SÉCURITÉ DES PERSONNES
L'habitation n'est pas seulement un abri contre les intempéries et les causes extérieures qui peuvent nuire à la santé, mais elle est aussi, et surtout, le lieu des rapports intimes de la vie, des réunions amicales et familiales.
L'habitation est le sanctuaire où l'homme est à lui-même, où il doit pouvoir venir, après ses heures d'activité, chercher, auprès de ceux qu'il aime, le
calme, la tranquillité et le repos indispensables à l'existence.
La sécurité dont l'habitation est entourée contribue puissamment à ces satisfactions nécessaires à l'homme. Autrefois, le château féodal avait ses fossés et ses ponts-levis, aujourd'hui encore des habitations sont entourées de murs, fermées de grilles , et, à la campagne, la sécurité de la maison s'obtient au prix de l'insupportable vacarme de l'aboiement des chiens du logis.
Au Familistère, la tranquillité est compagne de la sécurité : les précautions du campagnard ne sont pas nécessaires à la confiance des sociétaires, et cette confiance est si grande, que la plupart d'entre eux dorment tranquillement sans fermer ni verrous ni serrures.
Et pourtant le Familistère est ouvert nuit et jour, à tous les étages, des caves aux greniers ; mais la population s'y sent forte d'elle-même, et des dispositions de sa demeure. C'est qu'en effet le Familistère est, par lui-même, son meilleur gardien ; nul acte insolite ne peut se produire, pendant le calme de la nuit, dans une partie quelconque de l'édifice, sans faire écho sous les immenses voûtes de ses vitrages; de sorte que, si le Familistère offre sécurité à ses habitants, il ne peut en offrir aux malfaiteurs.
Le Palais étant éclairé toute la nuit, dans toutes ses parties, les galeries de circulation en particu-