‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 107 sur 224 · IV. — L'AMITIM Li · texte numérisé non relu

IV. — L'AMITIM Li

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plaies vives, les consolations et les remèdes qui apaisent et sanetifient la douleur : l'espérance, l'amour, la patience. Jafaitce don de Jui-méme dans un mouvement de compassion pour la tristesse de ses Apotres : il continue d'y compatir à nos maux, qui ne sont pas moins crands que les leurs (1),

I brûle de zèle pour notre défense : et c'est un des ser vices qu'on attend d’un ami dévoué (2). Soucieux de notre bien éternel, donc il répond et qu'il sait menacé de tant de manières, il ne quitte ni jour ni nuit le Tahernacle, propitiatoire élevé, sur lequel il prie et plaide pour nous devant son Père, afin de désarmer sa justice et de nous obtenir miséricorde: citadelle du haut de laquelle il surveille les menées de Satan, arrête ses assauts et le reponsse victorieusement, à condition que nous restions près de lui, sous son infatisable protection. Son zèle le consume au point de le pousser à S'immolsr à notre place dans un perpétuel holocauste, dont ces humbles particules, qu’or. appelle des hosties, sont les cendres. IE fant à tout prix qu'il nous sauve en nous gardant le bien éternel. — « Pro eis sanctifico meipsumn : Je me sanctifie pour eux par le sacrifice de moi-même », disait-il à la Cène, montrant une fois de plus que l'Encharistie est destinée à nous rendre tous les services de la dilection dévouce.

Ce n’est pas assez. — Réjouir ses amis, leur être agréable, dilater leurs cœurs, alimenter leur joie en jeur

(1) Et nunc vado ad eum qui misit me... Quia htc locutus sum vobis tristitia implevit cor vestruim... Iterum autem videbo vos... (loan., xvi, 6-22.) — Voir, t. I de cet ouvrage, au chapitre de « l'Allégement du fardeau des peines », la puissance de consolation du Christ au Cœur compatissant.

(2) Zelus, quocumque modo sumatur, ex intensione amoris provenit, Amor amicitiæ quærit bonum amiei ; unde quando est intensus, facit hominem moveri contra omne illud quod rer-agnat bona amici. (12 22 q. xxvut, à. 4.)

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donnant, selon le possible, ce qui peut les rendre heureux, est un des plus grands services à rendre quand on comprend l'amitié (4).

Ur, ce Sacrement est le festin spirituel où Jésus offre à ses amis le pain de toutes les délices, le vin de toutes les suuvités ; il est institué pour garder permanente la présence de l’Ami céleste et pour remédier à la tristesse causée par la séparation ; il est institué au milieu de douces assttrances de joie, et destiné à révéler aux âmes qui Île fréquentent « que dans l'amitié de Jésus se trouvent toutes les joies vraiment délectables : In amicitia illius delectalio bona (?), »

Pour résumer tous les avantages que cet Ami, au dévouement sincère et efficace, veut procurer par son Eucharistie à tous ceux qui lu recoivent et qui sont, par ce don même, constitués Ses amis, disons, avec saint Thomas, que « son amitié veut être en nous le principe de tous nos actes, comme de toute notre vie, attendu que c’est le privilège de l'amour de tenir les rênes de Ja vie, de gouverner toutes les passions, d'inspirer toutes les actions (3). » Jésus veut, par la vie qu’il renouvelle en l'âme, par l'amour qu'il y accroît du fait de sa présence en eux, être le principe de toute la vie de ses amis : principe divin, de dignité, de force et de mérite infinis: élevant et sanctifiant les pensées les plus fugitives, les œuvres les plus ordinaires, les peines et les tentations mêmes, déiliant tout, parce qu'il inspire et opère tout en nous et plus que nous : Qui manel in me et ego in 0, hic fert fructuin inul- Lun, quia sine me nil j'otestis facere.

(1) Gaudium ex amore causatur vel propter præsentiam boni amati, vel etiam propter hoc quod ïipsi bono amato proprium bonum inest aut conservatur, (22 2e, q. XxXvuut, à. 1.)

(2) Sap., vin, 18.

(3) Omne agens, quodeumque sit, agit quameunique actionem ex alique amore. (le 2x, q-. XXX1HH, à. 6, c.)

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IV, — L'AMITIÉ: 5 dt IV. — L'Union. — L'union entre les amis est non seule.

ment un effet ae luisitié, mais Fatnitie même : eur l'amitié est le Tien de deux âmes (1), Plus cette union se peut étendre en embrassant un plus grand nombre des élée ments des êtres qui S'abment : pensées, affections, travaux, intérêts et vie: plus elle pent se resserrer dans une adaptation exacte et une unité étroite : plus aussi l'amitié s'enracine, se fortifie, devient puissante, avantageuse et heureuse. « Les anis, dit saint Thomas, voudraient ne faire d'uné maniére réelle qu'un seul être: mais parce que estte union rigourense ne se peut obtenir sans la des truction de lun d'entre eux où méme de tous les deux, ils cherchent à S'unir par tous les movens convenables à leur nature, comme la présence, la conversation, la vie commune et d'autres de ce conre 21,

Le divin Ami, chez lequel le désir de s'unir à nous est él à Famous infini qu'il duisne nous porter, à trouvé, dans sa sucesse, lo Moon. et, dans sa puissance, Ia force d'accompli u plus réelle, la plu pure et la plus admirable des nions, qui à pris en propre le nom de Cobinunion, Elle contient et reproduit entre Jésus et le conanuniant toutes les formes d'union possibles entre les

honimes: elle v ajoute une forme unique et incompréhen-

(D) Amor qui est VIS unitiva, dicit Dyon., cap, 1v de Div, Dom, — Cum alhquis ainat aliquem amorée aimieitise, vult ei bonum sieut et sibr vult bonum : unde apprehendit eutn ut alterum se, et inde est quod am S dicitur esse alter ipses et Aug. (L, I Count, ec. vy): Bene dit quil de ‘inico suo, dimiium anime stie, — Îpse amor est talis unio vel nexus: uude \ur. dicit quod ABIOP est quasi junctura quiedam duo xliqua copuians vel copulire appetens. (ls 2e, q. Xxur, 4. 1.)

(©) Quedam univ est etfectus amoris et hec est unio realis QUANL atans quicrit de re aimata Arist. it quel nmantes uestderant ex duobus fieri unum : sed qui ex hoc accileret aut atihos aut alterum COrrUumpI, quierunt unioheli que convenit #1 decet, ut scil, conversentur et simul colloqu ir et in als

Bujusmodi copjunguntur, (le 2e, q. XXVtir, à. L ad 2,)

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