IV. — L'AMITIÉ
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shnilitude de vocation, de charge ou de mission; mémes attraits de grûce, mène manière de chercher, de comprendre et de soûter Dieu; mèmes difficultés à vaincre, mêmes teutations à repousser, mémes obseurilés à percer, mêmes déserts à traverser pour parvenir à le posséder d'une unière un peu ussurée et un peu intime; entin, mèmes umours, “prouvés aux mémes flammes et Lrempés dans Île iuélange des larmes communes : ce sont Jà les similitudes sur lesquelles d'ordinaire se fondent les svimpathies qui font les amitiés surnaturelles, Par quelque canal qu'elles arrivent, elles descendent de Ja source vive de l'amitié que Dicu duigne nous porter, et elles nous sont de sa part un don de choix, un secours précieux, une preuve de particulière bienveillance, dont nous ne saurions lui étre trop reconnaissauts ; eur, pour citer encore saint Augustin
4 Un ami est un baume de vie: aucun remède n'est plus cflicuce pour guérir les plaies du ewur que l'affection de cet étre cn qui accourt à toutes vos peines pour v compatir, à toutes vos joies pour y applaudir: qui approche sCs épaules des votres pour porter vos fardeaux avec vous, et qui souffre plus de vos injures que des siennes propres, L'amitié fait resplendir le bonheur par le surcroit de joie qu’elle v apporte: elle allège le malheur par kr part qu'elle en prend (1). »
Telle est Faruitié dans le plan de Dieu. Telle il la déposa, comme un don exquis, avec ses forces intégrales et ses charines jutucts, dans le cœur des premières créatures raisonnables qui sortirent de ses mains : en recevant la
(1) Amicus medicamentum est vitæ : non enim est vahidiur vel efiicacior vulneribus nostris medicina quam habere qui omint incommmodo occurrat congratulans : ut junetis suis humeris onera sua invicem tolerent et quod unusquisque propriam levius quam amici portet iujuriam. Amicitia ergo secundas res fact splendi divres, adversas partiens communicansque reddit leviores. (S. Aug. de Auuivit, L. IL.)
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—— mm om grâce de l’udoption, ces premiers fils terrestres du lire céleste « entrérent en jouissance de l'amitié de Dieu pour aimer leur Père et pour s'aimer entre eux : Participes factli sunt anicitiæ Dei (1). »
TL. — Pourquoi faut-il que l'amitié devienne ce que nous la voyons si souvent parmi les hommes : inconstance sans arrêt, variation sans cause, oubli des anciennes promesses, brusque changement en froideur glacée des ardeurs brûlantes, douceurs trunsformtes en aisreurs, confidences subitement suspendues par le soupcon et la défiance, impuissance à se comprendre et à se supporter, et, finalrment, rupture ouverte entre ceux qui s'étaient juré une foi éternelle ? Ou bien c’est la ruse, le mensonge, l'hypocrisie, la traîtrise meurtrière des secrets divulgués, de la confiance trompée (?). Pourquoi faut-il que l'amitié se tourne en inimitié servie par l’ingratitude des bienfaits reçus, par des rancunes tenaces, par des revendications iniques ? Pourquoi ceux qu’on professait aimer le plus, les déteste. t-on d'une haine d'autant plus acharnée qu’elle est plus gratuite ? Pourquoi cette passion hurlante et inassouvie à les desservir, à les calomnier et à les rendre méprisables ?
Le Sage, qui a tant loué l'amitié. en parle ici tout autrement: « Après avoir été son ami, ne devenez pas l'ennemi de votre frère, en divulguant ses secrets et en répandant coëtre lui de mauvais propos qui le plongent dans la douieur et lui enlévent désormais toute confiance, Votre mauvais cœur vous perdra vous-même et vous donnera tous les deux en riste à vos ennemis. -- I y a l'ami qui l'est à ses heures et qui vous abandonne au jour de
(1) Sap., vu, 14.
(2) Occasiones quærit qui vult recedere ab amico, (Prov., xvir, 1.) — Qui denudat arcana amici tidem perdit et non invenit amicum ad animam suam.. Denudare amici mysteria desperatio est animcæ iufelicis. (Eccl., xxvI, 17, 24.)