‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 133 sur 224 · VE — &ES PRÉDILECTIONS : LES VIERGFS · texte numérisé non relu

VE — &ES PRÉDILECTIONS : LES VIERGFS

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tonsolation qui leur est due ne peut jamais s'arrêter, n'ayant jamais pu les égaler ; comme elles furent souifertes pour les hommes de tous les temps, chacun des hommes leur doit, en entrant dans la vie, de se donner, pour Sa part, à les consoler jusqu'à son dernier Soupir!, Cest là une des formes de cette coopération à la Passion de Jésus que tout racheté est tenu de fournir pour la coimbléter et s'en appliquer le mérite en Prenant une part de sa peine rédemptrice,

Et l'adorable Victime se tient tout le long jour des siècles sur l'autel, les bras étendus, montrant son Cœur ouvert, comme l’abime de toutes les douleurs, et s’écriant avec angoisse : « Q vous tous qui passez, arrêtez-vous et vovez s’il est une douleur comparable à la mienne! »

Dans son accablement, il disait à la confidente de son Cœur : « Ma fille, me veux-tu bien donner ton cœur pour faire reposer mon amour souffrant, que tout le monde Hiprise ? »

Dans le Cantique, il s’adressait en ces termes suppliants à l’Epouse qui prophélisait ses épouses consacrées dans la vie religieuse :

€ Ouvre-moi, mon amie, ma bien-aimée : car ma tête est inondée de froide rosée et mes cheveux dégouttent des pleurs de la nuit!

« C'est la voix de mon Bien-Aimé, qui heurte à ma porte (1) », s’écrie l'Epouse douloureusement émue par Son accent plaintif!

Rejeté, en effet, hors de tant de Cœurs ingrats, il erre la

(1) Vox Dilecti pulsantis : Aperi mihi, soror mea, amica mea : quia caput meum plenum est rore et cincinni mei guttis noctium, {Cantic., v, 2.)

nuit sous le ciel inclément, et il va demander à l’âme qui fait profession de l’aimer, un abri où l'affection et la fidélité le consolent de la r'ureté des ingrats.

| Ce n’est pas seulement sous son toit qu'il veut reposer, j mais sur son cœur qu’il veut être réchauffé. L’Epouse la compris :

« Mon Bien-Aimé est pour moi un bouquet de myrrhe : je l'ai placé sur mon cœur, c’est là qu'il demeurera (1). « J'aspirerai l'austère et fortifiant parfum de ses peines ; je lé me nourrirai de ses larmes, « comme on presse la grappe Hi de raisin mûr pour en boire le jus vivifiant : Bolrus cypri, À) dilectus meus mihi, in vineis Eugaddi. »

Pour goûter la joie d’être ardemment désiré et persévéramment poursuivi, en compensation des froideurs tranquilles et des mépris injurieux avec lesquels Ja plupart le inéconnaissent et l’abandonnent comme un être de rien, l'Epoux divin disparaîtra tout à coup et demeurera caché à sa bien-aimée ; pleine de trouble et de douleur, elie le cherchera dans la nuit de cette disparition soudaine, sans le pouvoir trouver : Zn lectulo meo per noctes queæsivi quein diligit anima mea : quæsivi illum et non inveni (2) ! qe Elle le cherchera avec inquiétude dans le bruit des

tilles, dans le silence et la vaste étendue des campagnes ; j elle le demandera aux gardiens attitrés de la cité. Rien | ni personne ne pourront lui dire où est son Bien-Aimé : ; Num quem diligit anima mea vidistis (3) ?

j Elle en sera réduite à soupirer après lui, à l'appeler

et à l’attendre dans la désolation, persuadée qu’elle l’a

(1) Fasciculus myrrhæ Dilectus meus mihi, inter ubera mea commorabitur. (Cantic., 1, 12, 13.)

(2) au, 1.

(3) Surgam et circuibo civitatem ; per vicos et plateas quæram quem diligit anima mea : quæsivi illum et non inveni. (Canti, 11, 2.) — Invenerunt me vigiles qui cus‘odiunt civitatem : Num quem diligit anima mea vidistis ? (Cantic., 11, 3.)

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