‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 135 sur 224 · VI — SES PRÉDILECTION: : LES VIÈRGES · texte numérisé non relu

VI — SES PRÉDILECTION: : LES VIÈRGES

= lonxer pendant des années sa compassion auprès du Taber nacle dans une mort ininterrompue de tous les jours (1)! Et à Ja Vierge de son Cœur, si parfaite imitatrice de la Vierse Mère, voici une idée de ce que demandait l'Epoux pour l'accomplissement de son rôle de consolatrice : « Sortant un soir de l'oraison pour aller couper le pain des épouses de mon bien-aimé qui me Suivait partout, je le vis avec un pesant fardeau qu'il voulait mettre sur mes épaules, J'aurais Suc“ombé sous le faix, si lui-même n'avait été ma force. Il me dit : « Veux-tu Supporter le poids « de ma sainteté de justice ? Je suis prêt à l'appesantir sur « cette religieuse de nom que Voilà. » Aussitôt je me jetai à ses pieds, lui disant : « Cousumez-moi plutôt jusqu’à lu «“ moelle des os. que de perdre cette ma qui vous a coûté ‘si cher! N'épargnez Pas Ma vie : je la sacrifie à vos ointérèts ! »

« Comme je me relevai de terre, je me trouvai chargte d’un poids qui m'accablait si fort que je ne pouvais me trainer; je me sentis dès lors brûlée d’un feu Si arde::t qu'il ne pénétrait jusqu’à Ja moelle des os, ce qui me réduisit en peu de temps au lit Par une grande maladie, Dieu seul sait ce que j’eus à souffrir! Mes maux étaient si grands qu’ils ne faisaient qu'augmenter par tous les remèdes que l'on faisait, Jaurais souhaité me voir délaissée et abandonnée de toutes les créatures pour être plus conforme à Mon Jésus souffrant. Je me sentais une Si grande faiin de le recevoir que je e savais que faire, sinon de m'en prendre à mes yeux it leurs larmes, Ma peine ressemblait à celle des nes du Pursatoire, qui souflrent de ] du souverain Bien. Cur, nonobstant cet am me Consumait, mon divin Maitre me f indignité à le loxer dans mon

à privation lent désir qui aisait voir mon Cœur, ce qui ne nrétait

(1) Virgo virginum præ&clara, Mihi j

&n üOn sis amara, Fac me fecum plangere, (Ex Sequentia Stabue.)

Le Cœur ve Jésus-Curisr, — T, I, 25

en

pas une moindre peine que ia première, qui me pressait d’en approcher (1) !... »

Encore ce trait et cet enseignement : e Un jour, pendant l'oraison, me sentant un grand désir de soutfrir quelque chose pour Dieu et le cohsidérant sur l'arbre de la croix, il me tint fortement attachée à lui, me disant amourcusement : « Recois, ma fille, la croix que je te donne et Ia «plante dans ton eur, l'ayant toujours devant les yeux et ela portant entre es bras de tes affections. Les plus rigou- «reux tourments qu'elle te fera subir seront inconnus et «continuels : une faim sans te rassasier, une soif sans te « désaltérer, une ardeur sans rafraichissement.» — Xe pouvant comprendre ces paroles, je lui dis: « Mon Dieu, donnez- «moi l'intelligence de ce que vous voulez que je fasse!» — « L'avoir dans le cœur, c'est-dire qu’il faut être crucifite «en toutes choses ; la porter entre tes bras, c'est-à-dire lem- « brasser amoureusement toutes les fois qu'elle se présente, « comme je plus précieux guge que je té puisse donner, en «culte vie, de mon amour. Cette fan continueile des sonf- « frances sera pour honorercelle que j'avais &e souffrir pour « inon l'ére; cette soif sera du salut des dines, cn m'moire «de celle que j'ai eue sur l'arbre de la croix (2). »

NH, — Au service de la consolation offerte par son aiour compalissant; — au service des complsisances prises dans son amour de prédilection pour lui: — l'épouse sacrée doit ajouter le service du dévouement aux intérêts de l'Epoux : cest pour cette aide nécessaire qu'elle a tté choisie et combi des graces privilégiées de la vie relirieuse 3 Adjutorium sinile tibi.

Les intérêts de J'Epoux se résument dans la gloire de son Père, procurée par le sulut des àmes. Il répond d'elles;

(2) T. 1, p. LT,

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VI — SEs PRÉDILECTIONS : LES VIERGES 435

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il s'est engagé à les Sauver, 1j ne peut se Présenter à son Père qu'avec tous les enfants dont le salut Jui a été confié : Ecce ego et pueri nCi, quos dedit mihi Deus (1). Mais le salut de ces enfants °SL œuvre complexe et difficile. I üppelle à l'y aider ses épouses sacrées, dont In virginité va se FeVCLir ici des vertus ci se couronner des mérites d’une Maternité plus noble que Ja maternité du Sang. Elle consis tera à assurer et à parfaire dans les âmes la vie surnaturelle qu'il leur à donnée par le baptême, où ils furent plongés dans son sang,

L'exercice de evette Virginale maternité réclame d' l'amour ‘désintéressé, ja prière apostolique, l'ob] reuse des wuvres inéritoires relisiouses,

De ce ministére tout intérieur des âmes aucune relisieuse he peut se dispenser, Elle doit l'exercer assidûment et Sy Perfectionner sans cesse, Si dans toute vierge Sacrée il ya un prêtre jiour offrir à la justice divine une victime expiae toire el un sucrilice Spirituel ininterrom] il doit y avoir aussi un spôlre qui, par l'intensité et l’are deur de sa prière, obtienne la conversion et le salut des nes. Ce sacerdoce Vireinal, inaururé par Marie au pivd de Ja croix, continué dar cle au Cénacle pendant tonte la dernière partie de <a Vie, à été transmis aux relivieuses, Il'est précieux au Souverain Prétre qui v trouve une COopération puissante, +utant qu'aux hommes qui en éprouvent constamment, à Jeur insu, ics sulutaires effets. Des la priuitive Eglise, saint Janace, disciple de saint . Can, décer-

nait aux vierges ce gluricux loge, le plus ;reécieu: joyau de leur diadème d'épouses du Christ : « Tenez er grande estime, comme des Prètres du Christ, les femmes vouées à la sainte virginité : £as qu& in virginitate degunt, in Pretio habete, tanquain Christi sacerdotes (2).

ubord ation ginequi composent Ia vie ces

ou de réparation,

(1) Hebr., 11, 13.

(2) Ep. ad larsenses,

Leur ministère de vierges mères consiste en second lieu, pour celles qui sont consacrées à l'apostolat de lu charité active, à donner sans compter leur temps, leur peine et leur vie à l’éducation des enfants, à l'assistance des pauvres, au soin des malades.

Que les épouses du Christ se montrent généreuses et vaillantes dans ces divers apostolats, celui de la prière et celui des œuvres de miséricorde : ce sont deux ministères d'amour auxquels les prédestinent et les préparent les dons naturels de bonté, de compatissance et de dévouement déposés dans leur cœur de femme par le Créateur, et les dons surnaturels de charit: de zèle, de miséricorde, que leur apporta en dot l’Epoux magnifique au jour de leurs fiançailles.

Le cœur de cet Epoux veut pouvoir én toute confiance se reposer sur leur dévouement du soin de sa faraille. C’est d'elles qu’il a dicté à l’Ecrivain sacré l'éloge « de la femme forte », où l’on peut voir le programme de leur ministère dans la maison du Christ, c’est-à-dire dans l'Eglise (1).

« La femme au cœur fort est rare et difficile à trouver ; l'Epoux divin est allé la chercher au loin, il l’a choisie entre mille et payée au prix d’un trésor. Son Cœur se re))ose en elle : il ne manquera jamais de rien tant qu'elle sera là. C’est le bien, non le mai, qu'en échange de son amour elle lui rendra tous les jours de sa vie. Son bras est vigoureux, ses reins capables des lourds fardeaux. Elle

(1) Allegorice hic depingit Salomon Ecclesiam quæ est uxor Christi veri Salomonis et materfamilias tidelium omniurm. Tropologice depingit animam sauctam heroicis virtutibus deditam reli-

: amque, præsertim quæ actionem contemplationi jungit. Vita

à activa est quasi ancilla, contemplativa est quasi filia pulchra e. vdicata ; at utraque est quasi mulier fortis uxor Christi ; ipsum natnque contemplationis stringit amplexibus, ac sua doctrina, price dicatione et actione multos ei filios gigoit, educat et gubernat. (Cora, à Lap. in Prov., xxxi, 10.)

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