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ÉPAVES DES IDÉES SOCIALES LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES

Les idées d'Association avaient profondément labouré l'opinion publique avant fous ces événements, mais si le terrain avait été remué et ameubli, la semence productive n'y était pas déposée.

Malgré cela, de courageux partisans du principe en avaient planté le drapeau sur le terrain de la pratique. Des Associations avaient surgi de toutes parts.

Dès le mois de juillet 1848, malgré l'ombrage que ces Associations portaient au pouvoir, un crédit de trois millions fut voté sous prétexte de leur venir en aide, mais c'était un moyen de faire pénétrer l'intervention de l'État dans ces Associations, et d'avoir la haute main sur elles par les conditions attachées au remboursement.

Elles en comprirent le danger, et peu d'entre elles eurent recours à cette ressource.

La meilleure protection que la loi puisse accorder au principe d'association, c'est d'en consacrer le droit et de laisser aux citoyens la liberté entière de son application.

Nulle puissance au monde ne peut élever tout d'un coup le niveau de l'opinion publique à la conception, des règles pratiques de l'Association Intégrale.

Nulle puissance ne peut davantage élever les individus à la hauteur des sentiments de Justice et de Fraternité nécessaires au régime sociétaire. Ce progrès ne peut être que l'ouvrage de l'expérience et du temps, agissant de concert avec des causes moralisatrices de l'esprit public, et le pouvoir lui-même doit le premier s'élever à ces vertus sociales et donner l'exemple de leur mise en pratique.

Ces causes ne pouvaient exister sous l'absolutisme d'un pouvoir qui, cherchant à briser partout ce qui n'était pas placé sous sa dépendance, augmentait ainsi les embarras que devait inévitablement éprouver l'inauguration d'un nouveau régime économique, conçu au profit des travailleurs.

Aussi la plupart des Associations Ouvrières, pour n'avoir pas accepté la prétendue protection qui leur était offerte, succombèrent sous le poids des difficultés qui leur furent suscitées.

Le cercle étroit dans lequel celles qui survécurent pouvaient se mouvoir, rendit ces expériences sans portée aucune.

Uniquement affectées à quelques professions isolées, elles constituaient un régime en participation dans un travail commun , peu en accord avec les vrais principes d'Association.

Les membres de ces sociétés n'étaient pas positivement des associés, ni des sociétaires, mais de simples coopérateurs dans un même travail pour en partager les bénéfices.

Aussi le mot d'Association fut-il, quelques années plus tard, remplacé par celui de Coopération, pour les entreprises où l'idée militante de l'Association garda quelque signe de vie.

Ce titre de coopération, nous venant de l'expérience faite en Amérique, par l'Anglais Robert Owen, fut appliqué aux Associations populaires avec un succès apparent.

Le mot d'Association était trop large et trop complet dans ses conséquences pour pouvoir garder sa place dans la presse. Ce sacrifice aux convenances du moment engagea le monde officiel à faire un dernier effort pour donner des directions à ce mouvement si tenace de l'union des intérêts populaires.

Une loi, aussi imparfaite que la science même de ses auteurs en économie sociale, fut faite pour poser les règles de la Coopération.

C'est au milieu de ces embarras que l'idée de l'Association s'est confusément maintenue sur le terrain de la pratique et de la discussion.

C'est ainsi qu'un mouvement considérable fut

enrayé; cependant les empreintes des idées de l'école sociétaire se maintinrent au milieu d'un silence de mort qui leur fut imposé pendant de longues années.

Honneur aux hommes dévoués qui savent conserver une place, si petite qu'elle soit, aux idées du progrès lorsque leur éclipse menace d'être totale !

Malgré le silence imposé aux principes, il restait cette pensée, à l'état de vague sentiment, qu'il ne suffit pas de faire taire les besoins sociaux pour les faire disparaître.

On comprenait, dans les régions officielles même, que le grave problème de l'amélioration du sort des classes ouvrières restait tout entier à résoudre; que les progrès de la civilisation appelaient un remède au paupérisme.

On comprenait qu'il était anormal de voir se développer la richesse dans des proportions considérables, sans que la condition du travailleur offrît à celui-ci plus de sécurité contre les éventualités de la misère.

On comprenait que sa condition devait s'amélio-

rer proportionnellement à la somme des richesses produites.

Ceux-là mêmes qui avaient contribué au naufrage des idées sociales, en ramassaient de tous côtés les épaves, pour construire à leur popularité un édifice de leur façon.

Sous l'empire de considérations de cet ordre, l'idée des cités ouvrières était livrée à l'opinion publique, comme apaisement au reste de ses espérances déçues.

En janvier 1852, un décret affectait dix millions à l'amélioration des logements des classes ouvrières. C'était le pendant des prêts offerts aux Associations.

Mais cette fois, ces dix millions n'étaient pas offerts en prêts aux Compagnies, ou aux industriels, qui voulaient se charger de construire des habitations ; c'était un pur don qu'on leur faisait.

Pourquoi, aux travailleurs, des prêts onéreux de sommes relativement peu importantes ; et pourquoi des sommes considérables données gratuitement aux capitalistes?

La cité Napoléon, qui aurait dû être un modèle, reçut 200,000 francs de subvention.

D'autres compagnies^ Paris, reçurent ensemble plusieurs millions, et de tout cela, il n'est rien sorti que l'insuccès le plus complet.

Les cités ouvrières étaient le thème circonscrit dans lequel se débattaient alors les idées sociales

retirées, par leurs ennemis mêmes, du naufrage de ces grandes assises sociales qui, depuis 1830 jusqu'à 1848, avaient occupé le monde.

Les Cités Ouvrières, en même temps que les Associations, restaient comme débris des idées contre lesquelles les événements avaient prononcé un temps d'arrêt et de silence.

On était loin de ces idées d'Association Intégrale, de Fraternité, de Solidarité et d'Harmonie, constituant le fond des doctrines qui, pendant environ vingt ans, étaient restées sur le terrain militant du progrès social.

Les mots de réformes sociales étaient bannis du langage, mais on maintenait un intérêt apparent au sort des classes laborieuses. Aussi, songeait-on à chercher le moyen d'améliorer la condition de l'ouvrier des villes, là où le développement de la fabrique avait fait convertir caves et greniers en logements infects, où l'air, la lumière et l'espace étaient plus rares que dans les étables.

On se souvient des graves critiques que cet état de choses avait soulevées de 1830 à 1848. Cette question renfermait non-seulement un intérêt social, mais aussi un intérêt gouvernemental, et les hommes mêmes qui, naguère, s'étaient faits les proscripteurs des idées sociales, se préoccupèrent de faire tourner au profit de leur popularité les moyens d'amélioration des logements du peuple, et donnèrent leur appui à ces entreprises.

Paris vit alors s'élever, au nom de l'intérêt des classes ouvrières, des constructions d'une certaine importance; mais le régime autoritaire, servant de base et de règlement à ces fondations, leur fit décerner le nom de Casernes Ouvrières, et les fit répudier par ceux mêmes pour qui elles étaient faites.

Cet insuccès était une des premières chutes du règne de la prépotence sur le terrain du progrès, où l'homme ne peut avancer qu'en compagnie de la liberté.

Mais l'esprit de despotisme éblouit ceux qui s'abandonnent à ses suggestions ; ils ne peuvent croire que leur patronage ne puisse s'unir avec les faits qui ont pour but l'amélioration du sort du peuple.

Ils ne comprennent pas que la réforme architecturale, constituant la véritable habitation du travailleur, ne peut réussir que sous le patronage de la liberté et de l'indépendance, et que, sans l'indépendance et la liberté, l'architecture fraternelle, l'architecture sociale ne peut exister.

L'appui donné à la réforme de l'habitation ouvrière par des gens sans principes et avides de popularité, cessa dès que fut reconnue son impuissance à procurer les avantages honorifiques qu'on en attendait.

11 ne restait plus qu'à patronner les errements du passé en leur donnant un nouveau vernis; il ne restait plus qu'à mieux plâtrer l'intérieur de la maisonnette antique, à rejointoyer ses murs dccrépiis

et à vanter, pour l'ouvrier, le bonheur d'une telle demeure, quoique le confortable du palais, le charme des parcs et des jardins, et les agréments de la vie fussent nécessaires à l'opulence.

Ce n'était plus les champs et l'espace, dont jouissent de misérables demeures de campagne, qu'on demandait pour l'ouvrier; c'était une petite maisonnette avec un jardinet de quelques mètres carrés. On prétendait trouver dans cet isolement une garantie des vertus domestiques.

Mais cela ne changeait rien dans la condition de l'ouvrier : la gêne intérieure de la famille était aussi complète, et la fréquentation du cabaret restait la seule distraction de l'existence du travailleur.

Les mêmes souffrances et les mêmes besoins, qui avaient été dévoilés dans l'existence des classes ouvrières, continuaient et s'aggravaient même dans certaines villes, où le développement de l'industrie appelait chaque jour un accroissement de population.

Dans quelques-uns de ces centres importants de fabriques et de manufactures, des chefs d'industrie se préoccupaient de cette question ; car non-seule-

ment la santé et la vie de l'ouvrier étaient compromises, mais le sort de la fabrique avait à en souffrir.

En présence de l'insuffisance du logement et de la difficulté de vivre, l'ouvrier est peu attaché à l'atelier ; la gêne et la souffrance le font facilement et souvent changer de lieu. 11 était donc d'un intérêt industriel bien compris de chercher à placer l'ouvrier dans de meilleures conditions, afin de donner plus de stabilité à la production.

Ces circonstances présentaient des conditions propices à une innovation largement conçue de l'habitation destinée au travailleur : le travail était concentré, les fabriques et manufactures s'élevaient rapprochées les unes des autres ; à côté de ces édifices servant à la conservation et au logement des instruments de travail, et sans leur céder en rien comme luxe de construction, pouvaient donc s'élever les édifices destinés -à la conservation des travailleurs, au logement et au bien-être de leurs familles.

Ces circonstances propices s'étaient depuis plusieurs années révélées en Angleterre et en France, mais nul ne les avait mises à profit pour une expérimentation sérieuse d'une combinaison nouvelle de l'habitation, appropriée aux besoins des grandes agglomérations industrielles.

La construction des habitations ouvrières était depuis longtemps entrée dans la pratique ; mais

elle se bornait à la création des logements indispensables autour des manufactures; l'attention publique du reste s'en préoccupait peu. En Angleterre seulement une certaine publicité avait été faite au sujet de ces habitations. M. Ch. Roberts les avait mises en relief dans son traité : " The dwellings of the labouring classes, " tandis que les mêmes faits produits en France n'avaient soulevé que de nombreuses remarques critiques de la presse, sans avoir été Pobjet d'aucun traité particulier.

A la vérité, cela n'avait qu'un médiocre intérêt et valait à peine une description technique. L'architecture a une autre mission que de chercher à reproduire les pauvretés dont l'habitation entoure l'espèce humaine, et surtout cette partie de l'espèce qui crée la richesse et les splendeurs de ce monde. Les ouvrages de MM. Burnet et Villermé s'occupent bien de la question du sort des classes ouvrières; mais ils traitent particulièrement de la misère, des souffrances du travail, et de l'état physique et moral des classes laborieuses.

Plus tard, MM. Audiganne, Louis Reybaud, Jules Simon, etc., ont fait une nouvelle lumière sur ces questions, mais en les envisageant encore au même point de vue.

Rien ne reste à dire après les tableaux navrants que ces auteurs ont faits des classes ouvrières ; mais quant aux études pratiques, aux moyens d'amélioration positive du sort des ouvriers, aux vrais

principes d'économie domestique , ils sont restés dans l'ombre; aucune étude en architecture, aucun fait sérieux n'ont été tentés en vue d'en aborder le problème, et de chercher une réforme salutaire dans notre régime industriel.

Un sentiment de réserve avait donc été jusque-là gardé en France, à l'égard des habitations ouvrières, fondées dans différents centres miniers et manufacturiers. On ne s'occupait même pas des nombreuses constructions de ce genre que les Compagnies houillères ont fait établir dans le département du Nord, et le motif en était bien simple : l'idée n'était venue à personne qu'on pût voir, dans la pensée de ces constructions, une autre intention que celle de permettre aux propriétaires des mines d'établir, autour de leurs extractions, des logements de mineurs, dans le,but d'y attirer les ouvriers.

Il n'y eut pas d'autres motifs dans la construction de ces habitations. Lorsque les villages se trouvaient insuffisants pour la population, ou trop éloignés des travaux, la force des choses indiquait la nécessité de construire des maisons, et de les louer à bas prix, pour avoir sous la main les travailleurs nécessaires.

L'objet de l'entreprise étant la mine, n'était pas celui du perfectionnement de l'habitation. Les gérants des sociétés houillères avaient un autre devoir à remplir : celui de faire rendre à l'entreprise

les plus gros dividendes possibles au profit des actionnaires de leurs sociétés.

En conséquence, le plan adopté pour le logement du travailleur était toujours le plus simple possible et le moins coûteux. C'était partout la maison telle que peut la concevoir le premier maçon venu.

Souvent, on ouvrait des puits d'extraction dans des contrées où le travailleur ne pouvait vivre qu'au moyen du campement. Les villages étaient éloignés ou complètement insuffisants pour les populations nouvelles attirées par les travaux ; l'extension de ces travaux était donc subordonnée à la création d'habitations propres à héberger le personnel de la mine.

Un des plus beaux exemples donnés en ce genre fut celui du Grand-Hornu fondé en Belgique vers 1825, par M. Dégorge : cet homme d'une rare intelligence, auquel on doit l'impulsion donnée aux charbonnages belges , conçut l'idée d'édifier de toutes pièces et sur un plan d'ensemble ce que, beaucoup plus tard, on désigna sous le nom de cité ouvrière.

Au milieu de la plaine, près du puits de la mine qu'il avait découverte, il traça des places, des rues parallèles tirées au cordeau, le long desquelles il fit élever avec symétrie des habitations à un étage; les rues furent soigneusement pavées, les maisons furent solidement construites.

Le Grand-Hornu réalisa donc dès son origine, par ses habitations et leur bon arrangement, des con-

ditions de salubrité et d'agrément supérieures à celles des chaumières placées en désordre, le long des rues boueuses du village antique.

Mais, s'il y a là le fait d'une conception large et intelligente comparée à ce qui s'est fait plus tard, autour de beaucoup d'autres charbonnages, où les Compagnies moins soucieuses du bien-être de l'ouvrier firent construire des habitations avec inintelligence et parcimonie, il n'est pas moins vrai qu'on remarque tout d'abord au Grand-Hornu ce qui sera désormais la condamnation de la Cité Ouvrière, — condamnation que renferme ce nom en lui-même , — c'est-à-dire la séparation de ceux qui créent la fortune par le travail, de ceux qui en jouissent par le hasard de la naissance ou de la spéculation.

Le Grand-Hornu en effet, malgré la puissance d'idée empreinte dans son édification, ne renferme que des maisons d'ouvriers mineurs; rien n'y indique la solidarité de la fortune des propriétaires avec le travail auquel elle doit son origine ; et pourtant il semble à voir le Grand-Hornu que si l'existence industrielle de M. Dégorge n'eût pas été brusquement interrompue par sa mort, il eût pu réaliser, au profit de la classe ouvrière dont il s'était entouré, autre chose qu'une amélioration dans l'état du logement.

Malgré cela , la Cité du Grand - Hornu , comme village bien construit, a des conséquences favorables à la population : les relations y sont faciles ;

des sociétés d'amusement s'y maintiennent entre les ouvriers.

Demeurant à proximité de la mine, le mineur se rend sans fatigues inutiles du puits d'extraction à son domicile.

L'école primaire est pour les enfants d'un accès plus facile qu'elle ne l'est généralement au village ; mais abandonnée aujourd'hui à la direction des frères ignorantins, l'éducation ne peut être mentionnée que pour faire voir combien elle est éloignée d'être en rapport avec la conception du fondateur de la Cité : son œuvre est inachevée et sa pensée probablement incomprise, entre les mains de ceux qui ont hérité de sa fortune.

Peu après la fondation de cet établissement remarquable, l'industrie houillère, dans le département du Nord, se trouva dans la même nécessité de fonder des habitations ouvrières,

Des populations entières étaient à l'état de campement sur les lieux de l'extraction de la houille.

La construction de maisons y fut donc là encore une mesure ayant pour but, en réunissant les mineurs près de la fosse, d'assurer plus de régularité et d'économie dans le travail.

Deux pièces au rez-de-chaussée, une échelle de meunier ou un escalier raide et anguleux pour aller au grenier ou à l'étage, voilà ce dont se composent généralement ces logements ; ils sont construits en lignes, accolés par groupes d'une dizaine,

séparés entre eux par des passages, ce qui, en lan gage flamand, leur a mérité dans la classe ouvrière, le nom de Corons (c'est-à-dire ligne de maisons),

C'est au milieu des champs que les premiers groupes de ces maisons furent établis ; elles furent livrées aux habitudes ordinaires de la population qui s'y installait , sans qu'aucune pensée de prévoyance, ni d'ordre, concernant l'économie domestique, intervînt pour apporter aucun changement ni aucune amélioration dans la vie de l'ouvrier.

Rien n'était modifié dans son existence : il quittait l'habitation qu'il occupait au village pour prendre une autre habitation équivalente par la sobriété de ses dispositions, et par son petit jardin tenant à la demeure, ou située quelque distance sur les terres voisines.

Il n'y avait là rien qui pût attirer l'attention ; aussi pendant vingt ans ces sortes de constructions se développèrent, sans que personne supposât qu'il pût y avoir là un bienfait pour les classes ouvrières ; le temps et l'usage, et peut-être aussi la parcimonie des propriétaires, firent même prendre à un certain nombre de ces corons un aspect misérable, qu'une fréquentation moins grande ne donne pas toujours à l'habitation du pauvre des campagnes.

C'est en établissant les loyers à bas prix que les Compagnies houillères pouvaient attirer les ouvriers près de la mine ; ce bon marché devint une

habitude, puis une nécessité, parce que le mineur considère le logement à bas prix comme partie intégrante de son salaire.

C'est là un obstacle au progrès de l'habitation, car la science du constructeur consiste, par ce fait, à rechercher les moyens d'édifier le logement aux moindres frais possibles, et non à y réunir les conditions de comfort auxquelles la créature humaine aspire. De ■ sorte que les corons qu'on bâtit aujourd'hui sont ceux qu'on a bâtis hier et qu'on bâtira demain, jusqu'à ce que les rapports du Capital et du Travail soient modifiés, et que les Compagnies se soient élevées à une conception plus large de ce qui est à faire pour les ouvriers.

Il y eut pourtant quelques exceptions : le développement considérable de certaines Compagnies leur permit de mettre moins de parcimonie dans l'administration des logements. La Compagnie d'Anzin, par exemple, qui commençait ses premières habitations vers 1828, possède aujourd'hui plus de 2000 maisons, et elle en augmente le nombre tous les jours, et développe ainsi la ville de Denain.

Les habitations ouvrières y formèrent des rues parallèles et perpendiculaires les unes aux autres : ces constructions ont successivement composé la plus grande partie des agrandissements de la ville, et elles ont fortement contribué à donner à sa population l'importance qu'elle a aujourd'hui.

Denain, vers 1830, n'avait que loOO habitants;

sa population est actuellement de 12000 âmes environ. Les habitations ouvrières renferment les 2/3 de cette population.

Les causes qui ont donné lieu à la construction de ces habitations dans le Nord, nous l'avons vu, n'étaient étayées d'aucune pensée sociale : ce n'était ni une réforme, ni un progrès qu'on cherchait; on obéissait à un besoin ; l'atelier de production y trouvait son compte dès l'origine, mais le régime de la vie de l'ouvrier ne pouvait immédiatement trouver avantage à cette agglomération des habitations.

Chaque famille y apportant les habitudes contractées dans l'isolement, les fumiers, les ordures, les eaux ménagères se multiplient avec le nombre des habitations. Ces agglomérations ouvrières, abandonnées à elles-mêmes, ne peuvent donner" que de médiocres résultats domestiques. Pour qu'il en soit autrement, il faut qu'une administration intelligente sache organiser les services d'hygiène, de propreté et de salubrité extérieure que la population est impuissante à prendre à sa charge ; il faut encore que cette administration sache prendre les mesures d'économie domestique, concernant les approvisionnements des choses indispensables à la vie, et les dispositions nécessaires à l'éducation et à l'instruction de l'enfance.

Aussi est-ce à partir du moment où les Compa gnies songèrent à porter leur attention de ce côte,

qu'on put voir disparaître les inconvénients attachés aux concentrations ouvrières abandonnées à elles-mêmes, et voir se produire les avantages que comporte une population agglomérée et bien dirigée.

C'est ainsi que du jour où la Compagnie d'Anzin fonda des institutions d'utilité commune, on vit s'améliorer l'état physique et moral de la population ouvrière qu'elle occupe.

Le service de salubrité et de propreté de l'abord des habitations, ainsi que d'autres services publics, furent pris à la charge de la société, et s'organisèrent avec des gardes de ville ; une bonne surveillance fut établie dans l'intérêt des familles.

Des écoles, des salles d'asile furent ouvertes et assidûment fréquentées par les enfants, et des cours de dessin formèrent des élèves remarquables. Dès lors, les Corons devinrent dignes d'attention.

Car le niveau intellectuel et moral, comme l'aisance et le bien-être des populations ouvrières, s'élève en raison de la part faite aux institutions d'intérêt public, sur les bénéfices de la production.

Les Corons devinrent donc à Denain des habitations profitables aux ouvriers et à leurs familles ; quand, sur d'autres points, des agglomérations semblables avaient un aspect misérable, dont souffraient les classes ouvrières par suite de l'indifférence et de l'incurie auxquelles les habitations étaient abandonnées.

Une expérience pratique de trente années, sur les petites maisons d'ouvriers, devait être suffisante pour juger la portée sociale de la Cité Ouvrière. Il y avait quelque chose à tenter dans une autre voie; mais les faits ne suffisent pas toujours quand la puissance des intérêts commande et que la science fait défaut.

En présence de l'échec éprouvé dans la fondation des Cités Ouvrières tentées à Paris, il ne restait plus, pour la popularité du patronage, qu'à chercher le succès dans une autre voie.

Les centres industriels de l'Est en offraient l'occasion. Les petites^ maisons isolées furent, en conséquence, signalées à l'attention publique, comme une nouveauté considérable.

Des hommes animés du désir de réaliser quelque amélioration dans l'existence de l'ouvrier prirent l'initiative, et se signalèrent à Mulhouse, à Guebviller et à Colmar.

Les cités de Mulhouse surtout furent mises en évidence par une subvention de 300,000 francs accordés par le chef de l'État. Mais en s'occu-

pant du logement des classes ouvrières, songeaiton à une innovation architecturale, propre à introduire dans l'économie domestique des conditions capables de transformer l'existence de l'ouvrier?

L'habitation allait-elle être autre chose, pour la famille, que deux ou trois pièces, étrangères à tout ce qui fait le comfort de la vie, éloignées de tout ce qui en fait le charme et l'agrément ?

Allait-on , au contraire , réunir dans une conception nouvelle de l'habitation les conditions d'hygiène et de salubrité, et les moyens de rendre accessibles à tous, également, les commodités delà vie?

Allait-on réunir, au profit du logement, les bienfaits qui peuvent ressortir de l'application des découvertes que la science et le travail ont rendues applicables au bien-être de l'homme?

Allait-on, par un ensemble des édifices, par une concentration bien comprise de toutes les choses d'un usage public et général, mettre chaque habitation dans des conditions égales pour en jouir?

Allait-on réaliser un progrès en architecture, capable de donner en permanence à la classe ouvrière, des moyens communs de jouissance et de satisfaction, que la fortune seule peut réunir?

Pour cela, il fallait sortir des errements de la routine; il fallait, par un nouvel effort, rattacher le travail à la fabrique; il fallait innover; il fallait rompre avec les liens de l'habitude qui nous attache si puissamment au passé, et concevoir d'autres

habitations que celles édifiées dans la plus complète ignorance des véritables conditions architecturales, réclamées par le progrès social.

Mais le problème n'était pas aussi largement posé, quoiqu'on donnât alors à ces habitations l'importance d'une question sociale.

On lit en effet dans les rapports faits à la société industrielle de Mulhouse sur les études de ce projet :

« Ce qui nous a particulièrement guidés dans « le choix du plan que nous vous soumettons au- « jourd'hui, c'est le désir que vous partagerez avec « nous, d'améliorer d'une façon notable la con- « dition des ouvriers de la ville et de la campagne ; « car le genre d'habitations que nous proposons ne « conviendrait pas moins aux uns qu'aux autres. « Si dans les campagnes, en effet, les logements « ont déjà l'avantage d'être isolés, on sait d'autre « part qu'ils pèchent' parfois par une mauvaise dis- « tribution, et trop souvent par le défaut de p rote prêté, de lumière et d'air salubre.

« La commodité, la propreté d'un logement in- « fluent plus qu'on ne le supposerait d'abord peut- « être, sur la moralité et le bien-être d'une famille. « Celui qui ne trouve en rentrant chez lui qu'un « misérable taudis, sale, en désordre, où il ne res- « pire qu'un air nauséabond et malsain, ne saurait « s'y plaire, et le fuit pour passer au cabaret une « grande partie du temps dont il dispose. Ainsi son

« intérieur lui devient presque étranger, et il con- « tracte bientôt de funestes habitudes de dépenses « dont les siens ne se ressentent que trop, et qui « aboutissent presque toujours à la misère. Si au « contraire nous pouvons offrir à ces mêmes « hommes des habitations propres et riantes ; si « nous donnons à chacun un petit jardin, où il « trouvera une occupation agréable et utile ; où, « dans l'attente de sa modeste récolte, il saura « apprécier à sa juste valeur cet instinct de la « propriété que la Providence a mis en nous, « n'aurons-nous pas résolu d'une manière satisfai- « santé un des problèmes les plus importants de « l'économie sociale? n'aurons-nous pas contribué « à resserrer les liens sacrés de la famille, et rendu « un véritable service à la classe intéressante de « nos ouvriers, et à la société elle-même? »

Cet extrait d'un rapport sur les études faites à propos du projet de construction des habitations ouvrières de Mulhouse, indique des intentions plus larges que le plan proposé ne le comporte.

Il est, en effet, difficile de concevoir comment une habitation ayant 6 mètres de largeur sur 5 mètres 25 de profondeur, espace dans lequel doit être compris l'escalier pour la cave et pour l'étage, puisse être présentée comme modèle à l'usage de la ville et de la campagne; un tel logement peut tout au plus être offert comme étant à la convenance d'une famille limitée dans son personnel,

mais il ne peut même convenir à toutes les familles ouvrières.

Deux jeunes époux sont plus à leur aise dans, une seule pièce que ne le serait une famille de six personnes dans ces habitations étroites; à plus forte raison ces habitations sont-elles insuffisantes pour des familles plus nombreuses.

L'habitation modèle doit se prêter à toutes les dimensions nécessaires au développement de la famille, et ne rien lui donner d'inutile.

Peut-on concevoir davantage qu'un jardin de 12 mètres de largeur, passage de l'habitation compris, sur une moyenne de 12 mètres de profondeur, situé sur la rue, bordé d'une simple palissade, et en vue de tous les passants, soit un réel complément de bonheur attaché à une telle habitation?

Nous venons de voir l'influence que peuvent exercer les habitations d'ouvriers en étudiant celles des houillères du Nord et du Grand-Hornu ; leur plan ne le cède en rien à celui des habitations de Mulhouse, au contraire ; la plupart sont certainement bien supérieures en commodité et en salubrité.

A Mulhouse, tout en préconisant le système de l'habitation isolée, on a fait le plus grave compromis qu'il soit possible de faire avec la communauté des rapports et la dépendance de la chose d'autrui.

Ce n'est pas en effet la maison indépendante qu'on a édifiée, mais au contraire l'habitation assujettie aux convenances du voisin : quatre maisons n'en

formant qu'une seule, et toutes les quatre ne pouvant prendre d'air et de lumière que sur la façade et le pignon.

On a multiplié les escaliers ; chaque logement a le sien pour monter à l'étage ou au grenier, mais en revanche, la moitié des murs sont communs et la ventilation est interdite de ces côtés.

Un assez grand nombre des habitations du Nord et celles du Grand-Hornu ont, sur les maisons de Mulhouse, l'avantage de disposer de l'espace compris devant et derrière le logement; elles sont à double chambre au rez-de-chaussée et au premier : les unes ayant jour sur la rue, les autres sur le jardin qui est derrière. Cette disposition permet d'avoir la lumière des deux côtés de l'horizon, et de ventiler les appartements aussi largement que possible : avantages que n'offrent pas les habitations de Mulhouse.

Pourtant, trente années d'existence n'ont pu faire que le Grand-Hornu et les Corons du Nord servissent de modèle pour une autre destination que celle des besoins de l'industrie.

Il ne faut pas se bercer d'illusions plus longtemps sur le mérite des maisons d'ouvriers ; ce n'est pas sur elles que repose le légitime honneur qui appartient aux fondateurs des cités de Mulhouse, et de celles des autres centres industriels.

En fondant des Cités Ouvrières, on obéissait à la force des circonstances, à Mulhouse comme ail-

leurs. Le logement était devenu rare dans les centres où l'industrie avait pris des proportions qui dépassaient la vigilance des spéculateurs sur le loyer ; il y avait donc urgence à s'occuper de la question des logements d'ouvriers. Mais ce n'était pas une œuvre d'architecture nouvelle qu'on concevait, c'était la maison à bon marché, c'était le logement dans toute sa sobriété; ce qui le distingue, c'est qu'il constitue le quartier à part de la pauvreté, aligné sur des rues tirées au cordeau.

Une différence assez notable existe entre là manière dont les Compagnies houillères du Nord et les Manufactures de l'Est appellent les familles ouvrières à faire usage des habitations qu'elles ont construites à leur intention. Dans le Nord, on loue à un prix réduit, et jamais les Compagnies ne vendent leurs maisons ; elles restent ainsi maîtresses des modifications qu'elles jugent à propos d'y introduire.

Plusieurs motifs ont engagé la société mulhousienne à entrer dans une autre voie. Elle a jugé à propos d'appeler les ouvriers à la propriété en leur vendant les maisons qu'elle faisait construire ; elle attachait ainsi au pays les ouvriers acquéreurs, et avec le capital de la vente, elle pouvait construire des maisons nouvelles, sans augmenter le capital social.

On a eu le tort de présenter cette idée de faire de l'ouvrier un propriétaire, comme une véritable

panacée sociale, et comme un puissant moyen de moralisation.

Ne s'est-on pas exagéré la portée de cette mesure, et ne deviendra-t-elle pas un jour l'objet de graves difficultés par suite des conditions attachées à Ja vente?

C'est ce que l'avenir révélera. En attendant, la société a compris qu'elle ne pouvait faire des ouvriers acquéreurs que des demi-propriétaires, ou qu'elle devait courir les risques de voir promptement la Cité se modifier, et transformer les habitations modèles de toutes sortes de manières.

Pour éviter ce dernier inconvénient, il est imposé par le contrat de vente à l'acheteur de la maison : de conserver toujours l'immeuble dans le même état;

De tenir le jardin en bon état de culture et de n'y élever aucune construction nouvelle;

De ne pouvoir revendre ni sous-louer pendant dix ans, etc.

Ce sont là, certainement, des restrictions bien gênantes pour un propriétaire, et qui affaiblissent bien fortement les idées romantiques qu'on peut se faire sur la propriété d'une petite maison.

Si le droit de propriété a été bien défini lorsqu'on a dit de lui qu'il est le droit d'user et d'abuser, il faut convenir que les ouvriers acquéreurs des maisons de la société mulhousienne ne seraient guère propriétaires ; et pourtant il fallait qu'il en fût ainsi

pour ne pas voir immédiatement renverser l'ordre et l'arrangement de la Cité.

Si l'ouvrier était librement propriétaire, on verrait de suite s'élever à côté de plus d'une habitation des loges à porcs, à lapins, des fumiers remplacer le jardinet pour servir à fumer les jardins loués hors ville ; la spéculation s'introduirait au sein de la Cité, et parmi les propriétaires il y en aurait qui, convertissant l'habitation actuelle en remise, voudraient bâtir façade à rue pour établir des magasins de vente, des estaminets, etc.

Ce sont là des inconvénients inhérents à l'isolement, au morcellement auxquels il sera bien difficile de toujours se soustraire ; il sera bien difficile de faire toujours que le véritable propriétaire ne puisse disposer de son bien, et alors la symétrie des constructions actuelles sera gravement compromise ; la ville ouvrière aura l'aspect de la plus grande confusion.

L'idée d'attacher l'ouvrier à la propriété immobilière, comme l'a fait la société mulhousienne, a donc ses écueils.

Chercher à inspirer à l'ouvrier le goûl de l'économie en l'attachant comme propriétaire, est certainement une intention louable ; mais cette idée n'atteint que bien imparfaitement son but, par rapport à la masse ouvrière, parce qu'elle ne s'adresse qu'à un petit nombre. Elle n'est bonne, en effet, que pour celui à qui les économies sont possibles. Les

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ouvriers chargés de famille qui gagnent à peine pour vivre, sont privés de cet avantage, et ce sont ceuxlà pourtant qui forment le grand nombre, et pour lesquels les moyens moralisateurs sont les plus nécessaires.

Admettant pour un instant qu'au milieu des mo~ biles si multiples auxquels la nature de l'homme obéit, l'instinct de la propriété ait le mérite suprême de guider l'individu dans la voie du devoir et du bien, nous dirons que cet instinct est inefficace pour celui qui est dans l'impossibilité d'acquérir une propriété ; que, par conséquent, au point de vue de l'amélioration véritable du sort de l'ouvrier, et du bienêtre de la famille, l'expédient des petites maisons, propriétés individuelles, manque son but : car c'est à la famille à laquelle le logement est le plus difficilement accessible par la voie des économies, qu'il est le plus urgent d'en assurer la jouissance et le bienfait.

Mais n'est-il pas des exemples assez nombreux que la propriété ne suffit pas pour rendre l'homme moral et digne? Combien n'est-il pas d'individus qui dissipent celle qu'ils possèdent, ou font un mauvais usage de celle qu'ils ont acquise ? Combien d'hommes chez lesquels l'instinct de la propriété constitue un sentiment -aveugle, auquel ils sacrifient toutes les vertus sociales? La propriété n'est donc ni un talisman contre le désordre, ni un gage de vertu privée; l'amour de la matière est, hélas î trop invétéré chez l'homme : mieux vaut l'appeler à l'amour de ses semblables.

Que ceux-là qui ont la fortune, et de l'or dans leurs coffres, songent à en accroître la masse par des économies nouvelles, cela se conçoit, surtout parce que cela se fait souvent sans peine pour eux : l'homme désire toujours plus qu'il n'a ; que ceux-là pensent que l'économie puisse devenir la passion de l'ouvrier, cela se conçoit encore, puisque cette passion est celle qu'ils éprouvent : on suppose facilement chez les autres la passion qu'on a soi-même.

Qu'on ait eu l'idée de donner pour objectif à cet instinct d'économie une jolie petite maison, on conçoit que l'idée trouve des partisans. Combien de personnes n'ambitionnent pas davantage ! Une petite maison tout élégante et proprette, un petit jardin tout coquet : c'est là l'idéal de ceux qui n'ont que des maisons sales et mal bâties, quoique possédant le nécessaire et des économies.

Mais pour ceux qui ont à peine l'indispensable, les désirs changent de nature, les besoins du corps commandent ; et ceux-là qui ont à peine le pain du jour, ne songent qu'à s'assurer le pain du lendemain. Ne leur parlez pas de faire des économies : mais offrez-leur le moyen de vivre et de vivre dignement du fruit de leur travail. Ne demandez pas à ces déshérités de la fortune de créer encore le capital nécessaire à leur soulagement : ce capital existe, le travail Ta déjà produit cent fois, appliquez-le avec intelligence et conformément aux Lois de la Vie.

Aussi, est-ce bien moins par la consistance de l'œuvre des habitations ouvrières que les fondateurs des cités de Mulhouse méritent attention, que par les institutions dont ils les ont accompagnées, en vue de contribuer au développement physique, industrieux, intellectuel et moral de la population.

Les cours professionnels, les écoles, les asiles, les crèches, d'un facile accès à toutes les familles ; les lavoirs, les buanderies, les bains, les piscines, l'hygiène, la propreté des trottoirs et des rues, la suppression des parasites, etc., la fondation de cuisines alimentaires, de restaurants, de magasins et débits d'approvisionnements, mettant tout ce qui est nécessaire à la vie à l'abri de la fraude commerciale : voilà les véritables tendances vers l'Association des forces dans le bien, qui honorent les expériences faites à Mulhouse, et dans les autres centres industriels, où l'agglomération de la population ouvrière a permis ces sortes d'institutions.

Mais, sans ces institutions, les Cités de l'Est n'auraient présenté aucun intérêt; elles n'auraient pu être remarquées que par la parcimonie apportée dans l'architecture de l'habitation.

On peut donc organiser une protection plus efficace de la vie humaine, et tout reste à faire, après ces exemples, pour l'émancipation des classes laborieuses et la réforme architecturale de l'habitation humaine.

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