‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 132 sur 224 · CHE · texte numérisé non relu

CHE

TETE Loge

496 LES AMOURS DT SACRÉ-CŒUR ———— « Pose moi sur ton cœur comme un sceau inviolable, pose-moi sur lon bras, afin que tes affections et tes actions soient pour moi seul, car l'amour est fort comme la mort !

« Aime moi : je préfére ton amour à tout; enr l'amour l'emporte sur tout et le vouloir acheter au prix d'une for. tune, c'est le mépriser (1)! »

Pureté, amour, présence, conversation, tête à têtes fleurs et fruits des vertus et des œuvres; encens de la prière, myrrhe de la mortification : amour par-dessus tout, volonté d'être tout entière uniquement possédée par lui seul, voilà ce que veut, ce que cherche, ce qu'a le droit de trouver dans ses épouses l'Epoux divin, qui les a Javées dans son sang, qui les nourrit de sa chair, qui les embellit de ses vertus, qui les enrichit de ses mérites. qui les instruit de su céleste doctrine, qui se révèle à elles dans l'intimité, et se les unit chaque jour par des liens plus forts et plus aimants.

Que s'il ne pouvait prendre en elles ses complaisances parce que l'égoïsme leur fermerait le cœur, ou parce que l'orgueil lui en refuserait Ja première place, on parce que d'autres affections l'occuperaient, ou enfin parce que le péché y aurait introduit les ténèbres et la corruption, oh ! alors l'Époux s'indigne contre ces épouses indélicates et infidéles ! L'on ne peut sans frémir entendre les plaintes déchirantes qui sortent contre elles de son Cœur décu et blessé :

« Aprés Ja sainte Communion, dit la Bienheureuse, Jésus se présenta à moi comme un Æcce homo, tout déchiré et défiguré, disant : « Je n'ai trouvé personne qui « m'ait voulu donner un lieu de repos en cet état souffrent «et douloureux. »

(1) Cantic., vur, 6, 7,

VI — sps PRÉDILECTIONS LES VIERGrs 197 mms er

Cette vue M'imprima une si Vive douleur m'eût été Plus douce mille fois en cet état, Et il me dit :

Si tu savais qui m° «bien plus grande, Mont ainsi truite,

que Hi mort que de voir n on Sauveur

IS en cet état, Cinq âmes consneré, Car j'ai été tiré à for, «lieux ‘or étroits, Barnis de tons cat

‘et d'épines qui Mont réduit de Ja so:

douleur serait

à mon service ‘e de corde duns des le pointes, de clous te (1). »

«Une fois ji] fut mis devant z'oi m Vivante alors, et il me dit inte ‘ Tiens, voilà cette r

e religiesse nCore Iisiblerment

eligiouse d nom “Suis prèt à vomir de Mon Cœu «ième !»

seulement, que je à abandonner à elle.

Une autre fois, aprés Ja sainte Commnnion, une rude couronne Composée de dix-nenf épines très pitient son divin ch, f. Ime dit qu'il était

Pour que je Jui arrache ces épines qui lui foncées par une épouse infidèle, « Elle me perce Je cerveau d'autant d'épines autant de

« fois qu'elle se Préfère à moi Par orgueil ! ,

il me fit voir quantes qui pere venu me trouver avaient été e

Enfin : « Un jour Notre-Seigneur se présenta à moi cou vert de plaies, ‘Yant son corps tont Sanglant et son Cœur déchiré de douleur : il était comme tout lassé, [1 me dit :

€ Voilà où me réduit mon Peuple choisi, que j'avais desetiné pour “paiser ma justice, et il me Persécute secrète- ‘ment, S'il ne S'amende, je le châtierai sévérement ; je « rétirerai les justes et Jj'immolerai le reste à ma juste « colère qui S'embrasera Contre eux (2) La

VIT. — Avec Ja Satisfaction de ses Complaisances, le Cœur

MT. I, p. 88. — 7, Jp, P. 418

2) T. I, DArLe

me tm nd

de l'Epoux veut trouver dans ses épouses sacrées la consolation de ses peines. — Ses peines, il les montrait à la Bienheureuse remplissant son Cœur jusqu’en ses dernières profondeurs, l’enveloppant de toutes parts et lui faisant souffrir un martyre de douleur infinie :

« Le Cœur divin me fut représenté comme sur un trône de feu et de flammes... La plaie qu'il recut sur la croix v paraissait visiblement ; il y avait une couronne d'épines auteur de ce divin Cœur et une croix au-dessus. Mon divin Maître me fit entendre que ces instruments de sa Passion signifiaient que l'amour immense qu'il a eu pour les hommes avait été la source de toutes ses souffrances : que dès le premier instant de son Incarnation tous ses tourments Ini avaient été présents, et que ce fut dès ce premie” moment que la croix fut, pour ainsi dire, plantée dans son Cœur ; qu'il accepta dès lors toutes les douleurs et hnmiliations que sa sainte humanité devait souffrir pendant + cours de sa vie mortelle, et même les outrages auxquels son amour pour les hommes l’exposait jusqu'à la fin des siècles dans le Saint Sacrement (4). »

Ainsi, toutes les peines de sa vie, de sa mort, qui lui venaient des causes de douleur et d'humiliation au milieu desquelles se passa son existence mortelle ; toutes les peines venant des causes de douleur qui l’affligent le long des siècles dans le Sacrement ct dont il devrait souffrir actuellement, s’il y était encore passible, mais qu'il prévir accepta et souffrit quand il était en état de le faire, voilà le martyre du Sacré-Cœur. Encore que toutes ces souffrances soient aujourd’hui passées pour lui, elles ne peuvent être oubliées de nous. Le Sauveur est resté au Sacrement et il y a pris son état d’humiliation, si conforme à celui de sa mort, pour nous en rendre inoubliable à jamais le souvenir. Comme elles furent infinies, infinies dans leurs causes, infinies en nombre, infiniment ressenties, [a

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