IV, — L'AMITIÉ
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férence : Ad amicum si aperueris os triste: mais il est l'ami fidèle et son C sur nous revient toujours aussi aimant : Ve timeas, est enir concordatio (1).
Et si même un traître, en touchant de ses lévres dans la communion sacrilège, où de ses mains imp res dans la profanation, le Corps adorable de Jésus enf. nee le gluive dans le Cœur du très saint Fils de Dieu. ce coup mortel, injurieux autant qu'ingrat, ne fera pas reculer l'héroïque Ami de l'Eucharistie, C’est bien pourtant le coup de mort qu'on lui inflige alors : Reus erit corporis et sanquinis Domini. Mais au lieu de désespérer, comme son protagoniste Judas, que le sacrilége lui-même demande pardon, et la prière que, du fond de son abjection, l'Ami outragé fait monter au ciel en faveur de son bourreau iui obtiendra miséricorde : Ad anicum etsi perdureris gladium, non desperes : est enim regressus (2)
Le Saint-Esprit a dit encore : « Si vous voulez avoir un ami sûr, attendez que l'épreuve vous montre sa fidélité : Si possides amicuim, in tentatione posside illum (53), » : semble bien que Jésus a fait ses preuves ! Ouand un ami consent à sacrifier sa dignité, ses droits, sa vie même: à se voir méconnu, méprisé et rejes ; à subir dans son € nr les odieuses injures de Ja trahison et dans <a ch es sévices cruels de la profanation ; quand il subit ces ndons et ces ignominies, ces làches traitrises et ces violons pendant toute une vie de la part de celui-ci at de c« pendanc des siècles depuis l'institution de l'Euel quand, malgré l’ingratitude opposée à son amour, deur à ses avances, la dureté à sa tendresse ; quand pour produire la sainteté et la vie, on l'oblige à agyra
Lei 2}
(, Eccli., xxur, 27.
(2) Ubi supra.
(3) Ecceli., va, 7.
le crime et à donner la mort éternelle, quand, malgré ‘ont cela, il demeure, s'offre, se donne, pardonnant, silencieux, humble et doux, «h! lon est en fuce de l'Ami fidèle en face de la fidélité mème! Mais elle dépasse l'humain et sort du possible ; elle est étrange, inexplicable et incompréhensible ; elle ne peut être que divine et il la faut adorer dans la stupeur et duns les larmes : Onni lempore diligit qui amicus est et frater in angustiis comprobatur !
Le Sage dit encore : « Si votre ami sait s'abaisser humblement devant vous, disparaitre pour vous élever e faire petit pour vous servir et patient pour vous supporter, vous avez trouvé en lui la bonne amitié, l'union vraiment unanimes de deux cœurs, que ne divisera jamais aucune rivalité d'amour-propre : Si huniliaverit se et absconderit se a facie lua, unanimem habebis amiciliam bonam (1). » — De qui donc est dite cette louange, sinon de celui qui, our nous élever à la ressemblance parfaite avec son Père, s’abaisse devant nous jusqu'à se faire le pain qui nous porte, par sa vie dénensée à notre profit, aux sommets de la vie déifique ?
Ah! vous pouvez savourer dans la paix et dans la joie, auprès de cet Ami, tous les fruits de sa fidélité.
C'est la force d’une protection dévoute, toujours en éveil et invincible : Amicus /idelis, protectio fortis. — Kt Jésus s’engageait, à la Cène, à demeurer toujours avec nous comme l'homme fort et armé qui garde sa maison, comme le père qui ne veut pas abandonner des orphelins à leur faiblesse, comme le défenseur intrépide de ses disciples, qui les suit devant les juges et les persécuteurs pour leur inspirer de victorieuses justifications, enfin comme le vrai Roi du monde qu'il a conquis et dont il a expulsé l’usurpateur. — Certes, il peut demander qu'on ait confiance en
(1) Ubi super,
bin