‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 119 sur 224 · V. — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÈTRES · texte numérisé non relu

V. — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÈTRES

des figures dans les splendeurs de la réalité. Ces deux mystères s appuient l'un sur l’autre, sont l’un pour l'autre et inséparables l’un de l’autre : Le Prètre et le Sacrement sont un seul et même don, où se versent sans mesure les suprèmes effusions du Cœur Sacré.

De cette nécessité auguste, qui urit inséparablement le Sacerdoce à l’Eucharistie, naissent les raisons de la prédilection de Jésus pour ses prêtres. Elles sont nombreuses ; nous en dirons trois principales. — Le don plus parfait de son Eucharistie et les droits plus étendus sur son être sacramentel; — les secrets de ses plus hauts mystères et de ses peines les plus profondes, qu'il leur découvre, à eux seul:, sans réserve ; — l'union personnelle, incomparable ment privilégiée, qu’il contracte avec eux, en leur communiquant son caractère sacerdotal,

IL — Si tous ceux qu'il nourrit de sa chair dans l'Eucharistie le Sauveur peut les appeler ses € amis » parce que

ce don est la preuve Ja plus sincère de la pli profonde amitié, de quelle amitié redoublée n'aimera-t-il pas ces élus, par lui choisis, auxquels seuis il se livre, de plus, pour être inmolé en sacrifice à l'autel, pour être dispensé à la multitude réunie autour de la tüble sainte, pour ètre tidélement gardé la nuit et le jour, et dignement honoré dans les tabernacles ?

Car tel est le sort privilégié du prêtre : non seulement il à sa part commune @a pain divin de la communion comme tous les membres de la famille, mais il possède seul les droits de la consécration, de la dispensation et du culte de l'Eucharistie. Comme c'est la perticipation au Christ eucharistique qui fonde et mesure lPamitié avec lui, si les fidèles qui ne font que le recevoir sont des amis, il est clair que ceux qui y ajoutent de le pouvoir immoler, distribuer, garder pour les besoins du peuple ei faire honorer par sa piété, sont des amis distingués par des

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prédiletions particulières, plus chers que les plus aimés : car le Sauveur lui-même avoue n’avoir pas su trouver « de plus grande marque d'amitié, que de se livrer lui-même. »

A ses prêtres il donne cet étrange vt redoutable pouvoir de le consacrer.

Le consacrer, c'est l’immoler réellement en sacrifice et renouveler véritablement sa mort au Calvaire. Le mode extérieur de cette immolation diffère sans doute de la mort sanglante : mais combien elle est réelle et fait du “hrist eucharistique une véritabie victime, un holocauste ionsumé, une oblation anéantie! Car le consacrer c’est le saisir dans sa vie glorieuse au milieu de son éternel triomphe au ciel, peur le ramener su: lo lerre, mais dans un état si déprimé, si humilié, qu'on & pu l'appeler sans métaphore « un anéantissement, » — Le consacrer c'est le réduire à cet état de chose sr‘ramentelle où, sans cesser de vivre pour vouloir, sentir et supporter tous les abaissements, il voit disparuitre la splendeur de sa gloire, la beauté de sa face, l’harmonieuse structure de son humanité ressuscitée ; lier ses membres, fermer ses lèvres, enchainer sa liberté et paralyser son action. — Etre consacré, c’est descen ire à l’état de chose inerte, sentir peser sur soi la matérialité des choses brutes ; et, duns ces conditions de dépendance et de vulgarité, être livré à la volonté inconstante, oublieuse et souvent méchante de l’homme, comme aux caprices aveugles des éléments. — Voilà la consécration eucharistique et ses conséquences : peut-on s'abandonner davantage ?

C’est ce que fait Notre-Seigneur entre les mains de ses prêtres! 11 dépend d’un mot de leurs lèvres, d'un signe de leur volonté : ils ont tous les droits sur lui, et, de ce renouvellement de son sacrifice sanglant sur l'autel, ils peuvent faire pour lui ou un moyen d’infinie glorification, ou la reproduction stérile et maudite de la plus cruelle et de la vlus ignominieuce des morts |

RG joe,

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