VI — SES PRÉDILECTIONS : LES VIERGES
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est l’enjeu, mais librement embrasse, sur la proposition d'un simple conseil, par le noble élan d’un Cœur épris de perfection : Si vis perfectus esse ?
Sa fin est de mettre en la possession de Dieu par une union aussi parfaite que possible : et dans cette demeure en 7 + fermement établie consiste la perfection de l'amour pour Dieu. Or, qui se donne plus complètement à Dieu que l’äme qui s'engage elle-même et tout ce qu'eile possède par un vœu perpé.uel au service de Dieu seul ? Aussi, dit saint Denis, cité Par saint Thomas, « ceux qu'on appelle par appropriation les serviteurs ce Dieu, parce qu'ils se sont voués Pour jamais à son unique service, Sont en possession de l’amour Parfait : £os qui noïinantur Dei famuli ex Dei Duro servilio et famulatu, uniri ad dinabiler perfectionemn (1). »
#S moyens de la vie religieuse tendent tous à l'acquisition du plus parfait amour : ou bien ils écartent Les obstacles, brisent les liens, dégagent des affections qui empêcheraient la pratique de la charité parfaite, tels que les richesses, les affections sensibles, la direction indépendante de : oi-même (2); — ou bien ils mettent dans l'heureuse nécessité de s’adonner à des exercices qui favorisent singu:'érement l'ascension de l'âme vers les sommets de l'amour le plus pur, tels que les jeûnes, les veilles, les travaux, les lectures saintes (3); — Ou, pour mieux dire, les
(1) Religio est quædam virtus per quam aliquis ad Dei servitium et cultum aliquid exhibet, et iieo religiosi dicuntur illi qui se totaliter mancipant aivino servitio ; in hoc autem Perfectio hominis Constat quod totaliter Deo inh:ereat et sec : hoc religio perfectionis Stalum nomivat. (2: 2æ, 4: CLXXX VI, à. 1, c.)
(2) Religionis status principaliter est institutus ad perfectionem adipiscendam per quædam exercitia quibus tolluntur impedimeuta perfectiæ charitatis ; sublatis autem impedimentis perfectæ charitatis, mulio magis exciduntur OcCcasiones peccati, per quod totaliter tllitur charitas. (Ubi supr., ad 4.)
(3) Jejuniorum inediam, vigilias, labores corporis, nuditatem, lectiunem ciCterasque virtutes debere nos Suscipere noverimus, ut ad
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œuvres de la vie religieuse sont essentiellement œuvres de charité théologale envers Dieu et envers le prochain. Qu'est-ce en effet, sinon charité parfaite envers Dieu, que l’oruison, la louange sacrée, le culte divin ? et qu'est-ce, sinon charité parfaite envers le prochain, que le service dévoué à sa sanctification, le support constant de ses défauts, la tradition de soi-même tout entier à son soulagement au foyer monastique ainsi qu’au milieu des déshérités du monde?
Enfin, et c’est le comble, la profession religieuse est un véritable holocauste spirituel, où la créature s’immole elle-même, sans réserve, à la gloire de Dieu, « sacritiant, selon la parole de saint «irégoire, tous ses biens par le vou de pauvreté, toute sa vie par le vœu de chasteté, toute son àme par celui d’obéissance. » Ce sacrifice d'holocauste, le plus pur de tous, la religieuse le renouvelle tous les jours, ou plutôt elle ne l'interrompt jamais : n'est-ce pas le martyre spirituel ou l'équivalent du martyre, cette œuvre héroïque de l'amour qui ne saurait ètre dépassée (1)?
Ainsi tout, dans l'état religieux, concourt à faire de la vicrge sacrée un être d'amour surnaturel, vivant dans l'amour, de l'amour et pour l'unique amour de Jésus- Christ : n'est-ce pas être mise duns les conditions les plus tavorables pour développer sa vocation d’épouse privilégiée de Jésus, dont toute la raison est d'aimer ?
perfectionem charitatis istis gradibus possimus asceudere, (Muyses abbas. in Collat : Patrum, a D. Th. : allatus ubi supra, a. 1, sed contru.)
(1, Ad Religiosos pertinet quod sint in statu perfectionis. Ad statum autem perfectionis requiritur obligatio ad ea quæ sunt pertectionis : quæ quidem Deo fit per votum. Manifestum est autem ex præmissis quod ad perfectionem Christianæ vite pertinet paupertas, “ontinentia et obedientia ; et ideo religionis status requirit ut ad hic tria aliquis voto obligetur. Unude Greg. dicit (Super Ezech. bom. xx) : # Cum quis omne quod habet, omne quod vivit, omne quod sapit, omnipotenti Deo voverit, nihil sibi reservans, lolocaustum est. » (Ubi supr., a. 6, c.}