IV
Béalité
de
Eucharistie
si
3° Institution
de l'Eucharistie! "^
Le Concile de Nicèe (737) : Ni les apôtres ni les Pères n'ont appelé image le sacrifice non sanglant offert par le prêtre ; ils l'ont appelé le corps même et le sang même de Jésus- Christ. Les dons eucharistiques s'appellent figures avant qu'ils soient consacrés; mais après la consécration ils sont appelas, ils sont et on les croit proprement corps et sang de Jésus-Christ.
Le Concile de Latran (xui° S.) ordonne de recevoir le sacrement de l'Eucharistie, au moins à Pâques parce que Jésus-Christ a dit: Si vous ne mange:; la chair du Fils de Vhomme et si vous ne buve^ son sang vous n' aure^as la vieenvous(iodL.\u,bÇ)). Le Concile de Trente (xvi° S.) dont nous avons cité le décret portant anathème contre ceux qui diraient que le corps, le sang, l'âme, la divinité de Jésus-Christ n'est pas véritablement, réellement et substantiellement dans la S'" Eucharistie.
Aux premiers siècles, imposait aux fidèles la loi dite du secret défendant de parler de la sainte Eucharistie pour ne pas la laisser aux railleries des païens; loi sans raison d'être, si l'Eucharistie n'eut été qu'une simple figure de Jésus-Christ.
Aux premiers siècles encore, avait à se défendre contre l'accusation des païens quileur reprochaient d'immoler des enfants et de se nourrirde leur chair. — allusion évidente iilamanducation de la chair de J.-C. que ne comprenaient pas les païens.
Dans toutes ces liturgies admet dans leurs sens naturel les paroles de Jésus-Christ à la Cène.
Toujours a fait rendre à l'hostie consacrée les adorations dues à Dieu soûl.
Par la
pratique
de
'Eglise
qui
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
IT
Réalité
«le
rciucharisde
Institution
de l'Eucharistie
Par
O, l'argument
de prescription
c'est-à-dire,
le raisonnement
par lequel,
du fait
de la croyance
'unanime de l'Eglise
touchant
un point
de sa doctrine,
[on conclut à la vérité
de cette doctrine
parce qu'elle
remonte
à Jésus-Christ
qui le premier l'a
enseignée
il est certain qu'actuellement l'Eglise catholique entière croit à la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.
11 est certain que cette croyance a une origine et que cette origine doit se retrouver en remontant le cours des siècles. — Orya-t-il eu un tcnifs ou elle n'existait pas et un temps où elle a commencéà se manifester?
— Un ]'jai/s où elle a été énoncée pour la première fois? — Une 'personne qui , la première , l'a fait
j connaître ?
jll est certain qu'en remontant d'un siècle à un autre, nous trouvons cette croyance admise non comme nouvelle mais comme transmise par le siècle précédent. — Et il en est ainsi jusqu'aux temps apostoliques , jusqu'aux Apôtres qui euxmêmes l'exposent comme venant dû Jébus-Christ.
MOYENS D OBTENIR LA GnACE.
Confirmation
de cette institut ion
6° Par la difficulté
ou même
rimpossibilité
d'inventer
le
\ mystère
de l'Eucharistie
surtout
de
faire
croire
à ce mvstère
L'homme
n'a pu par
lui-même
s'élever à la
conception
du
doirme
de
l'Eucharistie
Le dogme de l'Eucharistie est tellement opposé àtoutcequ'afiirment nos sens, à tout ce que dit notre expérience ; il est si peu en rapport avec ce que montre notre raison que jamais un homme raisonnable n'aurait imaginé de le concevoir; il en aurait même rejeté l'idée si elle lui fut venue.
2° L'homme aurait-il con^'ui
le dogme
Eucharistique,
n'aurait
pas osé
le proposer
à la crovance
du senre humain
3° L'homme aurait-i osé proposer le dogme Eucharisti-, que, il ne serait ja-' mais parvenu à Je persuader
Toute assertion nouvelle a besoin de preuves pour se produire ; or l'inventeur du dogme Eucharistique ne pouvant l'appuyer sur aucune raison humaine, aurait compris que le propager, c'était s'exposer à la raillerie et au mépris.
Le dogme Eucharistique, est tellement au-dessus de la raison humaine qu'il ne peut être accepté et cru que sur la parole de Dieu ; et celui qui le proposerait sans l'appuyer sur cette parole sera't regardé comme frappé de démence.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Bcallté de Eucharistie
3° Institution J — .
de
'Eucharistie
Des adorateurs qui se sont proi^-
/ ternes devant l'hostie consa-
L'humanité I crée et l'ont proclamée Diev.
chrétienne | Des martyrs qui sont morts
croit au dogme! pour en défendre la vérité.
de iDes génies puii^sants qui l'ont
l'Eucharistie 1 exaltée dans leurs chants — qui
et elle va I en ont fixé les symboles sur la
toujours cru / toile ou sur la pierre — qui
— 1 ont élevé, pour abriter l'hos-
Dans tous j tie consacrée, de magnifiques
les siècles, I sanctuaires.
la sainte IDes âmes qui se sont vouées
Eucharistie I exclusivement à garder la
a eu I sainte Ev.charisticei (]\xi\>^^'
\ sent leur vie auprès d'elle
\ comme auprès de leur maître.
L'humanité chrétienne n'a pu croire au dogme Eucharistique qu'autant qu'il hii a été imposé par Dieu — S'il lui a été imposé par Dieu, il est donc vrai. — La présence réelle du corps et du sang de Xotre-Seigneur dans ce Sacrement, dit Bossuet, est sclidement établie par les paroles de l'institution, lesquelles nous entendons à la lettre ; et il ne faut pas plus demander pourquoi nous nous attachons au sens propre et littéral qu'à un voyageur pourquoi il suit le grand chemin. C'est à ceux qui recourent au sens figuré et qui prennent des sentiers détournés à rendre raison de ce qu'il.-: font.
4a Conséquences de la réalité de l'Eucharistie
De la réalité deTEucha-i 1° La transsubstantiation.
ristie ressortent deux! 2° L'adoration de la sainte Eucha-
conséquences : | ristie.
Nous ajouterons quelques notes sur /es lumières que la raison
répand autour du mystère de la transsubstantiation.
Preinière conséquence: la transsubstantl-vtion
Ce mot est formé de deux mots latins : trans qui signifie en lui-même au-delà, par delà, et, dans la composition d'un mot, indique le changement d'un objet en un autre objet: transformation, — et du mot substance qui, uni à trans indique le changement d'une substance, (d'un être) en un autre substance, (un autre être.) — La transsubstantiation, est donc le changement de toute la substance du pain au cor'ps de Jésus-Christ et de toute la substance du vin au sang de Jésus-Christ ; de telle sorte qu'il ne reste du pain et du vin que les espèces ou apparences, comme la forme, la couleur, le goût. Le Concile de Trente a dclini cette vérité de foi en ces termes: Si quelquhin dit que la substance du pain et du rin demeure dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie avec le corps et le sang de Jésus-Christ, et s'il nie que ce changement admirable et singulier de toute la substance du pain au corps et de toute la substance du. vin au sang, prétendant qu'il resta autre chose que les espèces du pain et du vin, changement que l'Eglise catholique appelle par ce mot très propre et très convenable : transsubstantiation, — qu'il soit anathèmc ! {Sess. xiii, c. 2.)
Ce mot condamne l'erreur de Luther admettant le corps de Jésus-Christ avec le pain, ou sous le pain, ou dans le pain: la consubstantiation et Vimpanation.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
La transsubstantiation se fait pendant la sainte messe au moment où le prêtre, représentant de Jésus- Christ et investi de la puissance divine qu'il a reçue par le sacrement de l'Ordre , prononce les paroles de la consécration, celles que prononça Jésus-Christ quand tenant du pain dans ses mains, il dit : Ceci est mon corps et tenant le calice, il dit : Ceci est mon sang. — Ce sont les mêmes paroles, c'est la même puissance, ce sont les mêmes efl'ets.
, i" La présence réelle, immédiate et absolue du corps et du sang de Jésus-Christ à la place du pain et du vin. — Ces mots ceci est mon corps et ceci est mon sang dans leur sens naturel , expriment d'abord cette présence réelle et ensuite le changement complet de la substance du pain ; car une chose ne peut rester substantiellement la môme et en même temps devenir une autre chose.
' La présence réelle, immédiate el complète Effets I du corps et du sang de Jésus-Christ sous qui I chacune des deux espèces, — et sous chaque à'ô( accom- / partie de l'une et de l'autre espèce, au moins pagnent \ après la séparation, car il n'est pas de foi, quoiqu'il paraisse assez certain, que si les transsub- 1 espèces sont entières, Jésus-Christ existe tout slanlialion j entier sous chacune des parties qui les compose. — Jésus-Christ ne pouvant plus mourir, il est dans chaque espèce avec son corps, son sang, son âme^ sa divinité. La séparation des espèces a lieu, au S. Sacrifice, pour représenter l'état de mort mystique du Sauveur, mais sous les appareiK es du pain et sous celles du vin il est tout entier non en vertu de la consécration mais par concoinitance, disent les théologiens, en vertu de la vie inaltéralde de Jésus-Christ.
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
f Effets
qui accoinpa-
snent la
transuh-
fitantiation
3° La présence ri'cllc, immédiate, complote et permanente du corps et du sang de Jésus-Christ. — Le corps et le sang de Jésus- Christ demeurent dans TEucliaristie jusqu'à ce que les espèces sacramentelles soient entièrement altérées. Le vrai corps du Sauveur est dans les hosties consacrées qu'on réserve pour la communion et dans celles qu'on conserve après la communion (Concile de Trente ses. xui, 6, 4). — Ce point de foi est londé sur la pratique deVEglise qui envoyait la sainte Eucharistie aux absents, — qui permettait aux fidèles de l'emporter chez eux, — qui la conserve dans des vases d'argent, — qui tient une lampe allumée devant le Tabernacle où elle repose.
Toute la substance du pain et du vin est changée en toute la substance du corps et du sang de Notre-Seigneur Jcsus- Christ.
Il ne reste du pain et du vin que les espèces ou apparences, c'est-à-dire la couleur, la forme, le goût.
Jésus-Christ est réellement et substantiellement présent tout entier, sous chacune des deux espèces et sous chaque partie de lespèce lorsqu'on la divise parce que la personne divine de Jésus- Christ est une et ne peut être divisée.
Jésus-Christ est présent de la même manière sous toutes les espèces consacrées en quelque noml)re et en quelque lieu qu'elles soient et II y est d'une manière permanente.
Résumé
de la doctrine
de l'Eglise
sur la iransubstan-
tiation
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Le Concile de Trente résume cette doctrine par ces paroles : L'Eglise a toujours admis qu'aussitôt après la consécration, le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ existent sous les espèces du pain et du vin conjointement avec son âme et sa divinité ; savoir son corps sous l'espèce du pain et son sang sous l'espèce du vin, par la force des paroles, — mais le corps sous l'espèci! du pain et le sang sous l'espèce du vin et l'âme sons l'une et l'autre espèce, en vertu de la liaison naturelle et concomitante par laquelle les différentes parties de N.-S. Jésus-Christ qui est ressuscité d'entre les morts pour ne plus mourir, sont unies entr'elles, et la divinité, à cause de son admirahle union hypostatique avec le corps et l'âme. C'est pourquoi, il est vrai de dire que l'une et l'autre espèce contient autant que les deux ensemble ; car Jésus-Christ est tout entier sous l'espèce du pain et sous chaque partie de cette espèce, et tout entier sous l'espèce du vin et sous chaque partie de cette même espèce. (Sess. xni, c. 3.) Le catéchisme du Concile de Trente dit : Il n'est pas à croire que Jésus-Christ ait consacré séparément chacun des morceaux de pain qui devaient être distribués aux Apôtres ; il parait au contraire qu'il consacra , en prononçant une seule fois les paroles de la forme, tout le pain qui était nécessaire et qu'il le distribua ensuite. C'est ce qui eu lieu pour l'espèce du vin puisqu'il dit : Frênes et partafje^ entre vous ; lorsque donc les espèces sont divisées, chaque partie, pourvu qu'elle soit sensible, , contient encore le corps et le sang de Jésus-Christ. \ (Ch. XIX, 2.)
Première conséquence
la
Iranssuh-
'slanlialion
Résumé
de la doctrine
de
l'Eglise
sur la
(ranssub-
slanliation
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
Première conséquence
transsi'.b-
stantiation
Résumé de la
doctrine de l'Eglise
sur la transsubstantiation
Les paroles de la consécration placent Notre - Seigi eu." Jésus- Ci ri^t dans l'état naturel où il est au moment où on les prononce. — Ainsi
Quand Jésus-Christ institua cet admirable sacrement, il était vivant, passible, mortel, — son corps, dans l'Eucharistie, 'devait être vivant, passible, mortel.
Si un apôtre eut consacré pendant un des trois jours de la mort de Jésus-Christ alors que son âme était séparée de son corps, — le corps de Jésus- Christ eut été sous les espèces du pain sans âme et sans sang parce que son corps naturel était sans âme et sans sang, de même le sang eut été sans le corps et sans l'âme
— toujours unis l'un et l'autre à la divinité.
Si un apôtre eut consacré pendant que Jésus-Christ était en agonie ou dans les douleurs de la croix, — Jésus-Christ eut été, sous les saintes espèces, dans la douleur et dans la tristesse.
Actuellement, la consécration se faisant, pendant que Jésus- Christ est dans la gloire et le bonheur éternel et que son corps jouit pour toujours des propriétés des corps glorieux,
— Jésus-Christ est sous les saintes espèces dans le même état de gloire, de bonheur, d'impassibilité; et les profanations matérielles ne le souil-
\ lent pas plus qu'elles ne souil- \ lent le rayon de soleil.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Réalité
de
l'Eucharistie
Seconde conséquence :
l'adoration de la sainte EUCHARISTIE
Conséquen-
ces
de cette
réalité
zz
fr-
Cette adoration est une conséquence immédiate et rigoureuse de la réalité de l'Eucharistie. Puisque ce sacrement renferme le corps, le sang, l'âme, la divinité de Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin, ce sacrement doit être adoré du vrai cit/^erfe latrie dû à Dieu seul : Si quelqu'un dit que dans le saint sacrement dû l'Eucharistie il ne faut pas adorer d'un culte de latrie, même extérieur, Jésus- Christ fils unique de Dieu... qu'il soit anaihcme ! (Concile de Trente ses. xiii, c. 6).
Extérieure : C'est religieusement,dit le Concile de Trente, qu'a été introduite dans l'Eglise de Dieu la coutume qui prescrit d'honorer cet adorable sacrement cliaque année par une fête spéciale. — de l'exposer solennellement à l'adoration des fidèles. — et de le porter avec pompe et en triomphe dans des processions pul)iiques au milieu des témoignages de respect, dadoration et damour de la part des fidèles (Ses. xx, Ch. 5).
Intérieure qui consiste , comme nous le dirons
A reconnaître .lésus- Ghrist présent et à s'humilier profondément
J devant lui.
lA venir à Jésus-Christ, implorer sa miséricorde, lui demander ses grâces, s'exciter à l'amour et à la reconnaissance.
Seconde
' conséquence:
i Vadorat ion
delà
sainte
Eucharistie
/Cette adoration comprend le corps de Jésus-Christ et les apjyarences du pain et du vin, en tant qu'elles sont prises avec Jésus-Christ comme ne faisant qu'un tout avec lui. — Elle s'étend aux apparences de la même manière qu'elle s'étendait aux vêtements du Sauveur quand il vivait au milieu de nous ; mais l'adoration souveraines'adresse uniquementà Jésus- Christ présent sous ces apparences.
Cette adoration a été de tous temps pratiquée et prescrite. Toutes les liturgies les plus anciennes grecques et latines renferment des formules d'adoration envers Notre-Seigneur Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, présent dans l'Eucharistie.
Cette adoration
doit se manifester
pratiquement
Par des
visites fréquentes
au
très saint
Sacrement
dont
[nous allons
parler.
Visites
D'adoration proprement dite, hommage de l'être tout entier : Il est Dieu.
De soumission : Il est
niaUre.
De reconnaissance :
Il est bienfaiteur.
De demande : Il est infiniment bon et infiniment puissant.
Par c -assistance aux processions du S. Sacrement et aux bénédictions ou saints.
Par le z'elc à orner les autels où
repose le S. Sacrement.
Par l'assiduité à cr
sainte Messe.
Par la réception fréquente et respectueuse de la sainte Communion.
Par la fidélité à accompagner le saint Sacrement porté aux malades.
à entendre la
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
ÎU
Note SU7' les visites au très saint Sacrement
Seconde
conséquence I
r adoration
de la
sainte
Eucharistie.
Note spéciale
sur les visites
au très saint Sacrement
Nécessité
des
visites
au saint Sacrement.
Cette
\ nécessité
est
fondée
Sur nos
devoirs
envers
Dieu
Devoirs de respect et de déférence pour la majesté divine qui est là présente. — C'est le Tout-Puissant, c'est le Maître de tout, c'est Celui de qui nous dépendons de la manière la plus absolue. — Ne pas le visiter c'est en quelque sorte le mépriser.
Devoirs de reconnaissance pour la condescendance qui l'a porté à venir avec nous, Lui qui n'a nul besoin de ses créatures. S'il est là ce n'est que pour nous. — Il nous appelle à Lui :
Venez à moi. — Il se plaît avec nous :AIes délices d'être avec vous.
— Il se met à notre portée pour que nous n'ayons pas peur : Sa conversation n'apporte pas l'ennui. — Ne pas le visiter, c'est lui faire une cruelle injure.
Devoirs de commisération et de pitié pour l'oubli dans lequel on le laisse, pour les blasphèmes qu'on profère contre lui, pour la légèreté et l'indifférence de ceux qui viennent devant son tabernacle, pour le mépris qu'on fait de l'amour qui l'a porté à rester au milieu de nous.
— Ne pas le visiter, c'est se montrer ingrat, c'est mériter d'être repoussé par Lui, c'est avoir un mauvais cœur. — Le visiter, c'est accomplir la plus douce des œuvres de miséricorde.
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
Ri I g
Nécessité
des
visites
au
saint
Sacrement
nécessité
est fondée
Sur noire utilité paj'ticiilicre.
Après
la
sainte
Messe
et
la sainte
communion
il n'est pas
de
dévotion
Plus
sainte
et
qui rende rame
plus sainte
Soit par la fm qu'on se propose dans ces visites et le motif qui conduit :
le respect et l'amour de Jésus- Christ.
Soit par les actes de vertus qu'on y produit : la foi, la confiance, l'amour, l'humilité, la soumission.
Pla.'^
salutaire.
Jésus-Christ
est là
pour
continuer
son
œuvre
de
miséricorde
auprès
de ceux
qui viennent
à Lui.
— C'est le Dieu
puissant
et bon
Il éclaire l'àmc dans ses doutes.
II l'a conseille dans ses entreprises.
Il l'aide dans ses travaux, lu la détend dans les tentations et les injustices.
III la ranime dans ses lâchetés.
Jlla relève après ses chutes, lu la calme dans ses souffrances.
Il la console dans ses
peines.
Il est son refuge, son soutien , sa défense , sa ressource.
Comme aux jours de sa vie mortelle, on n'approche jamais de Jésus-Christ sans emporter la force, la paix, la résignation.
Plus ) la joie. Une vertu sort consolante \ perpétuellement du tabernacle. — C'est là qu'on entend cette parole si douce et si cllicace sortant de la bouche de Jésus : Af pleure: plus.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Seconde
conséquence
l'adoration
de la
sainte
Eucharistie
Noie
spéciale
sur
les visites
au
° \ très saint o I Sacrement
Manière
de
faire
ces visites.
Elles
doivent
VXXQ
Respectueuses comme celles d'un sujet près de son roi, comme celles des anf]es :
Se tenant à genoux, ou debout, ou prosterné, toujours dans une attitude grave.
1 Faisant avec un probnd sentiment d'adoration la génullexion à un ou à deux genoux, selon qu'elle est indiquée.
|Prononrant avec une certaine lenteur quelques-unes des prières de l'Eglise ou des cantiques de lu Bible, de louange, de soumission, cVamour.
O Comme Marie, sa sainte mère, après l'ascens sion, pour lui dire toute notre tendresse et ^ toute notre reconnaissance.
Comme Magdeleine pour pleurer et réparer nos péchés.
Comme la chananéenne et le centenier pour obtenir la santé à ceux qui nous sont chers.
Comme Nicodème pour être instruits et dirigés.
Comme le lépreux pour être guéri de toutes nos maladies.
Comme le sourd-muet pour entendre et parler les choses de Dieu.
Comme le prince de la Synagogue pour lui demander de rendre la vie à une âme qui l'a perdue.
Comme un pauvre qui a faim, — un mendiant qui n'a rien, — un disciple qui cherche un maître. — un ami qui veut un ami, — un aflligé qui appelle un consolateur, — un enfant qui court à son père.
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
I/a RiiLsan et la Tran-ssubstantlatlou
/I La transsubstantiation est un mystère, le plus profond des mystères, mais si elle est au-dessus de la raison elle ne la contredit pas. La foi, écrivait Pascal, dit bien ce que les sens ne disent pas, mais elle ne dit jamais le contraire. — Apporter à l'étude de ce mystère trop de désir de le pénétrer, c'est, dit un Père de l'Eglise, imiter le téméraire et l'insensé battant de ses vains ef-
! forts Toerqui échappe àtoute prise par sa ténuité. II -La parole de Dieu qui a dit d'un peu de pain : Ceci est mon corps est une parole vraie ; ce qu'elle dit, est ; Dieu ne trompe pas. — C'est aussi une parole /)ru'ss«n^c; et si Dieu veut ôter à son corps sacramentel ses propriétés les plus intimes pour ne nous en laisser que la nue et pure substance, elle a le pouvoir de le faire. — Si Dieu veut pénétrer au-dedans du pain eidu vin, enlever à l'un et à l'autre leur substance et la remplacer par la substance de son corps et de son repana sang, elle a le pouvoir de le faire. — Si Dieu veut
autour sur la substance de son corps et de son sang lais-
du mystère ser les espèces du pain et du vin pour se voiler à de la nos yeux et pour nous indiquer où nous pourrons
transsub- le trouver, elle a le pouvoir de le faire. — Or, stantiation .lésus-Christ nous fait dire par l'Eglise que tout cela, il l'a voulu et il l'a fait. Nous devons donc croire que cela est. — On ne doit aborder l'étude de la sainte Eucharistie qu'en faisant cet acte de I foi échappé du cœur et des lèvres de S. Pierre, s'adressant à Jésus-Christ : Vous ('tes le Christ. Fils du. Dieu vivant. Jésus-Christ Fils de Dieu, Dieu lui-mùme, Créateur du monde. Rédempteur 'par amour ; avec ces pensées rien n'étonne de la part de Jésus-Christ, rien n'est \ impossible à sa puissance et à son amour.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Il n'y a dans l'exposé de cette doctrine aucune contradiction ; il faudrait pour qu'il y eût contradiction que le dogme catLolique'nous d'il que la substance, les accidents du pain et du vin et ceux du corps et du sang de Jésus-Christ existent et n'existent pas tout à la fois, ce qui serait absurde et impossible.
Les, accidents ou apparences, c'est ce qui, dans les corps, est perçu au moyen des organes, couleur, saveur... Ils peuvent être augmentés, diminués, changés, séparés sans que ce qui fait le fond du corps soit changé. Un morceau de pain peut être blanc, noir, savoureux, fade, grand, ipetit ; c'est toujours du pain ; je puis le rompre en cent, en mille morceaux, c'est toujours cZtt jjam.
La substance c'est ce qui, dans les corps, subsiste toujours malgré les modifications extérieures; ce qui soutient et reçoit les qualités accidentelles ou apparentes et qui n'est ni v'sible, ni odorant. Notre esprit le conçoit, nos sens ne peuvent l'apercevoir, mais ilsaperçoivent les apparences qui nous font dire: tel corps est là. La substance de l'eau par exemple est toujours la même alors que les accidents qui nous la montrent sont altérés, modifiés, changés presque complètement. L'eau réduite en glace ou en vapeur n'offre plus les mêmes accidents elle a la mémo substance.
La doctrine
catholique
nous
enseigne
que
par les paroles
de la
s fi
consécration
la
substance
du pain
rt
et du vin
est
changée
en Ut
substance
du corps
fD
Jésus-Christ
et que les
apparences
du
pain
et du vin
continuent
frapper
\ nos sens
ll\
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
IV'La doctrine catholique 1° Changement d'une substance en
sur la tn-an?substantia-\ lion présente tiois merveilles qui, devant la raison la plus exigeante, n'offrent rien d"impos-| sible
l'.ne autre substance.
2° Conservation des appai'cnces
voilant une substance étrangère.
3° Présence simultanée d'un même
corps dans plusieurs endroits
en même temps.
1" Changement d'une substance eu une autre substance
' Ce changement ne dépasse pas la puissance di- 1 vine : Celui qui a créé une substance peut la l changer en une autre. Le passage du néant a 1° I l'être est un changement bien plus complet. ' Changement! ; Le pain et le vin, matière qui a eu la vio
de la 1 I mais qui ne l'a plus, se changent, sous substance | g^^j l'action et par la puissance des sucs de du pain „ l lestomac, en chair et en sang humain.
et du vin / ="1 Ce n'est plus le pain ce n'est plus le vin en la \ =1 c'est la chair c'est le sang de l'homme. substance j3 | — C'est une réelle transsubstantiation du corps jçi.| 1 quoiqu'elle ne soit pas absolue. — La et du sang | 5 3 1 puissance de Dieu peut certainement faire de I Z.^} et plus complètement, ce que hit la
Jésus-Christf ^S( puissance de l'estomac, puissance qu'il lui a accordée.
|Le pain et le vin formant, sur la terre, la nourriture de Jésus-Christ, ces substances dit S. Grégoire de ^i^•sse, se transformaient en la substance du Fils de Dieu. Je n'ai donc aucune répugnance à admettre que le pain se change aujourd'hui en corps du Verbe, non par le travail lon.iz . d'autrefois, mais par un acte instanlanô \ résultat do la volonté divine.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
t» Conservation des appareuccs voilant une substance ctranj^ère
Les apparenccsou accidents ne peuvent naturellement être séparées de la substance dont ils nous indiquent la présence. C'est par ^les que nous savons que ce qui se montre à nous est tel ou tel corps ; tel est Tordre établi par Dieu. Mais cet ordre ne prouve pas que Dieu ne pui.^se nous faire impressionner par du purs accidents. Cest Dieu qui a établi les rapports existent entre la substance et les accidents ; il se sert des accidents pour nous montrer la substance, de la substance pour soutenir les accidents, mais il ne répugne pas de supposer que sa puissance puisse soutenir autrement ces accidents : la cause première peut éminemment ce que peut la cause seconde ; et si je puis porter un objet à l'aide d'un bâton, je puis tout aussi bien le porter immédiatement avec ma main.
Les apparences ou accidents produisent en nous des sensations: mais n'oublions pas que nos sensations viennent non seulement du rapport de nos organes avec l'objet matériel, mais de la puissance divine qui donne à ces objets la vertu d'agir et à nos organes la vertu d'être impressionnés.'' — C'est ce qu'on appelle, en théologie, l'influx divin. — Dieu est l'agent principal se servant d'un agent secondaire qui est l'objet matériel ; il peut produire par lui-même ce qu'il produisait par cet objet et exciter en nous la sensation que produirait un corps s'il était là alors que la substance de ce corps n'y est plus. La nature nous olï're, dans le mirage par exemple, le fait d'tme apparence qui agit sur la vue comme les apparences eucharistiques agissent sur les sens. La vue, dans le mirage, est impressionnée par un accident qui ne recouvre pas certainement sa propre substance.
en —
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
3» Présence ««iiniiltanée d'un même corp»* dans plicsieiii*»« cudi'oKs en même temps
Pré.ience simultanée
du corps tout entier
de
Jésus-Christ
au ciel
et
'sur la terre,
chacune
des
hosties
consacrées
et dans
chaque