‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 11 sur 224 · LE — VOILA (CE CŒUR QUI A TANT AIM · texte numérisé non relu

LE — VOILA (CE CŒUR QUI A TANT AIM

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le pain de l'Eucharistie, — Qu'est-ce que l'Eucharistie Un pain cuit sous la cendre : Panis subcinericius (1), un pain de cendres plutôt, où le feu ardent du sacrifice a tout consumé, ne laissant que des cendres, parmi lesquelles on ne peut apercevoir les vestixes, même les plus légers, des magnifiques réalités d'être et de vie qui leur furent livrées!

Rien n’est épargné! Les flammes dévorantes de l’action sacrificatrice, soulevées par le souffle de l'amour, monlent jusque par delà les cieux visibles ct enveloppent, sur le trône où il est assis, le très glorieux Fils de Dicu, resplendissant de sa vie triomphante. Pour produire ce nouvel état de son être qui, tout en le laissant présent dans la gloire du ciel, Le constituera présent dans l'humiliaute condition de l'Eucharistie, elles le serrent de toute part, le pénètrent et consument la splendeur de sa gloire, les formes barmonieuses de son humanité, la beauté de son visage, ic rayonnement de ses yeux, les paroles de ses live les Stigmates brillants de ses cinq plaies, le charme qui se dégage de sa personne, la liberté de ses mouements, l’activité extérieure de son tre, sa force de résistance et son indépendance à l'égard des êtres extérieurs. De toute cette vie glorieuse de la sainte humanité, parvenue dans le ciel à son apogée, fixée dans sa perfection suprème et son plus magnifique épanouissement, que reste-t-il, quand les paroles du sacrifice ont achevé leur œuvre et placé dans l'état sacramentel l'adoralle Personne de Notre-Seioneur Jésus- Christ? Il reste c& que montre la Particule sacrée que vous adorez et qne vous recevez, ce que contient la parcelle détachée de l'Hostie et tombée presque invisible dans les plis du saint corporal : une miette de pain, de la poussière, de la cendre de pain, informe, sans beauté et sans valeur : Ephraim factus est panis subcinericius (2). En vérité,

(1) Ad caput suum (Eliæ) subcincricius panis. (II Reg., x1x, 6.) (2}Os;, vi, 8:

Le CŒcR pe Jésus-Cuntsr. — TI. è

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son Cœur, qui le livre à la puissance redoutable des paroles consécratrices, « nous 4 tant aimés, qu’il n’a rien épargné, jusqu’à se consum r! »

Non, il n’a rien épargné, pas plus l'éclat et les magnificences de sa royauté que la vie glorieuse de sa sainte humanité. La vivlence de l'amour qui nous le livre au Sacrement envahit, absorbe et consume tout : les splendeurs de son appareil royal, les honneurs qu'il recoit de la cour céleste, les cortèges qui escortent sa Personne sacrte, les hommages de l'obéissance empresste et du service fidèle, les chants de triomphe et les cantiques d’action de grâces des élus, leur amour surtout, l'amour pur, l'amour constant, l'amour des complaisances sans partage et du repos pris uniquement en lui, comme en la plénitude du suprême bonheur. Et l’amour, qui l’a consumé. le jette en cette Hostie sans vie, sans droits, sans voix, sans charmes; dans les abaissements de la pauvreté et de l'abandon, au milieu de ceux-là mêmes auxquels il se livre!

Davantage! S'il n’a pas épargné su gloire personn Ja gloire de sa royauté, préservera-t-il du moins de soute injure sa présence au Sicrement, si humble et si faible, et l'entourera-t-il de précautions qui assurent à son adorable Personne, dans cette situation abaiïssée, le respect et la sécurité? — Non! IL n’épargne rien, pas même son être sa-ramentel!

Le prêtre le brise pour rappeler aux veux les brisements de sa Passion et la séparation suprôme de sa mort. — Puis, il est mar :é comme l'aliment nécessaire à tous, et il descend dans la poitrine de ses créatures pour y être broyé comme un pain vulgaire, au profit de l'âme qu'il nourrit, en se consumant à son profit. — Et enfin, hélas! il subit d’être livré, par la négligence, l'ingralilude, voire même la haine de ceux pour l'amour de qui il se consume, anx atteintes des éléments, aux

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