VI. — ARCS PRÉDILECTIONS : LES VIERGES
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personnel, intime, dévoué sans mesure, pour l'accomplissement duquel l'Epoux divin, en les comblant des prévee nuances d’une pr'dilection marquée, a mis dans leur cœur. naturellement fait pour l'affection, la beauté spirituelle et les charmes surnaturels capables de fixer ses compiaisances ; Jes forces et les délicatesses du plus noble amour, pour lui offrir les consolations dont il a besoin en face de l'ingratitude universelle et le service parfait qu’il mérite.
Enr associant la vierge de Paray au disciple de la Cène dans la Révélation de son Cœur et la confidence de ses dé. sirs, le divin Maitre montre qu'après le prêtre, la vierge consacrée a la première place dans ses préilections : qu'il l'appelle au service de son Cœur par une vocation de choix, et que si le premier doit en être l'ami personnel et privilégié, la religieuse doit en «tre l'épouse fidèlement aimante autant que magnifiquement année.
La femme a deux qualités distinctives et fondamentales : le charme pour plaire, la sensibilité pour aimer. Telles sont les deux raisons de sa formation à l'origine. « Il n’est pas bon à l’homme d’être seul, dit le Seigneur ; faisons-lui une aide qui lui soit semblable : Non est bonuin hominein esse solum;: faciaimus ei adjulorium sunile sibe (À) : Ce qui veut dire : donnons à sa solitude ces deux secours contre les deux lacunes qu'elle comporte : une joie et une force, une consolation et un complément. Car l'être créé pour la société ne peut trouver sa perfection et son bonheur que dans le concours d'êtres semblables à lui, qu’il aime et dont il soit aimé. Dès que le Créateur présenta à Adam la mère des vivants, formée de sa propre substance, sa beauté pleine de orâce le séduisit. et il l’aima de souveraine contplaisance, comme le charme de sa vie, en qui il se retrou-
(1) Gen. 11, 18. — Hebraice est Benegdo. quod primo signiticat quasi corarr ipso, ut videlicet mulier viro sit præsens et socia, in solitudinis remedium et solatium. Rursum, ut mulier viro sit ad luanum ut eum in omnibus juvet et sublevet,
vait lui-ième, dans le cœur de laquelle il se reposait, auprès de qui il redoublait, à la pouvoir épancher, la reconnaissance et la joie dont i! était plein à cette brillante a:rore ‘le son existence qui ne connaissait pas de nuage : Hoc nunc os ex ossibus ineis et curo de carne mea ! Et la femme, sachant d'où elle avait été tirée, se porta tout entière vers celui qui était son princine, comme pour lui rendre, dans son service de tous ies instants et son dé. vouement sans bornes, l'être qu’elle en avait recu : Adjulorium simile sibi (1) ! L'unité de leur origine, de leur nature, de leurs besoins et de leur fin créa entre ces deux êtres la nécessité sacrée d'un réciproque amour dont Adam, le premier des prophètes, proclama le fait et Ja loi par ces paroles solennelles : « L'homme akandonnera son pire et sa mère pour son épouse ; et ces deux êtres seront si unis qu’ils n’en feront qu’un : une seule âme en deux Corps : Elerunt duo in carne una (2). :
IT. — Le nouvel Adam ne s'est pas contenté de réparer les ruines lamentables faites par le péché dans cette loi d'harmonie, Ayant réuni l’homme et la femme dans un amour sanctifié par la grâce du saint mariage, il a voulu diviniser en lui ce grand amour nuptial et se donner une épouse qu'il pût aimer en époux, ainsi qu'avait fait le premier homme innocent pour la créature sortie de son flanc. Lui aussi il subit le mystérieux sommeil dans lequel Ja volonté de son Père l’enveloppa; et pendant qu’il dormait
() Chaldæus vertit : Faciamus ei sustentaculum quod sit penes eum. (Corn. a L. in h. 1.)
(2) Gen., 11, 24. — Inter humanas necessitudines arctissimum et inviolabile est vinculum matrimonii : unde Deus ex Adami costa fecit Evam ut signiticaret primo quod vir et uxor non tam duo quam unus sint ; 2 qucd sint inseparabiles ; 3e quod debeant unum esse amore et voluntate, Unde Pythagoras dixit in conjugio amico esse unam auimam jo duobus corporibus. (Corn. » L, in h. 1.)