‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 112 sur 224 · IV. — L'AMITIÉ OU · texte numérisé non relu

IV. — L'AMITIÉ OU

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Ainor intünus; les entrailles de Pamour : Viscera charitalis. — Enfin l'identité des volontés resserre l'intimité d'un dernier nœud. La volonté de Jus est la seule qui compte et qu'on écoute; la nôtre se fond en celle-Jà dans une soumission, une confonnité, une adhésion qui n'admes ni réserve, ni divergence, ni dissonance connues, On est affecté identiquement par les mémes causes et de li même manière : on est en F'Ami par ce qu'il y à de plus profond dans l'âme, le libre arbitre donné sans réserve, lu volonté livrée sans retour et identifiée à celle de Jésus : c'est vraiment l'amitié parfaite parce que l'unité v est consommée, L'adein velle el eadern nolle, et demuimn per fecta ainicilia est (1). — L'adorable Ami disait à la Céne de cette identification de la communion : « Père, je suis en eux comme tu es en moi: c'est l'üunité consomimeée entre les hommes et nous : c'est le signe éclatant que tu m'as envoyé pour les réunir à toi, et que tu les aimes du mème amour dont tu m’aimas de toute éternité (2). »

Saint Jean après la communion, enlacant le Sauveur et collant sa tête sur son Cœur, pénétrait dans les profondeurs du Christ, il allait jusqu'aux racines de son ètre, et il y découvrait les splendeurs de sa divinité et les tendresses intimes de son amour; il attachait sa volonté si étroitement à Jésus, que, seul de tous, la Passion méme ne l'en put séparer : il était l'ami parfait, que l'amour de la commu nion à uni, fondu et perdu dans PAuni divin: aussi depuis ce temps ne portait-il plus que ce nom : l'ami de Jésus : Quern ditigebat Jesus.

(1j Amans, in amore amicitiæ est in amato inquantum reputat bona vel mala amici sicut sua, et voluntatem amici sicut sua; ut quasi ipse in suo amico videatur bona vel mala pati et aflici; et sic æmans videatur esse in amato, quasi idem factus amato. (7b.)

(2) Eso in eis et tu in me, ut Sint consummiati in unum : et Coguvscat mundus quia tu me misisti et dilexisti eos, sicut et me dilexisti, (Joan., xvir, 23.)

ü66 LES AMOURS DU SACRÉ-CŒUR

V. — La Fidélité. — Le sceau de Pamitié vruie €et fu fidélité, Que le dévouement soit généreux et ardent, que l'union soit aussi intime qu'on la peut imaginer, si la fidélité, qui est la constance dans l'affection, ne vient pus lui apporter la durée, l'amitié est fausse, les déceptions qui la brisent sont plus cruelles que ne furent douces les sympathies qui la nouérent, et l'umertume de la séparation ‘dépasse infiniment les joies de l’union : car celles-ci n'étaient délectables que par la foi en leur durée.

e L'auraitié est éternelle, de son essence, a écrit saint Augustin ; et celui qui est véritablement ami aime tou- Jours, dit le Suge. — Alors même qu'un infidèle blesserait voire ceur au vif, continuez d'aimer, Si la réciprocité vient à manquer, aimez encore de churité dévouée. Pourvoyez selon que vous pourrez au salut de l'infidèle ; gardez intact son hon renom, ne trahissez jamais ses sec res ulors même qu'il aurait livré les vôtres (1) ! »

Le Saint-Esprit, en faisant lé + de l'amitié, la loue surtout d’être fidèle, et cette parole dit assez le cas qu’il en faut faire : « Rien, absolument rien, n’est comparable à un ami fidèle : Axico fideli nulla est conparaltio (2). » — « C’est en réalité, dit saint Thomas, la fidélité que l’on aime dans Pamitié; et cet ami est fidèle qui demeure constant et inv'riable dans la foi qu'il a jurée. Ce que j'appelle un ami fidèle, continue le Docteur angélique, c’est celui qui ne changera jamais à mon égard; qui ne me négligera pas pour un nouveau venu; qui même, à cause de la saveur piquante de ce fruit nouveau, ne trouvera pas que j'ai vieilli et suis bon à mettre de côté; qui ne me regardera pas comme un étranger si la prospérité le fait

(1) Amicitia scterna esu : unde omni tempore diligit qui amicus est. Si te læierit ille quem diligis, tu tameu dilige. Si talis fuerit ut amiciua retrahatur, nuvquam tamen subtrahatur dilectio. Consule quantum potes saluti, prospice famie, nec unquaim amicitiie ejus prodas secreta, quamvis ipse tua prodierit, (De Amic., c. xv.)

(2) Eccli., va, 15.

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