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RÈGLEMENT ET LIBERTÉ

Malgré les principes du Droit, du Devoir et de la Justice, exposés dans ce livre, beaucoup de personnes se demanderont encore quelle est la règle de la vie au Familistère; car peu de gens savent concilier les principes avec les faits. Beaucoup voudront croire à un renversement complet des mœurs et des habitudes de la famille, ils croiront à un rè-

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glement nécessaire, obligatoire, et même sévère : il ne suffit pas d'avoir largement posé les droits de la Liberté bumaine, pour beaucoup de personnes il faut encore exposer comment la Liberté se pratique.

Nous n'aurons en ceci qu'à faire une simple remarque. Dans les grandes villes, les maisons ont quatre étages et davantage ; un même escalier conduit à tous les appartements ayant leurs portes sur le palier de chaque étage; l'escalier est commun à tous les locataires et libre au public. On n'a jamais vu que ces entrées de logement, resserrées les unes sur les autres, fussent une atteinte à la liberté de personne, ni aux habitudes de la famille. Pourquoi en serait-il autrement au Familistère, où les logements ont leurs entrées sur de vastes galeries avec l'espace devant elles, et une voie largement ouverte.

Le Familistère présente donc infiniment moins de causes de promiscuité que les logements des villes.

Les habitations des villes n'ont pas de règlement, le Familistère n'en a pas davantage: l'habitant y est complètement libre.

Il ne faut pas s'y méprendre :. la Liberté est de l'essence absolue du Droit, rien n'est durable dans les institutions humaines, si la liberté n'est respectée.

Malgré ce que j'ai établi de l'influence que les dispositions matérielles de l'habitation peuvent .avoir sur l'amélioration du sort des classes ouvrières,

il faut qu'il soit bien compris que cette amélioration doit se développer d'elle-même : le milieu doit la produire, elle ne doit pas être imposée.

Il faut que l'habitant des nouvelles demeures trouve dans leur usage des facilités nouvelles, des avantages nouveaux, sans rien perdre de ceux qu'il possède ailleurs; il faut qu'il voie s'effacer, une à une, les causes de malaise qu'il rencontre ordinairement dans son logement, sans que la demeure nouvelle lui impose le sacrifice d'aucun bien ; aussi l'édifice du Familistère a des entrées, mais il n'a ni portes ni grilles; chacun entre, sort, va, vient à son gré, à toute heure, et partout, sans consulter personne; la nuit, le jour, des caves aux greniers, à tous les étages, le Familistère est libre !

Le Familistère a bien eu, dès son origine, son administration et ses bureaux, mais au lieu d'être constituées pour réglementer les locataires, ces institutions n'avaient d'autre objet que les intérêts commerciaux et la surveillance de la bonne exécution de tous les services d'un usage commun. La population fut invitée à prendre part à ces services, mais librement et volontairement, contre salaires débattus pour chaque fonction, et chaque genre de travail à faire.

La Liberté est le principe consacré au Familistère comme règle de toutes les mesures qui y sont prises ; ni la famille, ni l'individu n'ont à s'y occuper d'un règlement ; il n'y en a pas d'autre que celui qui est

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