‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 13 sur 224 · I — VOILA CE CŒUR QUI À TANT AIM · texte numérisé non relu

I — VOILA CE CŒUR QUI À TANT AIM

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Ce rapide aperçu fait comprendre le cri aigu, la plainte Poisnante que l'adorable putient fit alors entendre à la conlidente de son Cœur : « Cela m'est plus sensible que tout ce que j’ai enduré dans ma Passion ! »

Non pas sans doute que le Christ glorifié « qui ne peut plus mourir », ni par conséquent souffrir, éprouve actuelment dans le Sacrement une sensation douloureuse quelconque, suite de sa Passion d'autrefois, renouvelée ou augmentée par les outrages qu'il y reçoit. Si l'on dit qu’il est sensible et souffre, dans l'Encharistie, c'est de la même anière que Dieu lui-même. qui produit les actes de nos passions sans en éprouver les effets : qui se repent sans s'être trompé, et entre en colère sans que le moindre frisson tide la surface de son immuable béatitude; qui est humilié sans descendre, outragé sans rien perdre de sa dignité, Cela ne diminue ni la -ravité de nos injures, ni le juste mécontentement et la lesitime aversion de Dieu pour nos péchés,

Il y a ceci de plus dans le Cœur Sacré, qu'ayant été autrefois passible et ayant vu à l’avance tont ce qu'il recevrait d'indignes traitements dans l'Eucharistie, il en a souflert alors réellement toute l'injure et toute Ja douleur, et qu'il a dû t'iompher de ses répugnances pour se livrer à nous dans le Sacrement, où il les devait subir, en fait, tous les jours. — I] disait à la Bienheureuse : « Dès le «premier jour de mon Incarnation la croix fut plantée « dans mon Cœur, parce que dès lors j'acceptai pour vous «“lémoigner mon amour toutes les douleurs et toutes les « humiliations que ma sacrée humanité devait souffrir «pendant tout le cours de ma vie mor «elle, — et les outrages “auxquels l'amour devait m'exposer jusqu’à la fin des « siècles sur les autels, dans Le très saint et très aueuste Sacrement (1), »

QT. I, p. 319.

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C'était donc des horreurs de son calvaire eucharistique comme de celles de sa mort sur le Golsotha qu'était rempli le calice dont Ja vue le jetait en tristesse mortelle. Et comme il avait, tout à l'heure, institué le Calice de l'amour au moven duquel on devait Jui payer la dette de reconnaissance imposée par le bienfait de sa Passion. il est plus sensible à cette méconnaissance de l'Eucharistie, qui implique l'oubli de sa Passion et qui en rend inutile l'immense labeur: et il en souffre plus qu'il ne souffrit de l'ingratitude qui causa sa mort même.

Il ajoute, — et « cela Ini est plus sensible que tout le reste, — que ce sont des cœurs consacrés qui en usent ainsi! » Oui, consacrés par l'effnsion de son sang dans le baptême, qui les a lavés de la souillure originelle: consacrés par son Sang, qui a coulé sur eux en d'innombrables pardons ; consacrés par ln manducation de son corps adorable, qui a sanctifié leur être tout entier, faisant de leurs membres les propres membres du Christ! Et si d'autres consécrations spéciales ont uni certaines âmes d'un lien plus saint et plus étroit avec Jésus. comme font les liens augustes de la virginité, de la proiession religieuse ou du sacerdoce, comprenez - vous quelle insupportable injure c’est au divin Epoux et à la céleste Victime, d’être méconnu, trahi et maltraité de ces âmes que son Cœur avait choisies entre toutes, pour les enrichir davantage, les aimer plus tendrement, mais aussi pour en recevoir un retour plus aimant, plus fidèle et plus dévoué ? « Ah! « disait amérement l’adorable Méconnu, s'ils me rendaient « quelque retour d'amour, j'estimerais peu tout ce que j'ai “fait pour eux et voudrais, s'il se pouvait, en faire ‘ davantage! Mais ils n'ont que des froideurs et du rebut ‘“ pour tous mes empressements à leur faire du bien!

Cependant, en se plaignant, trop justement hélas! des innombrables injures et des universelles ingratitudes dont on l’accable au Sacrement, le divin Maitre n'avail

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