‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 134 sur 224 · ES PRÉDILECTIONS : LES VIERGES · texte numérisé non relu

ES PRÉDILECTIONS : LES VIERGES

— éloigné pur sa faute e Elle ne cessera pourt en acceptant toutes gnement :

« O toi que mon cœur aime, dis-moi, es-tu, où te caches-tu? Ne me 1 Poursuivre, sans espoir de te renc

qu'elle ne mérite ant de l’implorer en ses rigueurs plutôt

pas son retour, S'humiliant et que son éloi-

je t'en Supplie, où aisse pas m'égarer à te ontrer enfin (1)! »

Pendant ces absences sensibles et prolongées, l’'Epoux

ordonne à l’aquilon de souffler avec violence dans ce jardin fermé qu’est Je Cœur de l’Epouse, de SeCouer les arbres Pour en faire tomber les fruits mûrs, de tordre les tires des fleurs pour leur faire exhaler des Parfums plus odorants : ce qui revient à dire qu’il ordonne à la tentation et à la douleur de sévir su: l’âme pour Ja faire souffrir en union avec lui, de Ja mettre sous le pressoir pour être écrasée avec lui, afin de trouver dans sa patience et dans ses larmes résignées, dans Ja CoMpassion qu'elle est alors loute portée à ressentir pour ses douleurs infinies, une consolation qui Je réconforte Surge, aquilo, et veni, fuster, perfla hortum Meuin el fluant aroïiala illius (2)! Eofin, il se rend à ses désirs et à ses larmes : elle l’a retrouvé, par delà toutes les créatures, dans Ja solitude : elle le tient et ne le laissera plus aller.

de Jui, « à son ombre tant désirée, dans Ja Contemplation

assidue de ses beautés, dans la manducation enivrante des fruits de sa bonté (3). »

Tout est beau, tout est bon en lui :

chivrant : Tous desiderabilis ! Les fections divines et humaines, de ses

Elle se tient auprès

tout est ravissant et Splendeurs de ses pervertus, de ses victoires

(1) Indica mihi, quem diligit anima Mea, uhi in meridie, ne Vagari incipiam, (Cantic., 1, 6.)

(2) Cant., 1V, 16.

(3) Sicut malus inter ligoa sylvarum, sic dilectus meus inter filios. Sub umbra illius quem desideraveram sedi et fructus ejus dulcis gutturi meo. (Cantic., n, 3.)

Pascas, ubi cubes

de Dh tt tte tt met

et de sa gloire : Dilectus meus candidus; les plaies, le sang, les meurtrissures, les abjections, l'anéantissement : Et rubicundus ; quelque abaissé, méprisé et délaissé qu'il soit, encore que vaincu, profané et foulé aux pieds, il est l'unique Epoux qui mérite d'ètre aimé par-dessus tous les êtres : Electus ex millibus (1) !

Ah! si vous ne comprenez pas cette passion étrange pour cet être d’abjection, rejeté par tous comme le dernier des êtres, sachez, filles de Jérusalem, qu'il est à l'Epouse son bien-aimé et son Epoux : Totus desiderabilis : talis est dilertus meus et ipse est amicus meus, filiæ Jerusalem (?) !

« Elle est à lui comme il est à elle; elle meurt pour celui qui est mort pour elle; elle meurt tous les jours pour lui, parce que tous les jours il renouvelle sa mort pour elle : Dilectus meus mihi et ego illi!

« O mon bien-aimé! les souffrances que vous m'avez déjà envoyées et qui ont pris place dans ma vie, toutes celles que vous voudrez m'envoyer encore, je les accepte et je vous les offre sans retour : Nova et vetera, dilecte mi, servavi tibi (3)!»

Jusqu'où peuvent aller les exigences de l’Epoux et par conséquent la fidélité de l'épouse dans ce ministère de la consolation par la communion à ses souffrances, on le peut voir dans la « Vierge des vierges. » Au pied de la croix, elle souffre dans son âme le martyre de son Fils, descendant dans l’abime de ses souffrances et noyée dans l’océan de ses propres larmes, formé des torrents qui la nuit et le jour ont coulé de ses yeux ; elle meurt dans son cœur de la mort de son bien-aimé, et demeure malgré cela intrépide à souffrir, au point de lui survivre pour pro-

(1) Cant., v, 10, (2) v, 16.

(3) vi, 13.

Lai

Page 1