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VILRGES 113
des Rois, séduit par ta beauté, brûle de te posséder : £t Concupiscel Rex decorem tuus: (1).
Sollicitées intérieure élues s'éprennent d'un Sans qu'il entr
ment par ces puissants appels, ces amour souverain pour Jésus-Christ.
e dans leur esprit l'ombre d'une sance sur elles-mêmes ou de mépris pour personne, il leur semble impossible de donner leur Cœur à aucune créature, Elles éprouvent des besoins d'estimer, qu'aucune beauté, qu'aucune C'est la beauté intinie
complui.
d'admirer, d'aimer bonté créée ne peut satisfaire, qu'il leur faut et la bonté infinie, parce qu'elles veulent aimer sans jusqu'à l'adoration réelle et légitim dès lors devenir leur époux, le ] seul on peut aimer pour lui-même, sans autre vue que ses amabilités infinies et ses droits sans limites : Quoniam ipse est Deus tuus et adorabunt euin (2).
Les sacrées fianc
mesure et sans fin, e. Un seul être peut ropre Fils de Dieu que
ailles avec le divin Eponx se peuvent faire dans le siécle comme dans le eloitre, LA les serments S'échangeront et l'union se consommera dans le secret quand il sera personnellement présent en 1 li communion,
‘âme après dans l'adoration et Ja joie de
l'action de grâces, sous le regard de Marie
avec les seuls anges Pour témoins, sous le sceau des larmes d'amour coulant silencieuses et douces, soigneusement cachées à tous les regards, À la suite de Marie et des Vierges saintes de la primitive Eglise n'ayant pour
clôture que les éminentes vertus de modestie, de Prudence et de mortification qui
Séparaient leur vie de celle du monde, elles serviront l’Époux dans l'abnégation et dans Ja charité, soit au fover domestique, soit au foyer des pauvres, sous la direction des pasteurs dont elles seront les humbles et dévoutes auxiliaires. Elles arracheront au prix de bien des difficultés
(1) Audi, filia, et vide, et inclina aurem tuam ; et obliviscere
Populum tuum et domum Patris tui, et concupiscet rex decorem tuum, (Ps. x1iv, 12.)
(2) Ubi supra.
k14 LES AMOURS DU SACRÉ-CŒUR
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une heure ou deux à leur tâche quotidienne pour les consacrer au service spirituel de l’Epoux, soit en solides lectures pour nourrir et orner leur âme, soit en oraison dans une chambre de leur demeure transformée en sanctuaire privé, soit surtout en adoration au pied du tabernacle paroissial, où, en rendant à Jésus-Christ la religion qu'il attend comme le premier de leurs devoirs d'épouse, elles répandront parmi le peuple le parfum de l'exemple et de l'édification.
Le mérite est grand des vierges qui portent au milieu des ténèbres fangeuses du péché, maitre du monde, la flamme purifiante de leur très pur amour pour Jésus; et la consolation qu'elles apportent à son Cœur doit lui être d’autait plus précieuse qu’elles le servent comme l’unique maître adoré là où l’on refuse même de reconnaitre son existence. Leur mérite est d'autant plus grand que nombreuses sont pour elles les difficultés, délicates les situations et plus rares les secours.
Pourtant la perfection du service de l'Epoux divin n'est pas la virginité vouée dans le monde, mais celle qui se professe dans la vie religieuse. Là, le cœur seul est donné, et, encore que ce don, pour être sincèrement fait, entraine l'esprit de pauvreté et une certaine obéissance, il n’exige pourtant pas l'obligation vouée à ne rien posséder en propre et à ohéir dans une soumission sans réserve. Puis, il manque à la virginité professée dans le secret la sanction d'un contrat solennel et public, fait devant témoins, enregistré par la sainte Eglise, bénit par ses Pontifes : et cette : innité ajoute à la valeur intrinsèque du don les cond $s d’un état stable et définitif, où se trouvent glorifiés les droits du royal Epoux, par la profession de servitude irrévocable de ses épouses (1). (est pourquoi
(1) Status proprie pertinet ad conditionem et libertatis aut servitutis, spiritualis autem libertas aut servitus accipitur 1° sec : quod interius agitur ; 2 sec : id quod exterius agitur; et quia, ut dicitur I Reg.. xvi, Homines vident ea que parent, Deus autem in-
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toute âme qui se croit appelée à la sainte Virginité doit
tendre à la professer dans 1a vie religieuse, sinon que des
signes d'une volonté particulière de Dieu, contirmés par
une autorité compétente, ou des devoirs indispensables à
l'égard du Prochain, ou entin des obstacles insurmontables, ne l'obligent à la mener dans le monde,
Ces vierges qui se veulent complètement consacrer à l'Epoux divin, la Suinte Eglise les recoit dans ses cloitres, leur donne des Mères dévouces pour les former, des prèlres de choix pour les instruire et Jes diriger ; elle Les entoure d’une Jégislation adaptée aux besoins de leur Vocation et les couvre d’une protection vigilante pour Surantir la liberté et l'honneur de leur sublime service : elle s'oppose avec une jalouse énergie à ce qu'aucun pouvoir y puisse attenter : elles sont bien les épouses qu'elle a publiquement vouées à l'Epoux divin et juré de garder à son unique amour : Despondi ent vos vérginen caslair exhibere Christo (1).
IV. — Ce que le Christ attend des vierges qu'il à épousées devant son Pere, devant sa Mère, à la face du ciel et de la terre, c’est d’être aimé EN époux par de vraies épouses. Tous les devoirs de l'épouse, en cflet, quelque forme particulière qu'ils revêtent, se résument en celui d'aimer.
luetur cor, inde est quoi sec : interiorem hominis dispositionem accipitur conditio Spiritualis status Per Comparationem ad Judicium divinum. Sec : autem €à qQuæ exterius aguntur aCcipitur spiritualis Status in homine PCr Comparationcm ad Ecclesiam, Ad hoc autem quod aliquis adipiscatur servitium libertatis aut servitutis, requiratur obligatio aliqua ; deinde quod préædicta obligatio cum aliqua solemnitate fiat, sicut et cicteris quie inter homines obtinent aliquam firmitatem, quædam solemnitas adhibetur. Sic et in statu perfec. tiouis proprie aliquis dicitur esse non ex hoc quod habet actum dilections perfectæ, sed ex hoc quod se obligat Perpetuc cum aliqua solemnitate ad ea quæ suut perfectiouis, (29 2e, q. cLxxxir, a. 4,0) (1) Il Cor., x.
Quand il s’agit de l’Epoux divin, ses épouses consacrées le doivent aimer d’amour parfait. La chanté parfaite, l'amour aésintéressé de Dieu aimé pour lui-même, devient leu: obligation fondamentale. Elles ne sont ni des esclaves, ni des servantes, ni des étrangères : elles sont des épouses, et le lien qui unit les époux, le fondement de leur étut comme la raison de tous leurs rapports, c’est l'amour,
, l'unique amour. L’épouse du Christ doit donc s'établir HE dans l'amour, vivre d’amour, agir par amour; et si elle
sert, travaille, peine et souffre aux rudes tâches récla- [4 mées par le service de son adorable Epoux, l'amour avant lt tout doit l'y conduire et l’y soutenir, comme il doit être sa première récompense. Quoi qu'elle fasse et en quelque état qu’elle soit, elle aime, elle ne fait qu’aimer, si elle vit de la loi et de l’esprit de sa sublime vocation. |; Or, rien ne saurait favoriser les exigences de cet état et fe de ces devoirs de l'épouse du Christ comme la vie reli- | gieuse, qui est à proprement parler la profession de l'amour païfait.
« La perfection de l’homme, dit admirablement saint Thomas, est cans l’amour de Dieu, car la perfection pour tout être consiste à atteindre sa fin; la fin de l’homme est la possession surnaturelle de Dieu : et l’amour est le lien qui le rattache à Dieu jusqu’à l’urir à lui dans une possession immédiate, totale et sans fin (1). » — Or, la vie | religieuse est en réalité la profession de l’amour parfait, un état de conseil et de choix, dont l’amour est le principe, comme i: en est le moyen et la fin.
Son point de départ n'est-il pas la charité, puisqu'elle n’est pas subie comme une nécessité dont le salut éternel
(1) Unumquodque dicitur esse perfectum in quantum attingit propriuin finem, qui est ultima rei perfectio ; charitas autem est quæ unit nos Deo, qui est ultimus finis human“æ mentis, quia qui manet in charitate in Deo manet et Deus in eo. Ideo sec : charitatem specialiter attenditur perfectio Christianæ vitæ. (2 2, q. CLXxXxXIv, à. 1.)