Une lettre qn père Aquaviva, écrite le 20 nov. à Rome, les communions étaient devenues
1583, nous apprend que, si nombreuses le dimanche dans
Et saint Charles Borromée, le grand et incomparable archevêque de Milan, se trouve en 13561 à la tête d'un diocèse complètement bouleversé et en proie À une effrayante COrruption, mais il se met résolument à l’œuvre, prêche Partout la fré et Surtout de l'Eucharistie, Passe souvent, dans ses visites pastorales, l'après-midi à entendre les confessions et la matinée À distribuer la communion à d'innombrables multitudes.
En publiant le catéchisme du les 18 évêchés soumis à Sa juridiction, sachant qu'il se trouvait des prêtres opposés à cette pratique, il enjoignit aux évêques de punir sévèrement les oseraient donner un enseignement contraire, (2)
Au XVIIe siècle, le Pape Innocent XI, de vénérable mémoire, insiste également sur le devoir des évêques et des prêtres relativement à la communion fréquente,
quentation des sacrements
concile de Trente dans
curés qui
toutes les églises, qu'un prêtre devait ] la messe, à un autel particulier. e tion pendant une giande Au XVe siècle et pendant une partie du XVIe. r eflroyable corruption : les humanistes jonissaient maux que souffrait l'Eglise étaient considérables. nous voyons apparaître une magnifi Ignace de Loyola, Francois Xavie
ce distribuer aux fidèles, en dehors de t qu'il était employé presque sans interrup.