IV. — L’AMITIÉ GYE
attaché à ceux qu'il aime, et dans le temps et dans l’éter. nité, prenez-le done Pour ami et abandonnez-vous à ses soins. Il vous conduira ; il gouvernera votre vie dans toutes ses voies ; rien, pour petit qu’il paraisse, dont il ne veuille s'occuper avec une attention fidèle et soutenue : In domesticis tuis fidetiter agel (1). »
Mais, pour cela, honorez-le d’une confiance sans bornes, que vos fautes mêmes, tout en vous couvrant de confusion et en vous brisant le cœur de regrets. ne puissent ébranler, rendre défiante ou hésitante! Aimez-le comme il le mérite, plus que tous les autres amis. Veuillez ne jamais lui faire de propos délibéré Ja moindre peine, mais sachez que la plus cruelle que vous puissiez lui infliger est de douter qu'il vous la pardonne et de n'en point implorer de lui le pardon. Le péché irrémissible de Judas contre l'amitié de Jésus fut moins de livrer son Maître aux Juifs que de fermer son cœur à l'appel de pressante et miséricordieuse affection que lui adressa, au moment suprême, la fidélité infrangible de l’invariable Ami, et de s'aller pendre en doutant de sa puissance à pardonner.
Ah! bienheureux celui qui a trouvé un ami véritable : Beatus qui invenit amicum verum (2)! L'ami uniquement, incomparablement v ai, c'est Jésus seul! Dans son Cœur brûlant des flammes de l'amitié, soulevé par ses dévouements, débordant de ses tendresses, il nous a fait une place, il nous choye, il nous cultive et veut nous garder à la vie et à la mort. Plus véritablement que PApôtre dont le cœur s'était agrandi et attendri au contact familier de celui de Jésus, le divin Ami de l'Eucharistie, soulevant les voiles Sacramentels, nous crie : Zn cordibus nostris estis a@ convivendum et ad Commoriendum (3) !
() Amicus si permanserit fixus, erit tibi quasi coæqualis et in domesticis fideliter aget. (Eccli., vr, 11.)
(2) Eccli., xxv, 12.
6) I Cor., vu, 8.
374 LES AMOURS DU SACRÉ-CŒUR ne etage re
Prenons donc pour l'aimer, l'écouter et y v'vre « ce Cœur de bon conseil, qui vaut plus que tout au mende : Coï boni consilii repone tibi; nil invenies pluris illo (A), » Que chacune de nos communions soit le renouvellement de notre amitié avec lui, un pacte nouveau, une proclæ mation de Jésus pour notre meilleur ami, le plns aimé et le plus consulté ; confions-lui chaque jour affections, joies, désirs et projets; peines aussi, tentations, faiblesses et péchés mêmes. Il versera dans notre cœur les consolations, les lumières et les forces de son amitié et, sous cette rosée tombée de son Cœur chaque matin, nous nous sentirons apaisés, refaits, encouragés et heureux : l'amitié de Jésus nous sera la douceur suprême de cette vie : Bonis aimici consiliis mens dulcoratur (?).
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La Bienheureuse écrivait : « Entrez dans ce Cœur sacré comme invité au festin d’amour de votre unique et parfait Ami, qui veut vous enivrer du vin délicieux de son pur amour, qui seul peut adoucir toutes vos amertumes, en vous dégoûtant de toutes les fausses délices de la terre pour 1e plus prendre de plaisir que dans le Cœur de ce cher Ami, qui vous dit amoureusement : « Tout ce qui est à moi est à toi : mes plaies, mon sang et mes douleurs sont à toi; mon amour rend nos biens communs; laisse-moi donc posséder tout ton cœur! » — L’envisageant en cette qualité d'ami, vous pouvez lui dire tous les secrets de votre cœur, lui découvrant toutes vos misères et nécessités comme à celui qui peut seul y remédier, lui disant : « O l'Ami de mon cœur, celui que vous aimez est malade! visitez-moi et me gutrissez, car je sais que vous ne pouvez pas m'aimer tout ensemble et me délaisser en mes misères (5)! »
(1) Prov., xxvit, 17, (2) Ibid., 9.
(3) T. HE, p. 450, 462
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