‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 109 sur 224 · IV. — L'AMITIÉ · texte numérisé non relu

IV. — L'AMITIÉ

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elles s'imprimeront dans l'âme en lumières, en mouvements, en convictions et en résolutions d'agir, sans crainte et sans hésitation. Ah! pour qui «a confiance, que promptes, et claires, et fréquentes sont les réponses de cet infaillible conseiller, qui disait à ses Apôtres, en leur lécuant ce t

estament eucharistique de son amitié

: « Je suis la voie, la vérité et la vie » ; qui les assurait que « tout ce qu'ils demanderaient en son nom ils l’obtiendraient »; qui leur promettait « l’effusion permanente de l'Esprit de vérité qui leur ferait comprendre le sens de toute chose ! »

La participation au même pain, autre moyen d’union. — L’E; charist'e donne la communauté de la table, où l’on rompt avec le divin Ami un pain qui est son corps ; où l’on boit à la même coupe que lui le vin de son sang. Il est l'hôte et le convive. On sait combien les repas communs engendrent la familiarité, délient les langues, rendent facile l'ouverture des cœurs. Il se fait une communication des âmes, une participation mutuelle à la vie de chacun, par la communication des mêmes aliments aux convives. Pour resserrer l’union dans les familles, la Loi ordonnait que tous les membres de chacune d'elles se réunissent autour d'une même table pour manger l’'Agneau de Ja Pâque. Jésus suivit bien volontiers cette loi d'union, et le discours après la Cène montre jusqu'où il veut porter la familiarité et les confidences de l'amitié avec les convives qu'il appelle table eucharistique. « Je vous ai fait connaitre tout ce que j'ai appris de mon Père. Je n’ai vraiment plus rien à vous dire, que je ne vous l’aie dit. » —- Et quard l'invitation est de tous les jours, que le repas eucharistique est le repas régulier de la vie, quelle ne doit pas être son efficacité pour uuir l’homme, même le plus ignorant et Le plus timide, avec le céleste Ami ?

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Mais il n’est pas l'hôte seulement ot le convive : il est l'aliment. — Et voici ce que ne peuvent faire les amis créés,

Le Cœur De Jésus-Cunisr, — T. IL 21

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Jésus va se donner aux siens dans une union réclle, encore que spirituelle, celle de la manducation. Elle sera réelle : nous mungerons sa chair et boircus son sang dans des signes sensibles qui témoigneront de la vérité de l'aliment recu et de Ia réalité de sa manducation. Les siwnes se changeront en nous : l'humanité de Jésus, spiritualisée par son état gloritié, nous nourrira réellement en communiquant à notre me sa vertu vivitiante: et elle introduirau en nous la Personne du Verbe, qui v demeurera comme le principe de notre vie surnaturelle, Le Fils de Dieu sera en nous, nous serons en lui; comme il vit de son Pére et ne fuit qu'un avec lui, nous vivrons de Jui dans une ineffable uuité, extension de celle-là (1) !

Voilà Punion réelle, Funité spirituelle que veut avoir avec tous les hommes, par la communion offerte à tous, l'unique Ati 2)! Vovez si la communion ne remplit pas toutes les conditions et nopère pas transcendantalement tous les eflets de l'union morale entre zuis.

« L'amitié établit une communication mutuelie entre Les amis (3). » — Quelle communication que celle où PAmi divin se livre corps e! àme, en personne, et passe tout entier en l'ami qu'il nourrit de sa substance ! Que celle où il attire à lui Pami nourri, le prend, se lPassimile, pour lui communiquer sa vie, ses vues, ses sentiments et ses mœurs, sa gräce à perpétuité ici-bus, sa gloire dans Pélernité !

« L'amitié appelle les retours, le flux et le reflux de deux

(1) Sicut misit me Pater ct ego vivo propter Patrem, et qui manducat me vivet propter me. (Joan., vi, 94.)

(2) Eucharistiæ Sacramentum institutum est ad spiritualiter nutrieudum per unionem ad Christum. (32 p., q. LXXIX, à. D, ©.)

(3) Mutua benevolentia fundatur super aliqua comimuuiçations, (2 2e, q. xx, À.)

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