I. l'eucharistie comme sacrifice
1° Le sacrifice en général.
2° La nature du sacrifice eucharistique. 3° Les noms donnés au sacrifice eucharistique. 4° L'excellence et la valeur du sacrifice eucha- Nous ) ristique.
dirons : \b° La participation au sacrifice eucharistique. |6° Les conditions du sacrifice eucharistique. 7°Les diverses parties du sacrifice eucharistique . %'' L'obligation d'offrir le sacrifice eucharistique.
ft
rt
lie sacriflce en général
Le sacrifice est l'offrande faite à Dieu seul,
jjarun ministre légitime, — d'une chose
extérieure et sensible qui est détruite ou
Définition \ qui subit au moins quelque changement
du 1 — dans le but de reconnaître le souverain
sacrifice \ domaine de Dieu.
en général JLe moi sacrifice vient d'un mot latin sacrum
facere qui signifie faire une chose sacrée;
il s'applique en général à toute offrande
faite à Dieu : fjrière, adoration...
Offrande, c'est-à-dire présentation d'une chose dont on
se prive pour la donner.
'^ ISon parce qu'il en a besoin, corome une créature à qui on oflre quelque chose, mais dans le but de le reconnaître comme le maitre absolu de tout : de la vie, de la mort, des biens, du pardon, de la punition méritée. — De tous les actes de religion le sacrifice est le plus important, et le plus digne de Dieu; il renferme éminemment l'adoration, la soumission, le regret des fautes, l'action de = \ = \ grâce.
MOYENS D'OBTENIR LA GRACE
Offrande , Pour distinguer le sacrifice, de i'ofdhme i fraude qu'on peut faire à Dieu de chose I ses pensées et de ses affections. e.r^t'?'/eu?-e i Pour faire un acte public de souct sensiblel mission, d'hommage, de repentir. La matière du sacrifice est en générai appellée victime ou hostie.
Si c'est un être vivant il est ordinairement immolé, puis brûlé ou mangé ; si c'est un être inanimé il est ou brûlé ou détruit. — C'est la reconnaissance du droit de Dieu sur la vit e' sur l'être de toute créature. — C'est l'aveu I qu'après nos fautes nous méritons la mort. — C'est la prière d'accepter cette victime à notre place.
Le sacrifice étant un acte public de religion doit être otVert par des personnes commises à cet effet, appelées de Dieu et reconnues par les fidèles. — Dès que les hommes se furent multipliés, l'offrande fut faite par les j)cres de famille ; sous la loi écrite, des prêtres furent constitués à cet effet ; — sous la loi nouvelle Jésus-Christ a établi des ministres spéciaux.
Fût choisie spécialement, quelquefois sans
tâche.
Fût offerte par des paroles ou par des
cérémonies.
Fût immolée si c'était un être animé et
vivant.
Yntdétrîcite par le feu en tout ou en partie. Fût incorporée à l'homme qui oIVrait ou pour qui on offrait, à moins quelle ne fut toute détruite. C'était la participation au sacrilice.
Eucharistie / E^ i comme sacrifice
Offrande
d'une
chose
qui est
détruite
ou au moins changée
Offrande
faite
par
un
ministre
légitime
Mode
sacrifice.
fallait
que
la
victime
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Sous le rapport de la matière c'est-àdire de V objet offert
Sous
le
rapport
de
la forme
I c'est-à-dire
la
manière
d'offrir
Sous
le
rapport
de la fin c'est-àdire du motif \
En victime ou hostie. — C'était l'offrande d'un être animé et vivant :
quadrupède, oiseau qu'on immolait.
C'était le sacrifice sanglant. — Le mot hostie qui s'applique en général à toute matière de sacrifice, se disait surtout quand la victime animée offerte à Dieu n'était pas immolée, par exemple le bouc émissaire qu'on chargeait des péchés du peuple et auquel on donnait la liberté.
'En immolation. — C'était l'offrande des fruits et autres productions de la terre, encens, pain.
En libation. — Celait l'offrande de choses liquides,, huile, vin.
I En holocauste. — Quand l'hoslie 1 était entièrement consumée.
lEn hostie pacifique. — Quand cette I hostie était partagée en trois part : I une, bridée ; l'autre, pour le
prêtre ; la troisième, pour celui
qui la fournissait.
' En hostie pour le peuple. — Quand
cette hostie était partagée en deux
parties : une pour Dieu ; l'autre,
pour les prêtres.
En propitiatoire. — Quand il était offert pour le pardon des péchés.
En latreutique. — Quand il était offert en hommage d'adoration.
En eucharistique. — Quand il était offert en action de grâces.
En imprétatoire. — Quand il était offert pour obtenir quelque grâce.
MOYENS D OUTENIR LA GRACE
Le Le sacrifice se trouve aux premiers jours de
sacrifice [ la vie de l'homme : Cai'n, A6e/, A'OC, A6ra-
est d'originel ham, offraient des sacrifices. — Il se trouve
divine ; i chez tous les peuples sans qu'aucun d'eux
il est de ) puisse dire celui qui le premier l'a ordon-
droit \ né. Point de pays, point d'époques où l'on
naturel ï n'ait offert des sacrifices.
comme f Le sacrifice est prescrit par la loi de Dieu.
l'adoration] Les livres de Moyse en indiquent la matière
elle-même ' et la forme.
Le
sacrifice ,
depuis
le péché ,
est
.fondé
sur
lie poché
de
'homme
Qui le rend incapable d'offrir des hommages, des actions de grâces et des prières dignes d'être agréées par Dieu qu'il a offensé et le pousse à chercher un être qui prie pour lui.
Qui le rend incapable d'expier lui-môme les fautes dont il est coupable. Le pécheur comprend, dit Bossuet, qu'il ne peut éviter la mort qu'en subrogeant à sa place quelqu'un qui meure pour lui. Les animaux qu'il immolait n'étaient qu'une reconnaissance publique de la mort qu'il méritait. — Aucune nation n'a douté, dit de Maistre, qu'il n'y eût dans le sang une vertu expiatoire. — De là vient que tous les peuples idolâtres immolaient des victimes humaines.
, La raison semble appuyer ce mot de S. Paul : Point de rémission, sans effusion de sanij. (Heb. ix, 22.) Le sang est ce que l'homme a de plus précieux. Sa vie en dépend : il donne au cœur son mouvement, au cerveau son activité, à tout l'organisme physique ses forces et sa vigueur. Le sang est de plus, par son inffuencc une occasion matérielle de beaucoup d'excès ; quoi de surprenant que, devant la justice divine la vie de l'âme perdue par le oéché soil recouvrée au prix de ce sang.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Les sacrifices avaient pour but de rendre à / Dieu L' adoration qui lui était due comme ' Maître Souverain de toutes choses et de reconnaître que c'est de Lui seul que Vhonime tient tout. — Le don que l'homme faisait de ses biens, en s'en privant pour les offrir à Dieu, répondait à ce besoin de sa nature et Dieu, tant que l'homme resta innocent, se contentait de cet hommage. — L'homme coupable comprit qu'il avait à expier et à réparer. L'expiation pouvait en quelque sorte être faite par la mort à laquelle Dieu l'avait condamné; et en attendant cette mort et pour qu'il ne perdit pas de vue la punition imposée. Dieu avait voulu qu'il lui immolât des animaux. Mais la réparation n'était pas possible à l'homme, il le sentait ; et poussé par ce désir de réparer, faisant une fausse application d'un principe légitime, il allait jusqu'à immoler des victimes humaines; mais, dit Bossuct, il recominençait tous les jours à égorger des victimes, marque certaine de l'insuffisance de ces sacrifices.
Les sacrifices des biens de l'homme et de l'homme lui-même présageaient et liguraient un sacrifice qui devait à lui seul expier pleinement et satisfaire pleinejnent : le sacrifice de la croix sur laquelle mourait Jésus-Christ, — Jésus-Christ qui. Dieu et homme tout ensemble réunis dans une mystérieuse unité de personne, expiait par sa mort et réparait complètement par sa divinité.
Les sacrifices et la prière forment l'ensemble de nos rapports de dépendance onveri Dieu. La prière les exprime par la uarole ; le sacrifice par l'action.
li'Eiicliai-istle comme sacrifice
Le sacrifice
en
général
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
Katurc du sacrlGce encharisCique
Définition
du sacrifice eucharistique
Explication
de la
définition
îz:
du
sacrifice
eucharistique.
Sur l'autel
où
se fait
ce sacrifice
il y a
Le sacrifice eucharistique est la reproduction du sacrifice que fit, de luimême, Jésus-Christ sur la croix. — Or, sur la croix il y avait:
Une victime j extérieure [
Une
victime
offerte
à Dieu seul
pour
les fins
de tout sacrifice
Une victime offerte
par
un
minisire \
spécial
Une victime extérieure offerte à Dieu : Jésus- Christ.
Une victime offerte par un prêtre : Jésus-Christ / s'offrant lui-même.
Une vie lime immolée :
Jésus-Christ mort.
Une victime livrée aux hommes : Jésus-Christ mourant pour nous.
Le pain et le vin qui se montrent aux regards voilant la substance du corps et du sang île J. -G.
Pour reconnaître son souverain domaine de vie et de mort.
— J.-C. se met devant son Père dans un état de mort :
Pour demander pardon des péchés dos hommes : — Ceci est mon sang, dit J.-C.
qui sera répandu pour la rémission des péchés.
Ce ministre c'est Icvrcty'e qui tient la place de Jésus-Christ. L'homme a été lait prêtre pour offrir ce sacrifice, remplaçant Jésus-Clirist qui l'offrit le premier à la Cône.
11 agit en son nom, disant les paroles même que dit Jésus-Christ :
Ceci est mon corps. — Ce n'est pas proprement le prêtre comme individu qui offre, mais Jésus- Christ offrant par son ministère.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Le pain et le vin offerts sont devenus le corps et le sang de Jésus-Christ, vivant puisqu'il agit et qu'il expie pour nous, — mais ce corps et ce sang se montrent à nous séparés présentant un état de mort. Ln être vivant devient mort si on sépare son corps de son sang. — Et quoique chaque espèce séparée renferme Jésus-Christ tout entier et vivant, il se montre à Une / I nous dans un état de mort sans
victime ( \ aucune opération vitale et exté-
immolée \ ■ rieure.
Comme il convient à Tétat du corps de Jésus-Christ devenu glorieux et impassible. — On appelle cette mort , mystique
Immolation j c'est-à-dire mystérieuse, non { cachée, ayant subi les
sanglante j rites de l'immolation sans en subir les conséquences réelles qui sont la séparation effective du corps et du sang :
la mort.
Explication
de la
définition
du
sacrifice
eucharistique
Sur l'autel
où
se fait
ce
sacrifice,
il y a
Une victime consumée
Cette destruction de la victime se fait parce que nous appelons /a commttnion, par la manducation du corps de Jésus-Christ. — Elle a été préparée sous forme de pain et de vin ; or tout aliment tend de sa nature à être mangé. — C'est du reste l'ordre de Jésus-Christ : Prene:; et manges ceci est mon corps. — Buvesy ceci est mon sang.
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
Rapports
entre
le
sacrifice
eucliaristique
et le
sacrifice
de la croix.
Il n'y a
qu'une
seule
et même
hostie ;
celle
qui
s'offre
aujourcVhui
par le
ministère
des
prêtres
est la même
qui
s'immola
sur
la croix ;
seul,
mode
d'oblation
est différent.
(Conc. de Tr. XXII.)
C'est
le même prêtre
qui l'offre
Sur la croix, c'était Jésus-Christ i qui lui-même s'offrait. — // est \ mort parce qu'il Va voulu. Les Juifs n'étaient qu'un instrument.
Sur l'autel, c'est Lui encore : le prêtre le remplace, agit, parle en son nom.
C'est / Sur la croix, c'était Jésus-Christ
la 1 qui mourait,
même j Sur l'autel, c'est Jésus-Christ victime . qui renouvelle sa mort.
iCe sont les mêmes fins : La gloire de Dieu procurée, — sa justice apaisée, — nos péchés expiés.
Dans le divin sacrifice qui s'offre à la messe est contenu et immolé, sans effusion de sang, le môme Christ qui s'offrit lui-même, d'une manière sanglante sur la croix. (Conc. de Trente xxii, 2.)
Sur la croix l'immolation fut sanglante ; Sur l'autel elle est non sanglante quoique
réelle.
Sur la croix la victime fut matériellement
mise à mort ; ISur l'autel la victime est seulement dans un
état de mort.
jSur la croix, l'immolation se fit à découvert,
et sans voile ; 'Sur l'autel, elle se fait sous le A'oile des
espèces du pain et du vin.
jSur la croix, le corps de Jésus-Christ était
passible, mortel ; [Sur l'autel, il est impassible, glorieux, immortel.
Sur la croix, Jésus-Christ s'offrit pour mériter
des grâces ; Sur l'autol, il s'offre pour faire l'application
de SCS grâces.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE