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V. — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÊTRES 987 ——— "TT

venues de l’abandon lâche de ses collaborateurs, de la trahison froide de ses amis; — et ne pas douter de Jésus, ni de sa puissance, ni de son triomphe définitif; mais, au contraire, redoubler sans cesse de foi, d'amour et de zèle pour consoler le Cœur affligé et panser le Cœur blessé!

Ah! il faut aimer un ami de bien particulier amour, avoir en lui une confiance bien entière et lui témoigner un abandon sans réserve pour lui révéler toutes les plaies secrètes du cœur! Si Jésus a la confiance de les mettre à nu sous le regard de ses prêtres, c’est qu'il les aime de prédilection : Vos autem dixi amicos, quia omnia… nota feci vobis.

IV. — Le troisième titre de la prédilection de Jésus pour ses prêtres est l'union incomparablement étroite où il les appelle en leur communiquant, par le caractère sacerdotal, une telle ressemblance de condition avec lui, que, la maternité de Marie et la paternité de Joseph exceptées, aucune assimilation surnaturelle de la créature avec le Fils de Dieu ne se peut concevoir si haute, si profonde, si parfaite. S'il est vrai que toute amitié se fonde sur des similitudes de nature, de condition, de sympathie ou d'intérêt, quelle ne sera pas l'amitié privilégiée qui s’établira sur cette ressemblance entre Jésus et le prêtre, que le caractère sacerdota! porte jusqu’à l'identification personnelle, faisant du prêtre « un autre Christ », un être qui « agit dans la personne du Christ ». selon l'expression hardie, mais exacte, de saint Thomas : Sacerdos novE® legis in persona Christi operatur (Dj

Cest le propre du caractère sacramentel d'assimiler à Dieu l'homme qui le recoit, en imprimant dans son âme

() He P, Q. xxx, a. 4.

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d'une manière ineffacable un trait fondamental de la nature divine, une participation à l'être on an ponvoir de Dieu : « Le caractère, dit saint Thomas, est un signe distinetif, surnaturel et spirituel, marqné dans l'âme par le caractère éternel, qui est le Verbe, image incréée du Pére, incarnée en Jésus. En se communiquant à nos âmes par les sacrements, cette vivante image de Dien y marque l'empreinte de son être ou de son ponvoir et nous assimile ainsi à Jésus et, par Jécrs, à Dieu : Une qui nolantur charactere assimüantur Christo A). »

Le caracter ptismal hnprime dans l'âme de l'enfant la ressemblance avec Jésus, en le rendant participant de sa nature et de ses droits de fils par la filiation adoptive de la grâce, qui le sépare des enfants de colère: et, en le revêtant de la sainteté de Jésus, il le rend digne des complaisances du Père pour son Fils unique,

Mais parmi ces élus, marqués du caractère de fils, Jésns, le souverain prêtre et le chef souverain. en choisit quelquesuns par une nouvelle et plus précieuse élection (2), dans lesquels il se reproduit par une seconde et plus profonde ressemblance, en leur communiquant son pouvoir de chef et son ministère de prêtre : c’est le caractère sacerdotal, qui, selon le mot de saint Denys, « achève de rendre l'homme divin par la suprême ressemblance avec le Fils de Dieu : Periciens eum divinuin et communicatorein donorum divinoruin (3). »

Par le caractèra haptismal Jésus communiquait au chrétien sa nature, sa vie et sa sainteté de Fils et se l’unissait

(1) Character est distinctio impressa animæ rationali a charactere æ‘erno; sed character æternus est ipse Christus : ergo qui notantur charactere assimilantur Christo. (IR P. Q. Lvrt, a. 4.)

(2) Ipsum elegit ex omni vivente offerre sacrificium Deo. (Eceli., LXV.)

13) De CϾl. Hierarchia, a D. Th. allatus Ille P. Q. Lxur. a. 2.

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V. — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÎTRES 089 here eu ci em me os comme un des membres vivants de son corps; par le caractère sacerdotal, il communique au prétre sa puissance publique, sa dignité éminente, son antorité suprème de chef, Ce n’est plus un membre parmi ses membres : il est identiiié à la tête elle-même pour vivifier et couverner tout le corps de l'Eglise,

Mais avoir de Jésus la nature pour être sanetifit personnellement et le pouvoir pour acir publiquement sur Ja multitude, n'est-ce pas avoir tout ce qu'il possède Inimême, lui ressembler en tout ce qu'il est, par conséquent lui être personnellement et totaiement identifié ?

Saint Paul dit de Melchisédech. le prêtre fignratif, « qu'il avait été assimilé an Fils de Dieu par la possession de son saccrdoce éternel : Assimilatus l'ilio Dei, manet sacerdos in œternum(1).» Dans le prêtre véritable cette assimilation atteint la suprême puissance : elle identifie le prêtre à Jésus-Christ et il apparait devant Dieu pour lui offrir ]na religion du monde, comme devant le monde pour lui transmettre les dons de Dieu, « dans la personne de Jésus- Christ », l'unique médiateur dont il exerce le sublime mitristère : « Quod ego donatvi, propter vos, in persona Christi (2). »

Que l'on ne se récrie pas contre la sublimité de cette assimilation produite entre le prêtre et le Fils de Dicu par le caractère sacerdotal : c'est l'amour d’un Dieu qui l'opère, etilse plait à des merveilles inattendues et inouies. Déjà, par le baptôme, la créature est élevée aux hauteurs snrnaturelles de la vie, de la sainteté et du bonheur de Dieu Ini-même, Mais ici l'amour redouble, il faut que ses merveilles redoublent aussi: et comme l'humanité de Jésus, en recevant le caractère du Verbe dans un don

() Uebr., vrr, 3.

(21 Vice et auctoritate Christi, cujus personam gero, quasi in persona Christi existens. (Corn. à Lap. in I Cor, 1, 10,

immédiatement personnel, a été élevée au sommet de la vie divine, possédée en plénitude et d’une manière inaliénabl-, qui s'appelle « l’assomption de la nature humaine dans le Verbe », ainsi le Verbe incarné, se plaisant à aimer de choix un certain nombre de privilégiés, pris dans la famille déjà tant aimée des élus, il les emporte sur les cimes de sa gloire pour les y faire vivre d’une sainteté plus haute, les place directement en face de Dieu pour y accomplir le sublime office de donner satisfaction à tous ses droits et de traiter des intérêts de toute créature : Ex hominibus assumptus pro homin:bus constituitur in eis quæ sun: :d Deuin (1).

C’est le comble de l’honneur et le comble de la puissance que cette assomption merveilleuse qui perd les prûtres dans une inconcevable unité avec le souverain prêtre : voilà ce que son Cœur a voulu leur donner au moment où, en les revètant de son sacerdoce, Jésns les proclamait ses amis de prédilection : MNimis honorati sunt

amici tui. Deus, nimis confortatus est principalus eorum (2).

Il fallait aux prêtres de la nouvelle loi ce faîte de la dignité et ce faîte de la puissance, pour rcproduire l'œuvre capitale du Christ, le sacrifice d'infinie valeur et d'efficacité intinie. Et l’oblation du sacrifice eucharistique, qui est !a fonction principale de leur ministère et la fin première de leur vocation, est aussi la raison de leur incomparabis union personnelle avec Jésus.

« La dignité du sacrement de l’Eucharistie est si haute, dit saint Thomas, que la consécration n’en peut être faite que dans la personne du Christ : Hoc sacrarentum

(1) Hebr., v, 1.

(2) Ps. cxxxvir, 17.

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de la naliénaine timer ns la r les nteté ur y tous ure :

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sance rètres itre :

ment oclasunt Ja lus

de la euvre acité st 1a re de rabie

aute, faite aitu

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Ve — SES PRÉLALECTIOYS : LFS PRÊTRES oNM EE rs me NME OS tante dignitatis est quod non CONJicilur nisi in persona Christe. » Il ne s'agit pas ici, en effet, d'immoler une victime sans raison, représentant l’immolation spirituelle de l’homme devant Dieu. C'est un Dieu qu'il faut saisir, un Dieu sur lequel il faut agir, un Dieu qu'il fant immoler : que le consécrateur soit done un Dieu, lui aussi, pour être digne de consacrer un Dieu !

Or, un seul être parmi les hommes est Dieu comme Dieu luimême, c'est Jésus le Fils de Dieu. Lui seul done sera capable d'offrir le sacritice eucharistique, Mais il est remonté au ciel. L'autel de Ja terre restéra-t1l sans sacrilice au milieu de l'Eglise désolée ? Non. continue saint Thomas. Il y a ici-bas des êtres privilégiés dans lesquels le Souverain Prètie réside et agit en personne, à qui il appartient en propre, à cau. a, de consacrer l'Eucharistie : leur caractère saceraotar à rend dignes d'opérer l'œuvre personnelle de Jésus, dans la propre personne de Jésus. Qu'ils S'approchent, Qu'ils consacrent donc! c'est e qu'ils lui sont personse de cette union, la sainteté St conforme à la dignité du Sacrement

« 1deo propriuin est sacerdotuin con/icere hoc sacramentuim (1). »

Jésus qui consacre en eux, parce nellement identifiés: et, à cau: de Jeur sacerdoce «

qu'ils opérent :

Leur puissince, comme leur dignité, est cell Fils de Dieu : car les merveilles cration eucharistique sont de telle P«

e du propre que Suppose la consértée qu’elles réclament, pour être accomplies, l'intervention personnelle du Tout- Puissant, Saint Thomas révèle ce lien de l'union privlégiée du prêtre avec le Christ : « Parce que la consécration de la maticre eucharistique consiste, non dans une simple bénédiction, qui lui Communiquerait une vertu sanctifi- Catrice, mais dans un changement miraculeux de la Substance du pain en la substance du corps de Jésus,

(HTTP O LXXXIDEA UNI

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cette consécration ne peut se faire que par Dien seul : /n quadanñ iiracuiosa conversione subslantiæ queæ & bea solo perfiei polest. C'est pourquoi aussi les paroles de Ta consécration, qui doivent être proportionnées à l'opération merveilleuse de ce mystère, ne sont pas celles d'un ministre si élevé qu'on le suppose, priant, commandant ou agissant en son nom où an non d'une puissance supérieure : elles sont d'un ministre parlant dans la personne même de Jésus-Christ : Sed quasi ex person« Christi loquentis. Et cela, ain qu'il apparaisse que dans la production de ce Sacrement, le ministre, disparu et perdu en Jésus-Christ, ne fait que proférer extérieurement les paroles que Jésus-Christ dit en lui : Ut detur intelliqi quod minister, in perfectione hujus sacramenti, niliil agit nisi quod profert verba Christi (4). »

Voit-on jusqu'où le souverain prètre s'unit, s'agrège ct s'identifie les membres de son être sacerdotal ? Il pouvait bien, à la Cène, en voyant ces premiers prêtres en qui il venait de se personnifier dans une extase d'amour, dans une effusion suprême de son Cœur, il pou rait les appeler « les siens », une partie vivante de sa propre personne : Cuin dileæissel suos! »

Iles a liés si étroitement à son Sacrement par leur sacerdoce, qu'ils semblent en faire une partie morale, mais nécessaire et inséparable.

Jésus donne au prêtre la victime du sacrifice, par lequel il satisfait à Dieu, et le pain spirituel dont il nourrit les âmes : le prètre donne à la victime son sacrificateur, au pain de vie son dispensateur, — Ils sont indispensables V'un à l’autre, incomplets et impuissants l'un sans l'autre : le prêtre à offrir, le Sacrement à agir. — Le prètre est le complément et le supplément du Christ anéanti dans l'état

(1) Q. Lxxvint, a. Le

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SUUTE . Deo le la pérad'un dant sance 18 la son dans ru et ment ellini niliil

ce ct uvait qui il dans ppeler Jnne :

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lequel rit les ur, au sables autre :

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V. — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÊTRES 69 —————————__——— Sacramentel pour y continuer sa mort : il est sa bonche pour l’annoncer, son bras pour le donner, le pied qui le porte à ceux qui l’appellent, l'organisme extérienr et humain de sa présence, la forme agissante dn Christ réduit À l'inertie du pain. — Il est le rayonnement de sa présence cachée dans l'obseurité du nuage eucharistique, la protes. tation vivante qui empêche le silence dn Sacrement ée sa transformer en l'oubli du tombeau. Il semble vraiment que, comme sur le Thabor, le prètre vive avec Jésus dans In nue mystérieuse du Sacrement (1).

Aussi entre-t-il dans les puissances du Christ eucharis. tique, participant à l'éminence du Sacrement, à sa n°‘essité, à son efficacité et aux honneurs qu’il mérite, — ‘mme l'Eucharistie est au-dessus de tout dans l'ordre de Ia grâce, le prêtre domine les peuples, les magistrats et les rois de la sublimité divine de sa dignité, de sa mission surnaturelle et de son pouvoir spirituel. Il est docteur, juge et chef des âmes, dans l'empire de la grâce. — Comme l’Eucharistie est nécessaire à Dieu pour sa gloire, à l'humanité pour sa vie surnaturelle, car sans sacrifice il n’y a pas de religion, c'est-à-dire pas de communication surnaturelle entre ln créature et le Créateur : ainsi, sans prêtre, il ne saurait y avoir de sacrifice : donc aucune prière qui monte de la terre vers Dieu avec certitude de l’atteindre, aucun bienfait divin qui descende de Dien vers l'homme avec la force de l’élever jusqu’à sa perfection dernière. — Comme toute vertu sanctifiante et toute influence surnaturelle viennent de l'Eucharistie, ainsi rien ne se fait dans l'Eglise que par le prêtre, canal qui fait passer dans les âmes, par la parole, les sacrements et les œuvres, les trésors accumulés dans le Cœur de Jésus-Christ, foyer de toute vie.

Mais aussi, de cette union ineffable avec l'Eucharistie,

(1) Et nubes Ivcida adumbravit eos. (Matth., xvur, 5.)

viennent au prètre les honneurs, la soumission, la confiance, l'amour, le culte religieux en un mot, dont les peuples l'entourent. fl participe réellement au culte rendu à l’Eucharistie. Quel potentat sur la terre obtient comme lui la soumission de l'esprit, l'obéissance de la volonté? A quel ami donne-t-on comme à lui la contidence des secrets les plus poignants, la reconnaissance et la pitté filiales? Ah! c’est que les peuples qui l'ont vu à l'autel, confondu avec le Christ dans la même action personnelle du sacrifice, enveloppé dans les nuages du même encens, continuent de le voir partout et toujours prêtre dans la personne de Jésus, digne, par conséquent, de la religion qu'ils décernent au Sacrement lui-même : Assimulatus Filio Dei, manel sacerdos in æternum (1)!

Il serait inutile d'objecter, contre ces témoignages masnifiques des prédilections de Jésus pour ses prêtres, que ces hommes, tant élevés, peuvent rester pourtant très bas par leur nature et par leurs penchants ; que ces collaborateurs, munis de forces si puissantes, demeurent capables d’inconstance et de chute.

“ela est très vrai. Mais la persistance de leur mistre native au milieu de leur divine assomption ne fait que leur attirer de nouvelles attentions, de plns actives sollicitudes, des assistances plus secourables, une compassion plus tendre et une miséricorde plus abondante de la part du Sauveur. Car c’est lui qui est allé les prendre dans leur bussesse, qui a chargé leurs épaules défaillantes de ce fardeau An sacerdoce dont le poids ne se peut mesurer qu'à Dieu et aux âmes, c'est-à-dire à l'infim, et qui demande à leurs bras débiles des œuvres grandes comme l'éternité 11

(1) D'aaron et du sacerdoce figuratif le Sage avait dit : Excelsum fecit Aaron, statuit ei testamentum æternum et dedit illi sacerdotium gentis, et beatificavit illum in gloria .. Sie pulchra ante ipsum nn fuerunt talia usque ad originem. (Eccli., xLv.) — A combien plus forte raison cela est-il vrai du sacerdoce éternel !

cont les endu mme é? A crets ales”?

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asnie ces s par eurs, d'in-

isère Jeur udes, plus rt du leur » farqu'à nde à

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elsum *erdopsum mbien

veuille seulement ne jamais douter faiblesse ne pourra rien contre ] Personnellement en lui non seule Mais pour le garder « ouvrier grandes œuvres (4). »

quid aliquid defuit vobis? At illi dixerunt: Nihil. (I

cumque, sad

Pientes, super plebem constituuntur sint merito Sanctitatis. Et ide amplius grat quia hiec idonee no divina Quam digne impleant e

Ve — SES PRÉDILECTIONS : LES PRÎTRES 093

mm

répond donc d'eux elil leur doit Proportionnés non seulement à à l'étendue de leur Ministére, m misére et de leur faiblesse.

ui concours et des secours li hauteur de lenr état ais à la profondeur de leur C'est pour son Cœur sincère et idèle la nécessité, reconnue et acceptée, de les aimer deux fois infiniment, Ne leur disaitil pas à la Cène : « Quand je vous ai envoyés sans chaussures e

t Sans provisions, ü Vez-Vvous

jamais manqué de qnelqne chose (4) ? » Et il

äjoutait : « Avez confiance en moi : sans moi, vous ne

pouvez rien faire: mais je suis avec vous toujours, et celui

qui demeure en moi fera de plus gr même ; il portera beaucoup de fr «loi demeurera pour l'éternité (2)

andes choses que moiuit, et ce fruit de bon

Saint Thomas exprime Ja doctrine de l'E enseigne formellement que « largeur » du Cœur trés l'homme en face des res] le prètre de graces

glise quand il « la généreuse et prévoyante

bon, connaissant lindigence de oonsabilités du sacerdoce, pourvoit proportionnées à l’éminence de sa vocation eXceplionnelle, qui lui permettent d'accomplir « dignement les charges qui lui sont confites, quelque grandes et élevées qu'elles soient (3), » — Que le prêtre du Cœur de Jésus, et sa a force de celui qui est ment pour le faire prêtre, inconfusible » de toutes ses

(1) Quando misi vos sine Sacculo et pera et calceamentis, num-

UC, XX11, 39.) (2) Joan., xiv, 12

(3) Ad idoneam executionem ordinum, non sufficit bonitas qualis-

requiritur bonitas excellens, ut ii qui ordinem suscigradu ordinis, ita et superiores 0 confertur in ipsa susceptione ordinum, ie Munus per quod ad majora reddantur idonei... Et

n fiunt sine auxillo gratis, ex consequenti, larwitas recipientibus characterem largitur gratiam per

a ad qute deputantur. (is P, Q. Lxvu, 1.) COMNIMNrSIS:

me me

diet LES AMOURS DU eacnt-cTun

titi". EP

V.— Ilest naturel que le Cœur Sucré veuille, en retour, être aimé de ses prêtres d'une amitié de prédilection. Ts ne le peuvent pas aimer d'un médiocre amour (1) : ils sont oblig's de l'aimer en amis, et en amis de choix.

Le souverain Prêtre leur en preserivait l'obligation an la première ordination. « Jam non dicarn anicos ! » Si je ne veux plus mais des amis, — il faut que inssi, ce que je vous veux, ce

moment même de vos sertvos, OS autein diti voir en vous des serviteurs, vons soyez pour moi, VOUS :

que je vous erte et vous institue : des umis, L'amitié est essentiellement réciproque : je vous prends pour amis pri vilégiés : choisissez-moi pour votre ami préféré et trailez moi comme tel. Serviteurs seulement, fonctiornaires, légats et mandataires, ouvriers ou mercenaires, mus par l'intérût je ne vous veux; esclaves conduits par la peur, encor moins : Jam non dicam vos servos. Je vous veux amis parce que je vous ai choisis et enrichis pour m'aimer pe gonnellement. Que si vous devez me servir, VOUS dévouer

mes intér°ts, travailler au salut des âmes, ce noble servic doit être iaspiré par l'amour et accompli dans des cond tions qui ne nuisent point aux exigences de l'amitié souv raine que j'attends de vous : Vos autem dixi amicos

(1) L: Bienheureuse écrivait à son frère, prêtre et curé du Bo Sainte-Marie, au diocèse d'Autun : « Vous avez si entièreme gagné mon cœur par l'ouverture que vous m'avez faite du vôti qu'il me semble qu'il n'y à rien que je ne voulusse faire pour vo avancement au saint amour, et pour vous faire correspondre p: faitement aux desseins que Dieu a sur vous, qui sont, si je ne! trompe, de vous faire arriver à une haute perfection. C'est po quoi, voyez-vous, Mon cher frère, il ne vous faut point flatter. ne se contentera pas pour vous d'une vertu médiocre, parce qui beaucoup de grâces à vous faire, et à d'autres personnes, par ve moyen. Ne le frustrez done pas de ce qu'il attend de vous, qui une vie conforme à la sainteté de votre ministère. A vous dire vérité, vous ne trouverez de paix ni de repos que lorsque v aurez tout sacrifié à Dieu. Vous aurez bien à souffrir pour en vi ]à, mais la grâce ne vous manquera pas, ni la force et le secc du Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.» (T. I, Lettre LV

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)rsque vous pur en ven” 4 le secour- Lettre LVt11)

Ve — SES PRÉDILECTIONS

LES PRÈTRES 07

LE

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Ces paroles sont, de la part de l'Instituteur du Sacerdoce, tout autre chose qu'un désir ou un conseil : elles expriment une Volonté et posent la base même de l'esprit sacerdotal. Il faut que le jrôtre soit pour Dieu un être qui vive de l'aimer, qui le serve Pat amour, de préférence à tout et par le sacrifice de tous les autres intérêts, quelque légitimes qu'ils soient en eux-mêmes,

Etablissant le sacerdoce figuratif, le Se

igneur disait À Auron : « Vous ne posséderez p

as de biens ici-bas et n'aurez aucune part dans la distribution de la te seul suis votre part et votre hérit dilas Luna in medio filiorum Israel, J'ai choisi tes fils Pour qu'ils m'appartiennent à moi seul : £legi eos ut sint me. Je veux qu'ils soient exempts de toute charge civile où ?nilitaire, à l'abri même du souci de leur pain quotidien : je les nourrirai abondamment des pains qui me sont offerts, de la chair des victimes qui me sont immolées :

Paneïñn ipsis in Drünis paravit in salielatesr, nam et sarrifici® Domini edent (1). »

Mais, en retour, ils seront service de mon Tabernacle : « Je les ai choisis parmi tous les vivants pour m'offrir le sacrilice qui m'est dû, le service de l’adoration et de la louange qui monte vers moi comme l’encens pur, le grand devoir de la prière et de la Propitiation pour le peuple : Zpsuin elegit ab omni v ufferre SaCrificium Deo ince H#

rre promise : moi age : £yo pars et hæwre-

uniquement occupés au

ivenle ASum el bonum odorein, in ehhoriain placare pro populo (3), »

IS me sont üne Oblation sacrée, un Lrésent dé mon autel, un don permanent, dit enlevés, séparés,

posé sur le Seigneur ; je les ai pris pour moi seul : Ego tuli Levitas ; Je ‘es veux tout entiers à Moi, et que rien de ces holo-

(1) Num., XVI, 20, — Eccli.,

XEV, 273 (2) Ubi supr,

Le Cœur pe Jisus-Curisr. — FIL

rt

eme + 0e

cutstes vivants ne me soit ravi : Quoi dond dona'i sut smith (À).

Et il disait à ses apôtres, dans le cœu: desquels il imprimait le signe brûlant de son amitié privilégiée, en mème temps qu'il gruvait dans leur âme le caractère du sacerdoce : Vous êtes mes amis; demeurez en moi, demeurez dans mon umour : Manele in me, manele ir dilechione met. Pratiquez ma loi, mais pour montrer que vous m'aimez véritablement: faites toutes mes volontés mais par «initié pour mot : Vos @nici met estis se fece: rilis que pracipio vobis. Donuez-Vous uux mes, jusqu'au sueritice de vous méines, mais pour me témoigner votre aniour, « cut il n'y en a pas de preuve plus éciutante que de donner sa vie pour ceux qu'on aime : Majoren chart tale nemo hahel ls

C'est de ces êtres choisis, illuminés, sanetitiés et aime: avec prédilection, qu'il attend toutes les démonstration: d'amitié souveraine, unique, sans mesure et sans lin, don on Cour « nue soif ardente, ayant été créé pour en goûte tous les charmes. avant conquis tous les droits d'en rece vol les hommages.

I] attend done de leur part la présence assidue, la com pagnie fidèle, la conversation sans ennui et les complai sances prises avec un désir touiours nouveau. — Il atteu

(l) Et offeret Auron Levitas munus in conspectu Domini à filii Israel ut serviant (mihi). Statuesque Levitas et consecrabis oblato Domino, ac separabis de medio tihorum Israel ut sint mei, quoniar dono donati sunt mihi a tiliis Israel. (Num., vi, 12.) Levita, ider est quod copulatus Deo, quod totus Deo copulari et adhærere debea — Aliqui Levi interpretantur « Ipse mihi », quasi Deus dicat Ipse totus mihi est consecratus, ipse totus est meus. Ego illum : meum ministerium. in amicum, in tilium coaptavi ; ut ipse vicissil totum se mibi ividicat et capulet, reliqua spernat et fastiliat, - (Corn. a L. iu Ecel., xev, 7)

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duna'i

quels il siée, en tère du nn moi, nele in rer que olontes.

se feceusqu’au 2r votre ute que à chaïi-

+ aimés {rations in, dont n goûter recevoir

lu comcomplaiattend

ni à tiliis is oblatos , quoniam rita, idem re debeat.

18 dicat :

) illum où o vicissini stiliat, —

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