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LE GÉNIE DU MAL

Telle était la voie dans laquelle conduisait, sinon le calcul, du moins l'état des choses.

Le Travail continuait à créer la Richesse, et le travailleur restait privé des avantages et des biens que la richesse procure.

Le Travail continuait à produire tout ce qui contribue à rendre la vie agréable, et la vie du travailleur restait entourée de dégoûts.

Le Travail continuait sa tâche de fatigue et de peine, et le travailleur ne pouvait jouir des douceurs nécessaires au repos.

Le Travail augmentait de plus en plus ses forces productives en les concentrant, et le travailleur était isolé au contact de la misère.

Le Travail créait les édifices grandioses , des Fabriques et les merveilles de l'Usine, mais l'habitation du travailleur restait dans les conditions élémentaires des premiers âges : ce n'était, et ce n'est encore, qu'un réduit privé de tout ce que l'Art, l'Architecture et la Science ont imaginé pour rendre l'habitation agréable, et, souvent, ce logement suffit à peine pour y entasser la famille.

Le Travail, enfin, plus que jamais, faisait appel au concours de la Science, et l'éducation comme l'instruction du peuple restaient placées au dernier rang de nos institutions publiques.

Les tentatives privées, faites sur quelques points pour améliorer l'enseignement, faisaient ressortir davantage combien l'instruction, en général, était

entourée de difficultés, propres à faire peser sur les populations l'ignorance la plus profonde.

Malgré cela, toutes les illusions des hommes aux aspirations généreuses n'avaient pu disparaître.

En voyant les peuples se donner rendez-vous dans ces grandes Expositions Universelles pour la lutte pacifique du Travail ; en voyant grandir dans des proportions considérables les relations internationales de tous les peuples ; en voyant se confondre Français, Anglais, Allemands, Italiens, Espagnols, Russes, dans les gares de chemins de fer, dans les hôtels, dans les restaurants, aux mêmes tables; en voyant ce commun échange de la vie des peuples, la Paix entre les Nations semblait être un fait accompli.

Les amis du Progrès, de la Paix et de la Liberté pouvaient croire que, si la Fraternité Sociale n'avait pas trouvé son essor, le progrès de l'industrie et du commerce était au moins le grand pacificateur qui accomplirait , par lui-même , la Fraternité des Peuples et des Nations.

Ils pouvaient croire que toutes les voies de progrès restant ouvertes à l'Industrie, elle allait développer sans obstacle le bien-être général par le Travail, et assurer le progrès de l'esprit du peuple par la Science mise à la portée do Tous.

Mais c'était oublier que deux forces se disputent le gouvernement du monde :

UQ Despotisme d'un côté,

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