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REMARQUES

facultés de l'Être Humain (que nous avons réservée pour un autre volume) avait précédé celle de ses besoins, dont nous nous sommes spécialement occupé dans ce qui précède. Quoi qu'il en soit, on peut constater que, dans l'exposé fait ici des bases fondamentales de l'idée du Palais Social, l'organisme du Palais se développe devant nous en suivant l'ordre naturel des besoins de l'homme.

Le logement, le vêtement, la température, et les moyens faciles et commodes de circulation, satisfont aux premiers besoins de la sensibilité, aux besoins extérieurs du corps : à ceux du Tact.

Les approvisionnements et les services de préparation culinaire satisfont aux besoins de l'alimentation, de la nourriture : à ceux du Goût. Ces besoins reçoivent leur complément indispensable dans la consommation d'une eau potable et pure.

Par l'usage hygiénique de l'eau et la pureté de l'air, V Odorat est en état de savourer les parfums des jardins et des fleurs, aussi les fenêtres du Palais sont-elles constamment garnies de fleurs el de plantes aromatiques.

Le Familistère donne satisfaction aux besoins de la Vue par l'élégance de sa construction, par l'espace et l'étendue de ses proportions, par la propreté générale, et par la large place qu'il fait à la lumière et à tout ce qui peut récréer les yeux.

L'Ouïe, ce sens intermédiaire des facultés d'un

autre ordre, puise ses satisfactions dans le calme et

la sécurité, au sein du mouvement et de la vie. Le Familistère, ayant pour première fonction de créer le bien-être des familles, assure la paix et la tranquillité qui sont les éléments nécessaires de ce bienêtre; au Palais, le calme de la demeure n'est rompu que par les jeux de l'enfance, et par les relations des sociétaires entre eux.

Le Familistère nous présente donc les éléments de la vie réunis, appropriés et assouplis aux besoins de l'homme ; partout, nous y voyons la matière, dans ses rapports directs avec les besoins physiques de l'individu, prendre les directions les plus propres à assurer le bien-être de tous, et, par cela même, le progrès de la vie.

Nous n'avons jusqu'ici abordé l'examen du Palais Social, que par le côté matériel, que par le côté ayant surtout rapport à la satisfaction de nos besoins physiques.

Nous ne nous sommes même arrêtés, ni à la formation du capital nécessaire à l'édification du Palais, ni à la recherche de l'architecte pour le construire. Tout cela étant, fait, nous n'avons eu qu'à

décrire ie fait réalisé, mais ajoutons pourtant que cette réalisation est due à la seule coopération du Travail, ce qui est la meilleure preuve de sa puissance, et de ce qu'il peut faire pour le bonheur de l'Homme.

Malgré cela, le Familistère n'est qu'une entreprise particulière , soumise à la volonté d'un seul homme; ce n'est qu'un vaste édifice dont le propriétaire peut disposer à son gré, et dont il peut faire l'usage qu'il lui plaît : telle est l'objection que peuvent présenter ceux qui sont plus pressés de critiquer que de chercher les solutions de l'avenir.

Nous répondrons à ceux-là : créez toujours, au profit du peuple, les instruments de son bien-être, et vous aurez créé les instruments de sa puissance et de son émancipation.

Le Capitaliste qui prend ce rôle devient l'Économe de la Masse; il est l'organe prévoyant et intelligent du bien de tous; il remplit la fonction que les travailleurs associés voudraient donner eux-mêmes à l'administration de leur propre capital, s'ils étaient arrivés, par la participation aux bénéfices de l'Industrie, à devenir possesseurs d'une partie du capital, et surtout s'ils avaient acquis cette intelligence de leurs véritables intérêts qui leur fera voir qu'il n'y a de salut , pour eux , que dans l'Association de toutes les ressources sociales des riches et des pauvres.

Mais, avant que la masse comprenne, il faut que

l'idée se traduise dans la pratique par des faits. Avant que la terre soit couverte de chemins de fer, il a fallu que le rail et la locomotive fussent inventés; mais, aujourd'hui, qui empêchera que le rail et la locomotive soient des instruments de progrès et de civilisation? Il en sera de même du Palais Social. Les débuts laborieux du Familistère serviront de semence à la pensée de la Réforme Architecturale, et l'avenir fécondera ce premier germe de pacifique Rénovation Sociale.

Mais, à côté de l'objection précédente, qui naît d'une impatience de progrès social, facile à comprendre, il en est d'autres d'ordres bien différents, qui puisent leur source dans les préjugés s'attachant à la possession des Richesses.

C'est ainsi que des personnes disent :

« Comment peut-on dépenser sa fortune à la » construction d'un édifice semblable? Il ne sera ni » divisible, ni partageable ; qu'en feront les héri- » tiers? »

Malheureux héritiers ! c'est à eux seuls qu'on pense !

C'est à eux seuls qu'on pense, ils seront tant à plaindre de ne pouvoir complètement enlever aux travailleurs l'usage du Palais que ces travailleurs mêmes ont contribué à édifier par leur travail l Pauvres héritiers, ils ne pourront faire des parts et des lots du Palais Social, ils ne pourront que s'en partager la valeur, s'ils trouvent un amateur qui

consente à laisser au Palais l'usage auquel il est consacré ; car il ne peut avoir d'autre destination que celle de loger des familles.

Telle est la nature des objections faites contre le Familistère, par ceux qui ne conçoivent l'idée de la propriété que sous les préjugés et les sophismes dont elle est entachée par la loi, et par les mœurs. Il n'en sera plus ainsi quand la propriété reposera sur la valeur, et non sur les choses immobilières, et surtout quand le Travail aura trouvé place, dans nos codes, à côté de la Propriété.

En attendant, faisons remarquer que le Palais Social est surtout destiné à devenir la propriété actionnaire de ses habitants, et poursuivons notre étude du Familistère, comme fait pratique dans le présent, comme fait dès maintenant applicable à l'amélioration du sort des masses, et surtout à l'amélioration du sort des populations industrielles, mais cherchons aussi à reconnaître dans le Familistère l'application des principes nécessaires aux Sortions Sociales de l'avenir.

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