LE GÉNIE OU MAL
La tourmente survenue au milieu des idées nouvelles n'avait pas permis de former le moindre embryon d'un enseignement profitable à la reconnaissance des droits du travail, et avait jeté dans une prostration complète les facultés sociales de la France.
L'énervement politique du pays exerçait une influence considérable sur les esprits : pour les uns, les idées de Progrès Social n'apparaissaient plus que comme^un rêve, et les réalités les plus tristes semblaient seules raisonnables à leurs yeux ; pour les autres, il devenait plus que jamais évident que mal-
gré les vérités nouvelles dont le monde était mis en possession, rien ne servait comme principe supérieur, comme loi morale souveraine, pour guider les esprits.
Le gouvernail faisait défaut aux idées sociales, comme aux idées morales, comme aux idées politiques.
Le sentiment humanitaire qui avait, pendant un quart de siècle, revêtu tant de formes dans l'esprit des novateurs et de leurs disciples, était profondément éclipsé.
Ces formules :
« A chacun suivant sa Capacité, « A chaque Capacité suivant ses OEuvres, « A chacun suivant ses Besoins, « Tous pour Chacun.. Chacun pour Tous, » étaient écartées des préoccupations générales.
On ne se disait même plus « que les institutions sociales doivent avoir pour but d'assurer le bienêtre des classes les plus nombreuses; » à plus forte raison perdait-on de vue les problèmes de l'Organisation du Travail et de son Association avec le Capital.
L'étude et la recherche des principes fondamentaux de l'Ordre Social et de l'Ordre Moral se voilaient au plus grand nombre; il ne s'agissait plus de trouver le remède aux abus et nnx erreurs de ce monde; il s'agissait de conserver au peuple la patience de la Pauvreté î