‹ Sommaire de la doctrine catholique en tableaux synoptiquesChapitre 92 sur 152 · I. l'eucharistie comme sacrifice · texte numérisé non relu

I. l'eucharistie comme sacrifice

1° Le sacrifice en général.

2° La nature du sacrifice eucharistique. 3° Les noms donnés au sacrifice eucharistique. 4° L'excellence et la valeur du sacrifice eucha- Nous ) ristique.

dirons : \b° La participation au sacrifice eucharistique. |6° Les conditions du sacrifice eucharistique. 7°Les diverses parties du sacrifice eucharistique . %'' L'obligation d'offrir le sacrifice eucharistique.

ft

rt

lie sacriflce en général

Le sacrifice est l'offrande faite à Dieu seul,

jjarun ministre légitime, — d'une chose

extérieure et sensible qui est détruite ou

Définition \ qui subit au moins quelque changement

du 1 — dans le but de reconnaître le souverain

sacrifice \ domaine de Dieu.

en général JLe moi sacrifice vient d'un mot latin sacrum

facere qui signifie faire une chose sacrée;

il s'applique en général à toute offrande

faite à Dieu : fjrière, adoration...

Offrande, c'est-à-dire présentation d'une chose dont on

se prive pour la donner.

'^ ISon parce qu'il en a besoin, corome une créature à qui on oflre quelque chose, mais dans le but de le reconnaître comme le maitre absolu de tout : de la vie, de la mort, des biens, du pardon, de la punition méritée. — De tous les actes de religion le sacrifice est le plus important, et le plus digne de Dieu; il renferme éminemment l'adoration, la soumission, le regret des fautes, l'action de = \ = \ grâce.

MOYENS D'OBTENIR LA GRACE

Offrande , Pour distinguer le sacrifice, de i'ofdhme i fraude qu'on peut faire à Dieu de chose I ses pensées et de ses affections. e.r^t'?'/eu?-e i Pour faire un acte public de souct sensiblel mission, d'hommage, de repentir. La matière du sacrifice est en générai appellée victime ou hostie.

Si c'est un être vivant il est ordinairement immolé, puis brûlé ou mangé ; si c'est un être inanimé il est ou brûlé ou détruit. — C'est la reconnaissance du droit de Dieu sur la vit e' sur l'être de toute créature. — C'est l'aveu I qu'après nos fautes nous méritons la mort. — C'est la prière d'accepter cette victime à notre place.

Le sacrifice étant un acte public de religion doit être otVert par des personnes commises à cet effet, appelées de Dieu et reconnues par les fidèles. — Dès que les hommes se furent multipliés, l'offrande fut faite par les j)cres de famille ; sous la loi écrite, des prêtres furent constitués à cet effet ; — sous la loi nouvelle Jésus-Christ a établi des ministres spéciaux.

Fût choisie spécialement, quelquefois sans

tâche.

Fût offerte par des paroles ou par des

cérémonies.

Fût immolée si c'était un être animé et

vivant.

Yntdétrîcite par le feu en tout ou en partie. Fût incorporée à l'homme qui oIVrait ou pour qui on offrait, à moins quelle ne fut toute détruite. C'était la participation au sacrilice.

Eucharistie / E^ i comme sacrifice

Offrande

d'une

chose

qui est

détruite

ou au moins changée

Offrande

faite

par

un

ministre

légitime

Mode

sacrifice.

fallait

que

la

victime

LA TRES SAINTE EUCHARISTIE

Sous le rapport de la matière c'est-àdire de V objet offert

Sous

le

rapport

de

la forme

I c'est-à-dire

la

manière

d'offrir

Sous

le

rapport

de la fin c'est-àdire du motif \

En victime ou hostie. — C'était l'offrande d'un être animé et vivant :

quadrupède, oiseau qu'on immolait.

C'était le sacrifice sanglant. — Le mot hostie qui s'applique en général à toute matière de sacrifice, se disait surtout quand la victime animée offerte à Dieu n'était pas immolée, par exemple le bouc émissaire qu'on chargeait des péchés du peuple et auquel on donnait la liberté.

'En immolation. — C'était l'offrande des fruits et autres productions de la terre, encens, pain.

En libation. — Celait l'offrande de choses liquides,, huile, vin.

I En holocauste. — Quand l'hoslie 1 était entièrement consumée.

lEn hostie pacifique. — Quand cette I hostie était partagée en trois part : I une, bridée ; l'autre, pour le

prêtre ; la troisième, pour celui

qui la fournissait.

' En hostie pour le peuple. — Quand

cette hostie était partagée en deux

parties : une pour Dieu ; l'autre,

pour les prêtres.

En propitiatoire. — Quand il était offert pour le pardon des péchés.

En latreutique. — Quand il était offert en hommage d'adoration.

En eucharistique. — Quand il était offert en action de grâces.

En imprétatoire. — Quand il était offert pour obtenir quelque grâce.

MOYENS D OUTENIR LA GRACE

Le Le sacrifice se trouve aux premiers jours de

sacrifice [ la vie de l'homme : Cai'n, A6e/, A'OC, A6ra-

est d'originel ham, offraient des sacrifices. — Il se trouve

divine ; i chez tous les peuples sans qu'aucun d'eux

il est de ) puisse dire celui qui le premier l'a ordon-

droit \ né. Point de pays, point d'époques où l'on

naturel ï n'ait offert des sacrifices.

comme f Le sacrifice est prescrit par la loi de Dieu.

l'adoration] Les livres de Moyse en indiquent la matière

elle-même ' et la forme.

Le

sacrifice ,

depuis

le péché ,

est

.fondé

sur

lie poché

de

'homme

Qui le rend incapable d'offrir des hommages, des actions de grâces et des prières dignes d'être agréées par Dieu qu'il a offensé et le pousse à chercher un être qui prie pour lui.

Qui le rend incapable d'expier lui-môme les fautes dont il est coupable. Le pécheur comprend, dit Bossuet, qu'il ne peut éviter la mort qu'en subrogeant à sa place quelqu'un qui meure pour lui. Les animaux qu'il immolait n'étaient qu'une reconnaissance publique de la mort qu'il méritait. — Aucune nation n'a douté, dit de Maistre, qu'il n'y eût dans le sang une vertu expiatoire. — De là vient que tous les peuples idolâtres immolaient des victimes humaines.

, La raison semble appuyer ce mot de S. Paul : Point de rémission, sans effusion de sanij. (Heb. ix, 22.) Le sang est ce que l'homme a de plus précieux. Sa vie en dépend : il donne au cœur son mouvement, au cerveau son activité, à tout l'organisme physique ses forces et sa vigueur. Le sang est de plus, par son inffuencc une occasion matérielle de beaucoup d'excès ; quoi de surprenant que, devant la justice divine la vie de l'âme perdue par le oéché soil recouvrée au prix de ce sang.

LA TRES SAINTE EUCHARISTIE

Les sacrifices avaient pour but de rendre à / Dieu L' adoration qui lui était due comme ' Maître Souverain de toutes choses et de reconnaître que c'est de Lui seul que Vhonime tient tout. — Le don que l'homme faisait de ses biens, en s'en privant pour les offrir à Dieu, répondait à ce besoin de sa nature et Dieu, tant que l'homme resta innocent, se contentait de cet hommage. — L'homme coupable comprit qu'il avait à expier et à réparer. L'expiation pouvait en quelque sorte être faite par la mort à laquelle Dieu l'avait condamné; et en attendant cette mort et pour qu'il ne perdit pas de vue la punition imposée. Dieu avait voulu qu'il lui immolât des animaux. Mais la réparation n'était pas possible à l'homme, il le sentait ; et poussé par ce désir de réparer, faisant une fausse application d'un principe légitime, il allait jusqu'à immoler des victimes humaines; mais, dit Bossuct, il recominençait tous les jours à égorger des victimes, marque certaine de l'insuffisance de ces sacrifices.

Les sacrifices des biens de l'homme et de l'homme lui-même présageaient et liguraient un sacrifice qui devait à lui seul expier pleinement et satisfaire pleinejnent : le sacrifice de la croix sur laquelle mourait Jésus-Christ, — Jésus-Christ qui. Dieu et homme tout ensemble réunis dans une mystérieuse unité de personne, expiait par sa mort et réparait complètement par sa divinité.

Les sacrifices et la prière forment l'ensemble de nos rapports de dépendance onveri Dieu. La prière les exprime par la uarole ; le sacrifice par l'action.

li'Eiicliai-istle comme sacrifice

Le sacrifice

en

général

MOYENS D OBTENIR LA GRACE

Katurc du sacrlGce encharisCique

Définition

du sacrifice eucharistique

Explication

de la

définition

îz:

du

sacrifice

eucharistique.

Sur l'autel

où

se fait

ce sacrifice

il y a

Le sacrifice eucharistique est la reproduction du sacrifice que fit, de luimême, Jésus-Christ sur la croix. — Or, sur la croix il y avait:

Une victime j extérieure [

Une

victime

offerte

à Dieu seul

pour

les fins

de tout sacrifice

Une victime offerte

par

un

minisire \

spécial

Une victime extérieure offerte à Dieu : Jésus- Christ.

Une victime offerte par un prêtre : Jésus-Christ / s'offrant lui-même.

Une vie lime immolée :

Jésus-Christ mort.

Une victime livrée aux hommes : Jésus-Christ mourant pour nous.

Le pain et le vin qui se montrent aux regards voilant la substance du corps et du sang île J. -G.

Pour reconnaître son souverain domaine de vie et de mort.

— J.-C. se met devant son Père dans un état de mort :

Pour demander pardon des péchés dos hommes : — Ceci est mon sang, dit J.-C.

qui sera répandu pour la rémission des péchés.

Ce ministre c'est Icvrcty'e qui tient la place de Jésus-Christ. L'homme a été lait prêtre pour offrir ce sacrifice, remplaçant Jésus-Clirist qui l'offrit le premier à la Cône.

11 agit en son nom, disant les paroles même que dit Jésus-Christ :

Ceci est mon corps. — Ce n'est pas proprement le prêtre comme individu qui offre, mais Jésus- Christ offrant par son ministère.

LA TRES SAINTE EUCHARISTIE

Le pain et le vin offerts sont devenus le corps et le sang de Jésus-Christ, vivant puisqu'il agit et qu'il expie pour nous, — mais ce corps et ce sang se montrent à nous séparés présentant un état de mort. Ln être vivant devient mort si on sépare son corps de son sang. — Et quoique chaque espèce séparée renferme Jésus-Christ tout entier et vivant, il se montre à Une / I nous dans un état de mort sans

victime ( \ aucune opération vitale et exté-

immolée \ ■ rieure.

Comme il convient à Tétat du corps de Jésus-Christ devenu glorieux et impassible. — On appelle cette mort , mystique

Immolation j c'est-à-dire mystérieuse, non { cachée, ayant subi les

sanglante j rites de l'immolation sans en subir les conséquences réelles qui sont la séparation effective du corps et du sang :

la mort.

Explication

de la

définition

du

sacrifice

eucharistique

Sur l'autel

où

se fait

ce

sacrifice,

il y a

Une victime consumée

Cette destruction de la victime se fait parce que nous appelons /a commttnion, par la manducation du corps de Jésus-Christ. — Elle a été préparée sous forme de pain et de vin ; or tout aliment tend de sa nature à être mangé. — C'est du reste l'ordre de Jésus-Christ : Prene:; et manges ceci est mon corps. — Buvesy ceci est mon sang.

MOYENS d'obtenir LA GRACE.

Rapports

entre

le

sacrifice

eucliaristique

et le

sacrifice

de la croix.

Il n'y a

qu'une

seule

et même

hostie ;

celle

qui

s'offre

aujourcVhui

par le

ministère

des

prêtres

est la même

qui

s'immola

sur

la croix ;

seul,

mode

d'oblation

est différent.

(Conc. de Tr. XXII.)

C'est

le même prêtre

qui l'offre

Sur la croix, c'était Jésus-Christ i qui lui-même s'offrait. — // est \ mort parce qu'il Va voulu. Les Juifs n'étaient qu'un instrument.

Sur l'autel, c'est Lui encore : le prêtre le remplace, agit, parle en son nom.

C'est / Sur la croix, c'était Jésus-Christ

la 1 qui mourait,

même j Sur l'autel, c'est Jésus-Christ victime . qui renouvelle sa mort.

iCe sont les mêmes fins : La gloire de Dieu procurée, — sa justice apaisée, — nos péchés expiés.

Dans le divin sacrifice qui s'offre à la messe est contenu et immolé, sans effusion de sang, le môme Christ qui s'offrit lui-même, d'une manière sanglante sur la croix. (Conc. de Trente xxii, 2.)

Sur la croix l'immolation fut sanglante ; Sur l'autel elle est non sanglante quoique

réelle.

Sur la croix la victime fut matériellement

mise à mort ; ISur l'autel la victime est seulement dans un

état de mort.

jSur la croix, l'immolation se fit à découvert,

et sans voile ; 'Sur l'autel, elle se fait sous le A'oile des

espèces du pain et du vin.

jSur la croix, le corps de Jésus-Christ était

passible, mortel ; [Sur l'autel, il est impassible, glorieux, immortel.

Sur la croix, Jésus-Christ s'offrit pour mériter

des grâces ; Sur l'autol, il s'offre pour faire l'application

de SCS grâces.

LA TRES SAINTE EUCHARISTIE

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