ÉPILOGUE
Au moment où se termine l'impression de ce livre, je crois devoir en remplacer le dernier chapitre par les lignes suivantes :
Plus que jamais il m'est donné de mesurer les maux que la Guerre fait peser sur les Nations; les malheurs de ma Patrie m'en témoignent, et, plus que jamais, il m'est donné aussi de juger ce que l'absence de Foi Sociale et de Vrais Principes réserve de malheur aux Nations.
Je frémis à la pensée des maux qu'une politique routinière, et sans profondeur, accumule sur la France.
Après la guerre avec l'étranger, c'est la lutte fratricide entre Français; c'est la guerre civile avec tous ses ressentiments aveugles ; et, de quelque côté qu'on se tourne, on ne comprend la pacification que
par la lutte à outrance, que par le meurtre et le carnage.
Pendant que j'écris ces lignes, j'ai le cœur déchiré par le bruit du canon de la guerre civile;
Des Français se mutilent et se massacrent de part et d'autre, sous le prétexte de la défense du Droit ;
Des jeunes filles, des mères, des enfants succombent, victimes inoffensives de cette guerre fratricide ;
Des haines s'accumulent et des ruines s'amoncellent ;
Et les meilleures volontés sont impuissantes à empêcher ces malheurs, devant les erreurs et Pégarementdes partis.
Au nom du Droit, du Devoir et de la Justice, Pitié pour les victimes innocentes que les malheurs de la guerre civile vont réduire à la misère la plus affreuse ; M iséricorde pour les égarés qui ont cru défendre le Droit et la Liberté; Clémence pour ceux qui ont cru agir au nom de la défense des Principes méconnus.
L'histoire jugera les événements sans passion, et, avec le progrès des idées, elle verra ces événements sous un autre jour que nous.
Soyons indulgents pour les passions politiques, ce sont les passions de l'égarement de la raison ; elles font autant de coupables dans le succès que dans le revers, chez ceux qui s'y abandonnent, et