VIE IMMORTELLE 413 EE OR
bien que le Christ y dorme, enveloppé dans le suaire de l'état sneramentel; son somineil pourrait même y passer pour celui d’un mort couché dans la poussière, tant les espéces fragiles du pain pésent sur le Christ pour le maintenir dans les conditions d'une matière inerte,
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Et, de fait, ja plupart des hommes le traitent comme un être sans vie, Chez les chrétiens mêmes, la légèreté :le l'esprit qui s'arrête à peine aux surfaces des choses sans se donner la peine de pénétrer au delà pur la réflexion, la sensibilité mobile du eur qui ne s'ément qu'à ce qui apparait sous des dehors brillants ou touchants : davantage encore les difficultés à se mettre en relation intérieure avec le Christ eucharistique dans Ja contemplation attentive: les prières, même prolongées et redoublées, qui demeurent sans résultat, comme si le Sacrement muet était sourd par surcroit; les épreuves qui continuent et S'aggravent sans que le Sauveur semble y apporter aucun secours ; le spectacle des maux de l'Eglise qu'on dirait abandonnée sans défense par Celui qui est son protecteur, étant son “poux : foutes ces causes n'aménent-clles pas dans beaucoup d'âmes eroyantes le doute de fait, l'abandon pratique de la foi envers le Saint Sacrement ? Comme le Christ dormait duns la barque de Pierre, abandonnant ses Apôtres aux fureurs de la tempête, je Christ de l'Autel semble appesanti el ignorant de nos malheurs. « Nous avions espéré en lui, mais c'est en vain (4) »; il dort et nous nuvons pu le réveiller: il est insensible et froid dans la rigidité du Sacrement : C’est peut-être un mort qui dort sou éternel sommeil : £go dormio !
Pour le$ ignorants, pour les 'ationalistes, qui sont sur ce point de si grands ignorants, le mystére eucharistique
(A) Nos auteni, disaient les disciples d'Emmaüs, sperabamus quia ipse esset redemplurus Israel : et nunce super hiee ONE Lerlia dies est hodie quod hic facta sunt (Luce, xxiv, 21.)
n'est bien qu’un méprisable sommeil et une mort igl0e minieuse, C'est le sommeil de J'impuissance ; c’est la mort à toute existence humaine. Le Sa-rement n'est qu'un vague symbole, lequel, n'ayant aucune vie, ne la saurait rendre à l'Église qui se meurt; lequel, n'avant aucune force, ne saurait rien soutenir du logme et des mœurs chrétiennes qui tombent rapidement sous les coups de la raison émancipée, Et ils jettenc au Christ du Sacrement les blasphièmes ironiques des nontifes et des princes triomphants en face du Christ mourant : Montre-toi done, agis, défends les tiens et triomphe de notre inpiété, et nous croirons en toi: Vah! descende nunc de vruce et credimus ! — Et le Christ sasramentel demeure attaché par les lois de la matière durs son inertie et dans son impuissance. — Ah! nous avions bien raison : ce n'est pas ie sommeil, c'est la mort sans réveil : £go dorio !
Est-ce donc, Seigneur, que vous avez pu laisser « dans la mort du ‘mbeau votre très saint Fils, qui n'y est descendu (1° » que pour servir votre gloire? Laisserez-vous dans les £nfers l'ame de celui qui n'y est descendu que pour ÿ porter la vie en ja méritant par sa mort ? Ce West pas possible ! Et, si notre foi était plus ferme et plus attentive, elle entendrait sortir de ce tombeau de l'antel, « qui est un sépulere de vie et de gloire (2) », la voix du Christ immortel qui crie aux hommes de tous les temps : « Je dors, mais en apparence seulement, car mon Cœur veille; et celui dont le cœur bat n'est pas mort : ÆEyo dorm io, sed Cor sneuin vigulal!
Je parais dormir, et cet état extérieur d'insensibilité matérielle est nécessaire à mes desseins de miséricorde et
(1) Non dabis sancium tuum videre corruptionem. (ls. xv, 10.) @) Et erit sepulchrum ejus gloriosum. (Ps. x1, 10.)